L’art de distiller aux vergers de Titoy

Il y a cinq ans, Stéphanie Couty, pourtant novice en la matière, reprenait la distillerie de Bazens. Son objectif, faire perdurer ce savoir-faire artisanal, et continuer à produire des boisons distillées en tout genre. Pari réussi.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Stéphanie Couty concile sa vie d’infirmière et celle de distillatrice depuis cinq ans.


Créée dans les années 1970 par Henri Gros, la distillerie du Pays de Serres est devenue il y a cinq ans la distillerie des vergers de Titoy, reprenant le nom du lieu-dit à Bazens où elle se situe. A l’origine de ce changement d’appellation, Stéphanie Couty, qui a repris l’activité. Infirmière basée à Biarritz, elle s’est lancée dans cette aventure, pourtant novice en distillation... Mais sa rencontre avec l’ancien propriétaire va rapidement l’amener à s’impliquer dans ce milieu. « Mon ex-mari faisait du vin en Dordogne et j’allais régulièrement sur les marchés à Biron. C’est là que j’ai rencontré Henri Gros. Il m’a toujours dit que sa ferme était à vendre » raconte-t-elle. Mais l’ancien propriétaire et maire de Bazens souhaitait qu’elle soit conservée en l’état. Malgré plusieurs visites de potentiels acheteurs, il ne trouve pas de repreneur répondant à ses attentes. C’était sans compter sur Stéphanie Couty. Un jour, autour d’une discussion, elle lui laisse entendre qu’elle pourrait être intéressée pour prendre sa suite. Et tout s’est enchaîné rapidement. « J’ai commencé à mettre la main dedans, sachant qu’à la base la seule chose que je savais faire, c’était manipuler de gros volumes comme j’ai pu le faire pour le vin » explique-t-elle. Avec les conseils d’Henri au départ, l’aide de son frère qui travaille dans les toitures végétales, et des bouquins de documentation sur le sujet, elle arrive à dompter l’alambic.


Distiller avec tout ce qui pousse à la ferme


Depuis le début, Stéphanie concilie sa vie d’infirmière à Biarritz et sa distillerie à Bazens. Une semaine sur deux, elle se consacre à cette seconde activité. Deux hectares de son verger sont dédiés à la production de poires Williams rouges en bio. Elle décline ce fruit en eaux de vie, liqueurs, et gin selon la demande. « On propose des produits pour l’apéritif uniquement à base de ce qu’on a ici » appuie la distillatrice. Mais pas que ! Des eaux florales sont également fabriquées avec des fleurs qui poussent à domicile. Et récemment, des ruches ont été installées. Ici, pas de pression sur la production et les ventes. On produit ce qu’on peut avec ce qu’on a. Dans sa boutique aménagée en plein cœur de la ferme, on retrouve l’ensemble de ses produits à la vente, qui varient selon les récoltes. Et les produits s’exportent au delà du département, puisqu’elle travaille avec quelques cavistes du Pays-Basque. « Les produits plaisent et se vendent bien » se réjouit Stéphanie. La ferme de Titoy reçoit beaucoup de visites, de touristes, d’habitués mais aussi de restaurateurs. « C’est agréable de recevoir les gens et d’avoir leurs retours positifs sur nos produits. Ça nous donne encore plus de motivation pour continuer à faire ce que l’on aime » confie-t-elle. En reprenant cette distillerie, Stéphanie Couty souhaite conserver en Lot-et-Garonne une ferme dans son jus : « Dans 20 ans, j’aimerais qu’il y ait encore la ferme, avec ses vergers et son alambic, pour montrer qu’il y a encore ce savoir-faire artisanal. »


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