La Chambre d’agriculture toujours aussi déterminée

A l’image de leur président Serge Bousquet-Cassagne, les élus de la Chambre d’agriculture de Lot-et-Garonne ne sont pas du genre à renoncer à leurs projets ni à se laisser faire quand ils s’estiment lésés. Lors de vœux à la presse qu’ils ont maintenus malgré le contexte, ils ont fait le point sur leur actualité en ce début d’année 2021.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Les élus de la Chambre d’agriculture André Costa-Coutinho (à gauche) et Serge Bousquet-Cassagne ont fait le point sur les actualités, et notamment leur mécontentement sur la gestion de la grippe aviaire.



Grippe aviaire : " Le dindon de la farce " en a assez

Le SARS-CoV-2 n’est pas le seul virus dans l’air. L’influenza aviaire H5N8 fait aussi beaucoup de dégâts chez les palmipèdes, plongeant ainsi toute la filière canard dans le plus grand désarroi depuis la mi-novembre. Deux millions de bêtes ont déjà été abattues dans la région, principalement dans le Gers et les Landes. En Lot-et-Garonne, deux élevages seulement sont, pour l’heure, concernés, à Saint-Pé-Saint-Simon et à Sainte-Maure-de-Peyriac. Une bonne nouvelle ? Pas tant que ça. André Costa-Coutinho, professionnel à Brugnac, explique pourquoi la situation est problématique : « On ne nous a pas demandé d’abattre mais on ne peut pas travailler car il n’y a plus de flux entre éleveurs, gaveurs, etc. Toute la chaîne est bloquée. Plus de 50 familles sont dans l’attente. » L’interprofession et les coopératives sont dans le viseur, étant incapables de trouver des solutions par zone. Le vide sanitaire pourrait faire sens chez les agriculteurs du 47, à condition qu’une compensation financière ne vienne éponger les pertes. « Mais rien n’est prévu pour nous indemniser à ce jour. Nous avons le cul entre deux chaises (sic). Le Lot-et-Garonne est encore une fois le dindon de la farce mais cela ne va pas durer. Ce qui se passe n’est pas loyal, ça commence à chauffer ! », promet André Costa-Coutinho. Des actions sont mêmes prévues très prochainement.


Lac de Caussade : une "normalisation" attendue

Pour Patrick Franken, le lac de Caussade n’est plus un débat. Du point de vue de la justice, ce n’est pas tout à fait le cas puisque deux affaires sont actuellement en cours, l’une au tribunal administratif de Bordeaux, l’autre à Agen avec une procédure en appel suite au jugement de juillet dernier. Mais pour ses bâtisseurs, l’avenir de l’ouvrage n’est plus menacé. « Il n’y a aucun désordre apparent ou caché. On en fait la démonstration par l’exemple et ça commence à remonter dans les différentes sphères de l’Etat », souligne Patrick Franken. Les élus de la Chambre ont aussi pu rencontrer le nouveau préfet, Jean-Noël Chavanne. « Le contact est renoué, les premiers échanges ont été plutôt positifs. Il a l’air sincère dans sa volonté de normaliser les choses. Je pense qu’il jugera en connaissance de cause quand il se sera penché sur le dossier. »


Un calendrier maintenu "quoi qu'il en coûte"

Cet été, alors que de nombreuses municipalités se résignaient à annuler leurs manifestations, la Chambre d’agriculture a fait front avec ses marchés de producteurs de pays. Son marché de Noël a également eu lieu, avec un succès honorable en dépit des circonstances. « Faire -20%, c’est toujours mieux que zéro », relativise-t-on à la Chambre. Cette détermination sera toujours de mise en 2021. L’opération « Printemps à la ferme » (voué à remplacer De ferme en ferme) prévu sur trois semaines du 25 mai au 19 juin avec des animations dans 85 exploitations du territoire, sera maintenue « quoi qu’il en coûte (pour reprendre la désormais célèbre formule d’Emmanuel Macron), que l’on soit confinés ou non », prévient d’emblée Serge Bousquet-Cassagne, déjà impatient d’assister à la fin en apothéose prévue le 19 juin avec la journée de l’élevage à Gavaudun.


De l'aide pour les agriculteurs qui s'installent

Pour relancer l’élevage en perte de vitesse, la Chambre d’Agriculture a mis en place depuis un an un dispositif innovant : à savoir offrir une dizaine de vaches de race Garonnaise (mais aussi des ovins et des caprins) à chaque nouvel éleveur qui s’installe sur le territoire. Sur une douzaine de livraisons promises, huit ont déjà été effectuées. « Des candidats, il y en a », se réjouit le président Serge Bousquet-Cassagne qui sent, avec le Covid, un certain retour à la nature et à la terre. 300 000 euros de budget sont consacrés à cette opération. Mais la CA47 ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les élus envisagent en effet la possibilité d’acquérir des terres et de les proposer en location-bail aux futurs paysans afin de les aider au démarrage.


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