L’UMIH demande le soutien des élus locaux

Face à une situation de plus en plus compliquée pour les secteurs de la restauration, de l’hôtellerie et de la nuit, l’UMIH interpelle les acteurs locaux pour venir en aide à ces activités en péril.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Le président et le vice-président de l’UMIH 47 ont réuni des acteurs de la restauration et de l’hôtellerie pour présenter leurs revendications auprès des élus


"On veut y croire, mais il est nécessaire de préparer l’avenir en relançant notre activité petit à petit », déclare Jean-François Blanchet, président de l’UMIH 47. Ce mardi 2 mars, il a réuni quelques acteurs du secteur pour faire le point sur la situation. Beaucoup font part de leurs difficultés à joindre les deux bouts, et alertent sur une économie qui risque d’avoir beaucoup de mal à repartir. Pour le gérant de l’hôtel-restaurant Au Colombier du Touron, situé à Brax, « la situation est catastrophique. Les aides ne permettent pas de couvrir les charges fixes, trop importantes par rapport à la faible activité que nous avons. Nous sommes restés ouvert mais le taux de remplissage ne dépasse pas les 30%. On se retrouve face au mur. » Le président de l’UMIH a par ailleurs rappelé que les hôtels restés ouverts permettent aux entreprises de continuer à fonctionner, afin que les collaborateurs continuent de se déplacer selon les besoins. « On reste ouvert pour le système, mais il nous coûte cher », déplore-t-il. Du côté d’Eric Marie, gérant du Stim’Otel à Agen, même constat. « La vie d’un hôtelier aujourd’hui, c’est beaucoup de tracas. On est en mode ‘sauvegarde’ depuis un an maintenant. Dans les coulisses, même son de cloche puisque les fournisseurs pâtissent de la faible activité des restaurants et hôtels. » Pascal, traiteur du côté de Prayssas pour particuliers et professionnels, est pratiquement à l’arrêt complet. « Pour nous, tout se prépare un an à l’avance environ. Beaucoup d’évènements ont déjà été reportés à plusieurs reprises, mais nous n’avons aucune visibilité même sur les prochains mois. Certains mariages déjà reportés ont tout bonnement été annulés », témoigne-t-il.


« Redonner espoir à tous les acteurs du milieu »

Même si pour eux 2021 est déjà une année perdue, ils interpellent le gouvernement sur la nécessité « de savoir à quelle sauce on sera mangé dans les mois à venir », principale contrariété pour l’ensemble des acteurs. Selon un sondage lancé par l’UMIH, 98% des gérants ayant souscrit un PGE (prêt garanti par l’Etat) sont en incapacité de le rembourser. De quoi tirer la sonnette d’alarme.

L’ouverture des restaurants aux ouvriers du bâtiment a été un combat mené notamment par l’UMIH. Et le président de l’union départementale y voit là une brèche, pour rouvrir progressivement l’ensemble des établissements, à commencer par le midi. « Nous avons vu qu’il était possible de recevoir sans aucun problème, c’est pourquoi nous demandons au gouvernement de considérer cette piste le plus rapidement possible, il faut redonner espoir à tous les acteurs du milieu. » Au delà de ce combat national, l’UMIH 47 en appelle à la solidarité des élus locaux, en se rapprochant des douze EPCI du département et de la préfecture pour obtenir leur soutien. Quatre propositions ont été formulées à leur égard. L’union demande un dégrèvement des cotisations foncières, de différer le versement de la taxe de séjour collectée en 2021 ou de la redistribuer via des actions de promotion du secteur, une exonération des droits de terrasse, et enfin la création d’un fonds départemental d’aide aux loyers pour soulager l’endettement des entreprises. Si des discussions sont déjà entamées avec les agglomérations d’Agen et Villeneuve-sur-Lot, une rencontre est prévue avec la préfecture ce jeudi. L’objectif, éviter la disparition d’au moins 30% des entreprises en Lot-et-Garonne, qui entrainerait la perte de quelque 400 emplois.



55 vues0 commentaire