L’aéroclub de Rogé perd l’un des siens

L’entrepreneur Eric Longhi est décédé ce dimanche 28 mars à l’âge de 53 ans suite à un crash avec son avion privé au-dessus de l’aérodrome de Villeneuve-sur-Lot.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Sous le choc, la communauté aérienne villeneuvoise a fermé la piste dimanche et lundi pour faciliter les investigations avant de reprendre petit à petit « une vie normale » malgré la perte d’un membre unanimement apprécié.


Du côté de Rogé, on est habitué à fêter les joies des succès en compétition des nombreux champions maison. Mais depuis dimanche, les sourires ont disparu. Eric Longhi a perdu la vie en s’adonnant à sa passion, la voltige aérienne. Cet entrepreneur de 53 ans établi à Montpezat, mari et père de trois enfants, était venu avec sa famille profiter du bel après-midi printanier pour faire un tour à bord de son appareil personnel. Le drame a traumatisé tout le monde. Les témoins présents mais aussi l’ensemble de la communauté aérienne, bien au-delà du cercle villeneuvois. D’abord parce qu’Eric Longhi était une personne unanimement appréciée. « On a perdu un gars extraordinaire, insiste Mikaël Brageot, vice-président de l’aéroclub. C’était l’un des membres les plus actifs de notre association, quelqu’un de très dévoué et un bâtisseur de projets. C’est le choc. »


18 ans Il faut remonter à 2003 pour trouver trace d’un accident aérien mortel à Rogé, sachant que la plateforme recense 150 pilotes pour près de 2000 heures de vol chaque année.

Ensuite parce que ce genre d’évènement reste excessivement rare. Ce n’est certes pas inédit. Mais pour trouver trace d’un accident mortel à Rogé, il faut remonter à l’année 2003, sachant que la plateforme recense près de 150 pilotes pour près de 2000 heures de vol chaque année. « Il faut bien comprendre que tous ici travaillent de façon acharnée à la sécurité aérienne. Les pilotes bien sûr mais tous ceux qui gravitent autour : les bénévoles, les instructeurs, les agents à la tour de contrôle… Quand on arrive sur un aérodrome, on change de visage. Avant même de penser au plaisir, on se penche sur la sécurité. Quand on prend sa voiture le matin, le conducteur lambda ne regarde pas systématiquement l’état des pneus ou des freins. En avion, on contrôle absolument tout et on respecte à la lettre un cadre réglementaire très précis. Le moindre incident, même le plus bénin, fait l’objet d’une remontée d’informations afin de servir à tous. La notion de risque fait partie intégrante de l’apprentissage dès le plus jeune âge. Faire voler un avion n’est en soi pas si difficile mais la formation est longue car on apprend à gérer toutes les situations afin d’éviter les accidents. C’est un autre monde », détaille Mikaël. Eric Longhi n’était pas du genre à s’affranchir de ces toutes ces règles, bien au contraire. « Il était réputé pour considérer les éléments avec le plus grand sérieux. »


Attente de réponses

C’est pourquoi les membres de l’aéroclub veulent aujourd’hui comprendre ce qu’il s’est passé. A ce jour, personne n’a de réponse, pas même ceux qui ont assisté à la tragédie. Il faudra pour cela attendre les résultats de l’enquête. Celle-ci a été confiée à trois entités : la police nationale, la brigade de gendarmerie des transports aériens de Bordeaux et le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA). Ensemble, ces entités vont se pencher sur trois aspects. Le volet technique d’une part, le volet humain d’autre part et enfin le contexte, c’est-à-dire sur ce qu’il s’est passé dans les airs. Il faut ajouter à cela l’autopsie, qui permettra de déterminer si Eric Longhi a par exemple fait un malaise. « Les éléments qui ont pu conduire au crash sont potentiellement très nombreux et divers. Tout doit être traité indépendamment et en corrélation, indique Mikaël. On attend tous avec impatience les comptes-rendus afin d’en tirer des enseignements pour que cela ne se reproduise pas. »


La rédaction de Quidam l’Hebdo s’associe à la douleur des proches d’Eric Longhi et adresse ses plus sincères condoléances à sa famille.


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