Jean-françois Blanchet intronisé à la Chambre des métiers et de l’artisanat

Début octobre, les votants ont été appelés aux urnes pour élire le nouveau président de la Chambre des métiers et de l’artisanat du département. La liste « la voix des artisans », portée par Jean-François Blanchet, l’a emporté. Il vient succéder à Yvon Setze. Rencontre quelques jours après l’annonce des résultats...

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Quidam L’Hebdo : Cette année marquait le lancement du vote dématérialisé, cela a-t-il favorisé la hausse du taux de participation ?

Jean-François Blanchet : La nouveauté du vote en ligne a permis de toucher un nouveau public. Malheureusement, il y a eu des dysfonctionnements concernant la réception du matériel électoral à domicile et sur le site, ce qui n’a pas favorisé l’augmentation du taux de participation. Au total, 900 personnes ont voté par voie postale contre 600 via internet. Pour ce qui est des résultats, le suspense s’est invité jusqu’au bout, puisque nous avions un bel écart avec nos opposants au comptage des bulletins papier, écart beaucoup plus réduit sur la plateforme en ligne. Au final, La voix des artisans s’impose avec 842 votes contre 744. Je prendrai officiellement mes fonctions le 3 novembre prochain.


Quidam L’Hebdo : Faisons un retour sur votre campagne, est-ce votre stratégie de multiplier les rencontres sur le territoire qui a fait la différence ?

J-F Blanchet : L’objectif était de réaliser une campagne d’artisan à artisan. Sur notre liste, on retrouve des professionnels de tous âges, représentants plus de trente métiers différents. Notre volonté était d’aller au contact du plus grand nombre, quelles que soient les tailles d’entreprise, de rentrer dans leur intimité pour comprendre les diverses problématiques rencontrées au quotidien, et faire remonter leurs voix pour leur montrer que tout le monde est entendu. Même les plus petits, qui se sentent souvent mis à l’écart des décisions prises à la Chambre ! Actuellement, les plus importantes problématiques résident dans la pénurie de main d’œuvre... mais aussi de matériaux, qui entraîne une flambée des prix. Deux préoccupations à suivre de près, pour ne pas entrer dans une nouvelle crise après celle liée à l’épidémie de covid.


Quidam L’Hebdo : Comment avez-vous construit votre équipe ?

J-F Blanchet : Nous avons misé sur l’avenir avec, sur nos 47 colistiers, 11 jeunes de moins de 40 ans. Je ne suis là que pour lancer la machine, en tant que relai pour ensuite laisser la place à la prochaine génération, pleine de promesses. Nous avons construit notre programme et nos ambitions grâce à une équipe complémentaire dans ses profils, il faut que cette diversité persiste.


Quidam L’Hebdo : Vous prenez la tête de la CMA du Lot-et-Garonne... qu’en est-il de votre place à l’Umih 47 (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) ?

J-F Blanchet : Il va de soi que je ne pourrai pas assurer les deux postes. Mais il n’est pas possible d’assurer une transition en quinze jours. Cela va se faire gentiment tout au long de cette année. Quand je suis arrivé à l’Umih, c’était pour la remettre d’aplomb, et aujourd’hui, elle est repartie sur de bons rails, ce qui va faciliter le passage de relai. J’ai été très pris ces deux dernières années, ce qui nous a offert un calendrier de rendez-vous énorme avec les institutionnels. Avec la CMA, je vais pouvoir continuer à aider les professionnels, comme je le faisais, mais avec l’aspect apprentissage en plus, essentiel pour servir nos métiers...

Quidam L’Hebdo : Justement, quels sont les gros chantiers qui vous attendent ?

J-F Blanchet : La modernisation du CFA La Palme, va évidemment être l’un des gros dossiers de notre mandature. Tandis que la partie financière est bouclée, avec 17 millions d’euros sur la table, le projet, entamé par Philippe Bazzoli il y a six ans, va entrer dans une nouvelle phase, celui des appels d’offre. Egalement, nous voulons accentuer les échanges entre l’équipe de la Chambre des métiers, les élus et les entreprises, dans le but que nos pédagogies collent au plus près des réalités sur le terrain, puisque les attentes des chefs d’entreprise évoluent perpétuellement. Il faut marteler sur l’apprentissage, c’est la première piste qui débouche sur de l’emploi. Nous devons donc être au plus près des jeunes pour les accompagner dans leur cursus à travers nos centres de formation, et assurer un lien efficace avec la Chambre des métiers une fois entrés dans la vie professionnelle.

Quidam L’Hebdo : L’image de l’apprentissage et des métiers de l’artisanat semble se redorer ces dernières années...

J-F Blanchet : Côté apprentis, cette année est une année record sur le nombre d’inscrits, avec une augmentation de 9%. Les deux structures que sont le CFA La Palme et le CFA BTP ont enregistré une hausse des dossiers d’inscription. Et sur l’activité, la dynamique est bonne. L’année 2020 s’est soldée par l’enregistrement de plus de 1100 entreprises dans le département. Mais il y a aujourd’hui une pédagogie importante à faire auprès de la population. Les artisans sont le poumon de la vie des collectivités. On ne pense pas assez que notre boulanger, boucher, plombier du coin est toujours là pour nous rendre service... Beaucoup privilégient les grandes structures, mais c’est quand ils ne sont plus là qu’on se rend compte qu’ils sont essentiels, et c’est trop tard...



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