La « dissidence » de Bertrand Girardi agite la droite départementale

Après que sa « famille » politique a adoubé une transfuge de la gauche sur son canton, Bertrand Girardi a choisi de se présenter aux départementales et s’attire les foudres de ses anciens alliés.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf


"Y a-t-il une déontologie en politique ? Vous avez quatre heures… » Cette question philosophique taraude Bertrand Girardi depuis quelques semaines maintenant. Le doute est né lorsque le groupe L’Avenir Ensemble, emmené par Pierre Chollet, a choisi de soutenir le binôme Pascale Luguet - Pascal Rayssac sur le canton d’Agen 2. « C’est tout bonnement incompréhensible ! » Et il est vrai que cette décision a de quoi surprendre, au vu du parcours de la nouvelle maire boétienne. « On ne prend pas la succession de Christian Dézalos avec sa bénédiction, après avoir passé tout un mandat à ses côtés, sans être de gauche », analyse Bertrand Girardi qui assume pour sa part pleinement son ancrage « à droite ».


Jean Dionis lui

retire sa délégation

La candidature aux départementales de Pascal Luguet face à son ancien mentor constituait déjà un petit évènement. Mais la voir intégrer la grande alliance de centre-droit « alors même qu’elle n’a pas voté le budget de l’Agglo » fut la goutte d’eau de trop pour Bertrand Girardi. Il ne lui en fallait pas plus pour s’engager définitivement dans la course. « Je ne pars pas pour faire campagne contre quelqu’un mais bien pour proposer à ce canton une offre politique en adéquation avec mes valeurs : liberté d’expression, liberté d’entreprendre, gestion rigoureuse des ressources humaines et financières… Je ne veux pas qu’on laisse la porte ouverte au Rassemblement national en leur laissant la seule niche de droite. Les Boétiens et les Bon-Encontrais méritent mieux ! », détaille-t-il. Il présentera ainsi aux électeurs un binôme complété par Nathalie Gambart. Pour Pierre Chollet, Bertrand Girardi commet-là « une erreur ». Et certains sont bien décidés à lui faire comprendre.

Le premier édile agenais, Jean Dionis du Séjour, a pris une mesure sans équivoque, celle de retirer au candidat dissident sa délégation municipale. « En faisant ça, Bertrand ne joue pas dans le sens de l’équipe et rompt le lien de confiance qui nous unissait. En plus d’aller vers un échec certain, il risque de dissiper les voix de notre camp », affirme Jean Dionis, donnant au passage un « appui sans réserve » à la paire Luguet-Rayssac choisie pour ses récents résultats électoraux.


« Un curieux pied de nez »

Une initiative pas suffisante pour faire douter Bertrand Girardi : « Chaque action ou chaque coup de fil destiné à me dissuader d’y aller a eu l’effet inverse sur ma motivation. Si ma liberté d’expression doit passer par la perte de mes prérogatives à la mairie, qu’il en soit ainsi. J’avance sans le moindre regret. En politique, certains s’engagent par ambition, d’autres pour défendre des idées et des principes. Je fais partie de cette deuxième catégorie avec l’idée de rester intègre et insoumis. Je vois dans cette manœuvre contre moi un curieux pied de nez : on préfère soutenir des gens issus d’une autre sensibilité et qui se sont opposés au budget de l’Agglo plutôt que ceux de sa propre famille qui n’ont pas hésité à montrer le museau pour défendre ce même budget et tous les autres projets depuis 2014. Mais je ne dois probablement pas rentrer dans les plans de Pierre Chollet et Jean Dionis. C’est une tambouille que je ne comprends pas bien. Et d’autres paires sur le département me laissent perplexe. »

Bertrand Girardi ne part pas en terre inconnue puisqu’il s’était déjà présenté sur ce même canton en 2015, finissant à la troisième place avec environ 20% des suffrages. S’il venait à l’emporter cette fois, il annonce déjà qu’il se rangera dans le groupe de… Pierre Chollet.

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