L’accueil des migrants fait débat au conseil municipal

Un droit de préemption sur une vente immobilière a provoqué un long débat au dernier conseil municipal. L’acquéreur souhaitait en faire un centre d’hébergement pour migrants.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Le maire Jean Dionis a exercé un droit de préemption concernant l’implantation d’un centre d’hébergement pour migrants sur l’avenue du Général De Gaulle.


A l’ordre du dernier conseil municipal d’Agen, plusieurs rapports ont été adoptés à l’unanimité. On notera les remises gracieuses sur les loyers de certains commerçants occupant un local municipal pendant la période de fermeture, ou encore l’exonération des redevances terrasses. De plus, tous ceux bénéficiant d’une extension de leur surface extérieure ne seront pas facturés en plus. Concernant les subventions accordées aux associations cette année, tout le monde n’est pas tombé d’accord... Si l’enveloppe globale reste pratiquement la même, à quelque chose près, la plupart des structures culturelles (12 sur 19), voient leurs aides baisser de 10%, représentant 14 000 euros de moins sur le budget par rapport à 2020. « Compte tenu notamment des aides qu’ils ont reçu par l’Etat, nous avons réalisé un ajustement. Nous sommes sur une année où l’on ventile en tenant compte de la période particulière. Toutes les associations ont été consultées pour évaluer les besoins », assure le maire. L’opposant Pierre Dupont a suggéré de piocher dans la subvention exceptionnelle de 100 000€, accordée au SUA l’an dernier pour leur maintien en Top 14, et de la reverser aux association... Mais c’est au moment d’aborder un droit de préemption sur une vente immobilière que les échanges se sont tendus. La majorité s’est opposée à la vente de parcelles cadastrées sur la résidence sénior Saint-Jean située au Gravier, qui déménagera l’année prochaine en face de la Chambre d’agriculture.


« Pas cohérent et potentiellement dangereux »

Un acquéreur du nom d’Hémisphère s’est positionné sur un ensemble de plus de 2 000 m2, avec pour projet d’en faire un centre d’hébergement pour migrants. Mais le projet n’est pas au goût du maire... du moins à cet endroit. Pour rappel, un projet similaire sur Joseph-Bara a déjà été rebouté. « La société n’a pas cherché à nous connaître, il y a un signe d’opacité qui nous a alertés. Et en creusant, le projet semblait flou. Il ne nous semble pas cohérent et potentiellement dangereux, en sachant qu’à proximité, l’ancien bâtiment de la CCI va accueillir l’hôpital de jour en psychiatrie de La Candélie », explique le premier édile. Par la suite, c’est un débat de presque une heure qui s’est enchaîné. L’opposition, menée par Maryse Combre déplore les propos du maire concernant l’accueil des migrants, avant de soulever que « ce n’est pas le rôle d’une collectivité d’être promoteur immobilier ». Et Jean Dionis de relever : « Sauf si elle a un projet d’intérêt public à proposer. » La mairie s’intéresse en effet à l’emplacement pour y implanter un hébergement touristique. De son côté, Baya Kherkhach, adjointe au vivre ensemble et à la cohésion sociale, appuie : « Un projet humain comme celui-ci ne fonctionne pas sans acteurs locaux. Si le projet était bien construit et consolidé, ils auraient tapé à la porte du C.A.D.A. basé à Bon-Encontre (centre d’accueil pour demandeurs d’asile, ndlr) pour connaître les besoins. Ouvrons le débat avec les maires de l’Agglomération, avec le Département, pour savoir si ce projet-là doit voir le jour sur notre territoire. » La préemption a finalement été adoptée avec 31 voix pour, et le maire s’est engagé à prendre contact avec la l’entreprise Hémisphère pour parler d’un projet qui s’additionnerait bien avec le centre bon-encontrais. ­

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