L’UNA 47 et l’ADMR se mobilisent face à un recrutement difficile

Suite à l’année 2020 marquée par le début de la crise sanitaire, les aides à domiciles ont été mis à rude épreuve et le secteur peine à recruter, tandis que de nombreuses offres d’emplois sont à pourvoir dès cet été.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Edouard Delorme (à gauche), président de l’UNA 47, et Michel Wehr, président de l’ADMR, unissent leurs forces face aux difficultés de recrutement rencontrées par le secteur de l’aide à domicile.


Si elles ont été par le passé en concurrence, les deux structures spécialisées dans les services à domicile unissent aujourd’hui leurs forces autour d’une même problématique : celle du recrutement. Et si Edouard Delorme, président d’UNA 47, et Michel Wehr, son homologue de fédération lot-et-garonnaise de l’ADMR, se sont réunis, c’est qu’il y a urgence... « Le manque de candidats existe déjà depuis quelques temps. Mais cette année, le problème devient criant. On n’arrive plus à répondre aux demandes d’intervention », déplorent-ils. La crise sanitaire n’y est évidemment pas pour rien, avec un secteur très sollicité et mis à l’épreuve tant sur le plan physique que moral. En plus de cela, il y a moins de partants pour effectuer des remplacements et environ 15% des salariés sont en arrêt de travail. L’été déjà entamé va être très délicat à gérer, d’autant que beaucoup de salariés ont leurs congés à cette période. « Après l’année qu’ils ont passé, on ne peut pas leur refuser. Tout le monde a besoin de couper et de se vider l’esprit », souligne Michel Wehr. Et Edouard Delorme d’ajouter : « La période de crise et les différents confinements ont été difficiles à gérer. Les instructions ont été contradictoires au départ, en nous interdisant d’intervenir puis en nous incitant à reprendre les prestations. Beaucoup de personnes âgées ont refusé de nous recevoir par crainte. Il a fallu composer dans une situation jusqu’alors jamais connue. » Mais au-delà de la période estivale, les difficultés vont aussi commencer à se faire ressentir à plus long terme dès la rentrée prochaine, avec un vieillissement de la population qui entraîne une multiplication des besoins. « 90% de la population souhaite vieillir à domicile. Rien que dans notre agence de Port-Sainte-Marie, on constate une augmentation de 20 % des heures », précise le président de l’ADMR Lot-et-Garonne. Ajoutez à cela les départs à la retraite à combler... Au total, une trentaine de postes sont à pourvoir dans les deux structures. Et les potentiels nouveaux candidats sont freinés par une grille de salaire basse, ou encore des problèmes de mobilité.

Une revalorisation des salaires de 15% en octobre

Jusqu’à présent, toutes les équipes sont mobilisées pour s’adapter et répondre aux demandes de la population. « Nous avons parfois dû faire preuve d’inventivité, mais les gens ont besoin de nous et nous avons la chance de compter parmi notre effectif du personnel passionné par son métier malgré les difficultés. » En coulisses, les présidents ainsi que tous les acteurs du milieu travaillent depuis quelques temps sur une amélioration des conditions de travail et une augmentation des salaires. Et la bonne nouvelle vient récemment de tomber. « L’avenant 43 à la convention collective de la branche de l’aide, de l’accompagnement et des soins à domicile, qui entrera en vigueur le 1er octobre prochain, va nous aider. Il prévoit une augmentation salariale à hauteur de 13 à 15% en moyenne, ce qui permet une forte revalorisation des emplois. » Jusqu’à présent, seulement la moitié des intervenants à domicile accèdent à un salaire supérieur au SMIC après 13 ans d’ancienneté... Un cap a enfin été franchi, reconnaissant ces travailleurs à leur juste valeur et permettant de les fidéliser. Dès à présent, les structures se basent sur cet argument dans leur campagne de recrutement, pouvant peser dans la balance. « Nous avons aussi d’autres pistes de réflexion, avec la création d’une équipe mobile de remplacement, mais aussi sur la formation avec la création d’un CFA du domicile, afin de prendre le problème à la base et rendre le métier attractif auprès des jeunes. » Désormais, c’est tout un secteur qui se serre les coudes, conscient des obstacles à traverser pour revenir à lune situation plus stable...

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