Jean-Noël Chavanne, nouveau préfet de Lot-et-Garonne

Ancien sous-préfet de Mulhouse et serviteur de l’Etat toute sa carrière, ce haut-fonctionnaire de 63 ans est entré en poste ce lundi 14 décembre.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Jean-Noël Chavanne connaissait le département comme « touriste » depuis une vingtaine d’années.


Béatrice Lagarde relevée de ses fonctions (voir ci-après), son successeur a officiellement pris son poste ce lundi 14 décembre. Jean-Noël Chavanne est donc le nouveau préfet de Lot-et-Garonne. Agé de 63 ans, il est un pur produit de l’administration française. Passé par les ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères ou encore Matignon, il cumule pas moins d’un quart de siècle dans le corps préfectoral avec de nombreuses fonctions accrochées à son curriculum vitae sans jamais prendre la tête d’un département. Cette nouvelle affectation est une grande première pour lui, mais peut-être pas la dernière. « Je ne viens pas ici en préretraite. Je n’ai d’ailleurs aucune perspective de retraite rapide », affirme l’intéressé, déterminé à « faire avancer les choses » comme s’il allait « rester ici une éternité ».

Avant de poser ses valises en Lot-et-Garonne, il officiait à la sous-préfecture de Mulhouse ces cinq dernières années. Ce millésime 2020 si particulier, Jean-Noël Chavanne l’a ainsi passé dans l’un des territoires les plus durement touchés par la première vague de l’épidémie de coronavirus. Marqué par le trafic incessant d’ambulances et de corbillards, par les hôpitaux saturés et par le nombre de décès supérieur aux capacités funéraires, il est rompu à l’exercice de la gestion de crise sanitaire. Lui-même atteint par la covid lors de la seconde vague, il prend la question très au sérieux. Il en tire aussi quelques leçons. « Cette crise a montré que seule une coordination territoriale très forte permet de gérer au mieux les difficultés paroxystiques de cette situation », confie-t-il. Jean-Noël Chavanne se voit donc travailler en étroite collaboration avec les élus locaux. A l’image du gouvernement, il défend des messages de prudence.


Mot d’ordre : continuité

Pour les autres dossiers chauds qui l’attendent, comme le lac de Caussade, le nouveau préfet ne fera « pas d’annonce choc afin de ne pas ruiner le travail effectué ou heurter les sensibilités ». D’une manière générale, sur l’ensemble des sujets, il entend assurer « la continuité de l’action publique » et affirme que « les révolutions font perdre du temps ». Sur la question du prochain Contrat de plan Etat-Région, essentiel pour le développement des infrastructures routières dont la RN21 et le barreau de Camélat, Jean-Noël Chavanne promet de « défendre au mieux » les intérêts locaux mais ne s’avance pas de trop en invitant au « réalisme ». « Pour avoir moi-même été de l’autre côté à rédiger des CPER, je connais l’ampleur de la concurrence et les moyens limités pour réaliser les projets », indique-t-il.

Considérant le poste de préfet comme « l’un des derniers métiers d’aventurier de la fonction publique », il montre ses velléités d’arpenter le terrain sans rester trop enfermé dans son bureau.

Comme ses prédécesseurs, Jean-Noël Chavanne n’a pas été nommé pour sa connaissance du territoire. Mais ce Parisien de naissance est déjà un peu familier avec Lot-et-Garonne. Il s’y rend régulièrement depuis une vingtaine d’années via sa famille et ses connaissances. « Je connais un peu ce département avec le regard d’un touriste. J’ai déjà pu apprécier la qualité de vie et de son environnement. »


Béatrice Lagarde, un départ surprise

Si la mutation régulière des préfets rythme l’administration française depuis des décennies, l’annonce soudaine du remplacement de Béatrice Lagarde en pleine crise du coronavirus a suscité une vague de réaction. Femme de caractère, celle qui incarnait l’Etat en Lot-et-Garonne depuis deux ans, n’a laissé personne indifférent. A commencer par la sénatrice Christine Bonfanti-Dossat qui s’est dit « consternée » par ce qui s’apparente à une sanction. « Jamais un représentant de l’Etat n’avait à ce point rencontré, en Lot-et-Garonne, une telle adhésion due à une incarnation charnelle et intellectuelle de l’exigeante fonction de préfet », affirme la parlementaire. D’autres élus, comme les maires Jean Dionis et Guillaume Lepers ont salué l’action de Béatrice Lagarde. Son successeur Jean-Noël Chavanne n’y voit cependant pas une situation inconfortable pour lui. « Une décision du conseil des ministres ne se commente pas », dit-il.



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