La distillerie Cillières veut redorer l’image de l’eau de vie

Olivier Cillières et son épouse Séverine ont repris l’affaire familiale avec l’intention de proposer à la vente des produits de grande qualité pour redonner ses lettres de noblesse à cette boisson.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Olivier et Séverine Cillières vont ouvrir le 10 octobre une boutique donnant directement sur l’alambic, histoire de s’immerger dans l’ambiance de la production au moment d’acheter ou de déguster.


Chez les Cillières, on a la distillation dans le sang. De père en fils, cet art délicat qui consiste à tirer la quintessence alcoolisée des fruits se transmet. Après Gérard puis Etienne, c’est maintenant au tour d’Olivier, représentant de la troisième génération, de prendre les commandes aux côtés de son épouse Séverine. Sur les bords du Lot, à Sainte-Livrade, le jeune couple continue à faire tourner l’alambic vieux de presque un siècle. Leur projet, en revanche, est bien plus moderne. « Notre ambition est de redorer l’image de l’eau de vie qui traîne depuis trop longtemps l’image de la gnôle, d’un tord-boyaux hyper-fort, alors que cela peut être une boisson aussi noble qu’un bon cognac, de l’armagnac, du rhum ou du whisky », expliquent-ils. En plus de distiller pour les agriculteurs et les particuliers, ils lancent leur propre production à la vente, dans une boutique qui verra le jour le 10 octobre. L’occasion pour les amateurs de constater que derrière les mots, il y a des actes.

Au départ pourtant, Olivier et Séverine ne se projetaient pas dans cette voie. Cet agriculteur reconverti enseignant et cette responsable des ressources humaines dans une belle boîte étaient bien installés professionnellement en Dordogne. « Et puis un jour, mon père s’est blessé assez sérieusement. L’heure de la retraite avait sonné pour lui. On a commencé à discuter de l’avenir de la distillerie. Mes premiers souvenirs ici remontent à l’âge de six ans, j’ai grandi dans cet environnement, et c’est une activité qui m’a toujours fasciné. C’était trop difficile pour moi d’abandonner tout ça. » Ni une ni deux, les deux amoureux ont tout plaqué pour revenir dans l’arrondissement villeneuvois et relancer l’affaire. « On partait déjà d’une bonne base puisqu’on avait le savoir-faire, le matériel, les fournisseurs et même l’emplacement pour le magasin. »


Valorisation du terroir local

Le vieil alambic de 1924 – même si certaines parties ont été modifiées avec le temps – est un précieux atout. Fonctionnant sur le principe du bain-marie, il est équipé d’une colonne de rectification avec des anneaux en céramique permettant de séparer le méthanol et les acides du précieux alcool éthylique tout en conservant le bon bouquet des fruits. Du bel ouvrage qui nécessite cependant une main experte. « Contrairement à certains appareils modernes, il ne fonctionne pas tout seul. Il faut constamment être derrière. C’est une difficulté supplémentaire mais aussi une certaine conception du métier basée sur la passion. Je me plais à rester un artisan », souligne Olivier.

L’autre clé d’une bonne eau de vie réside dans la qualité de la matière première. Et là encore, les Cillières ont décidé d’aller jusqu’au bout du concept. « Tous nos fruits sont issus de petites exploitations du Lot-et-Garonne, hormis la banane qui reste néanmoins française puisqu’elle vient de Guyane. Contrairement à ce qui se faisait le plus souvent, on ne prend pas les rebuts mais bien du premier choix rigoureusement sélectionné, bien sucré naturellement, bio si possible. »

La marque Cillières mise plus sur l’exigence que les volumes. Un bon moyen de réconcilier la population avec ces alcools mais aussi une autre forme de valorisation de l’exceptionnel terroir fruitier du département. Autour de la vente seront organisées des soirées de dégustation ainsi que des visites pédagogiques pour des étudiants de la filière agricole.


L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.


Du choix en boutique

Les amateurs et les curieux pourront découvrir les différentes eaux de vie de la distillerie Cillières dans la boutique qui doit ouvrir le 10 octobre prochain. Au catalogue, on retrouve une dizaine de saveurs : prune, pruneau, poire, fraise, abricot, pomme, mirabelle, kiwi, reine-claude, banane et vin. Il y a également des vins de pêche rouge et rosé, très doux à l’apéritif.


Faire distiller sa propre eau de vie, c’est possible

En plus de leur production maison mise à la vente, les distillateurs de la famille Cillières font aussi de la « prestation de service ». Les agriculteurs et même les particuliers peuvent confier leurs fruits pour en tirer une eau de vie. En plus de la rémunération de l’artisan, il faut aussi s’acquitter de taxes à destination de l’Etat. « Tout est très règlementé, même pour de petites quantités, mais on croit souvent à tort que c’est interdit. Or, ce n’est pas du tout le cas. »

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