La filière STMG Sursollicitée,des élèves délocalisés

Cette année, la filière STMG a connu un engouement considérable chez les ados agenais, et certains élèves se voient proposer des affectations bien plus loin que prévu à cause d’un problème de répartition des places.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Alors qu’ils pensaient pouvoir étudier dans la préfecture lot-et-garonnaise, plusieurs candidats à la filière STMG ont été redirigés vers Marmande ou Villeneuve/Lot


Avant la réforme du lycée en 2019, la 3ème était déterminante pour les élèves, avec le choix crucial de leur filière pour l’entrée au niveau supérieur. Depuis, les enseignements ont évolué. En seconde, un tronc commun est proposé à tous, composé de matières obligatoires et optionnelles. C’est donc à la fin de cette année que les étudiants doivent se pencher sur leur orientation. Chaque année au mois de mai, c’est le même rituel. Tous doivent inscrire leurs vœux sur une plateforme en ligne et attendre le résultat de leur affectation, selon des critères bien définis. Si pour le passage de la 3ème à la seconde, le critère géographique s’applique, c’est différent pour l’affectation en première technologique, où le dossier scolaire est observé... Et cette dernière a été très plébiscitée cette année, notamment la filière STMG (Sciences et technologies du management et de la gestion) avec 370 places disponibles sur l’ensemble du département. « Avec la réforme du bac et les enseignements de spécialité, les décisions d’orientation sont instables et encore moins "anticipables" qu’avant. C’est normal, puisque nous voulons offrir aux jeunes la possibilité de mieux choisir les disciplines qui les intéressent », affirme Patrice Lemoine, directeur des services départementaux de l’Education nationale. Le problème, c’est que de nombreuses demandes ont été formulées sur la plateforme AffelNet, pour les lycée De Baudre et Palissy d’Agen, et certains se sont vus renvoyer vers Marmande, ou encore Villeneuve-sur-Lot, ce que certains parents n’ont guère apprécié... « De notre côté, nous avons deux classes de ce niveau avec 35 élèves à chaque fois, ce qui nous limite à 70 jeunes maximum. Certains étaient scolarisés dans notre établissement en seconde, et ont été affectés ailleurs », explique Franck Rejsek, le directeur délégué. Et ce sont les services départementaux de l’Education nationale qui sont les chefs d’orchestre de ce ballet.


« Les mêmes critères pour tout le monde »

« Notre outil informatisé, prend en compte un certain nombre de critères pour départager les situation le plus équitablement possible, au regard des priorités décidées au niveau national. Ces critères sont les mêmes pour tout le monde. AffelNet fait ensuite son travail pour sortir la liste des élèves affectés dans tel ou tel établissement. Puis nous tenons une commission pour étudier toutes les situations problématiques, et composer les classes les plus équilibrées possibles », explique Patrice Lemoine. Et c’est à ce moment là que ça commence à bloquer. Des élèves envoyés à 40 kilomètres de chez eux, ce n’est pas envisageable pour certains parents. Pour d’autres, c’est l’autonomie des enfants qui pose problème. « Les filières technologiques n’existent pas dans tous les lycées, c’est pour cela que nous incitons les familles à formuler plusieurs vœux. De notre côté, nous constatons au moment des inscriptions qu’il y a un attrait pour telle ou telle filière. L’an dernier, la STL (sciences et technologies de laboratoire, ndlr) a été très demandée, cette année, c’est plutôt la STMG », ajoute Sandra Castay, inspectrice chargée de l’orientation. Beaucoup se concentrent sur les deux établissements agenais. « Il y a encore de la place du côté de Marmande, Villeneuve-sur-Lot et Nérac, avec des propositions d’internat parfois. » Malheureusement, cela ne suffit pas à convaincre toutes les familles concernées. Chaque année, quand elle est sûre de son coup, la direction départementale de l’Education Nationale anticipe en ouvrant des classes supplémentaires, ou fermant certaines. « On ne peut pas ouvrir un groupe pour 3 ou 4 situations problématiques. Mais si nous constatons un afflux massif, nous le faisons, parfois même en urgence après la fermeture des vœux en juin », assurent-ils. Pour cette année, la rentrée se fera sans classe supplémentaire à Agen, rendez-vous l’année prochaine...

86 vues0 commentaire