Jean Dionis se bat pour Upsa à Matignon

En plus d’avoir défendu le dossier routier de Camélat, le maire et président de l’Agglo d’Agen a profité de sa rencontre avec le premier ministre pour défendre la pérennité d’UPSA.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Jean Dionis du Séjour (à droite) a pu rencontrer le Premier ministre Jean Castex et a évoqué avec lui l’avenir pharmaceutique en France.


Quelques heures en privé avec le Premier ministre en pleine pandémie, c’est un privilège rare que Jean Dionis du Séjour n’allait certainement pas gâcher. Ce mardi 19 janvier, il a profité de son passage à Matignon pour mettre sur la table les deux dossiers agenais les plus importants à ses yeux : le chantier de Camélat (voir notre édition du 21 janvier) ainsi que l’avenir d’Upsa. Contrairement au volet routier où les réponses attendues étaient « simplement » pécuniaires, il a sollicité une nouvelle politique pharmaceutique afin de défendre au mieux les intérêts de l’usine lot-et-garonnaise.

« Soit on reste dans une stratégie de baisse des prix du paracétamol pour que la Sécurité sociale fasse des économies. Soit on bascule dans la relocalisation de la chaîne du paracétamol. » Voilà en substance le dilemme posé par l’édile agenais au chef du gouvernement. Jean Dionis rappelle que le principe actif est aujourd’hui synthétisé en Chine et aux Etats-Unis. Il y a un an, lorsque l’épidémie a paralysé la Chine avant de gagner l’Europe, une possible rupture des approvisionnements faisait frémir les autorités. « JDS » plaide donc pour un retour de souveraineté.


Un groupe prêt

à produire en France

Plus qu’un vœu pieux, il s’appuie notamment sur une possible alliance entre les chimiste du groupe Seqens et les fabricants de médicaments Upsa et Sanofi. Les deux derniers s’engageraient sur des volumes de commandes auprès du premier qui assurerait la production de la molécule star au cœur de la Vallée de la chimie dans la région lyonnaise. Pour que cela puisse fonctionner, il faudrait que l’Etat, qui fixe les prix aux industriels, aille à rebours d’une générication sans cesse au rabais. Jean Dionis a fait part à Jean Castex de son « inquiétude quant à la poursuite de la stratégie antérieure ». « Il s’est montré réceptif à ce sujet. On a pu aller assez loin dans le détail », explique celui qui n’est pas acteur dans cette affaire mais simplement « Upsa-dépendant ».


De l’emploi à la clé

Henri Tandonnet, maire de Moirax, vice-président de l’Agglo agenaise et fin connaisseur du dossier lui-aussi, ne tient pas un autre discours. « Des études ont montré que ce que l’Etat gagne pour la Sécu avec la générication, il le perd derrière sur le front de l’emploi, avec toutes les cotisations et les retombées que cela induit. »

Le paracétamol, représenté dans les officines notamment par le Doliprane (Sanofi), l’Efferalgan et le Dafalgan (Upsa), est le médicament le plus vendu en France. L’enjeu concerne ainsi l’ensemble de la population en plus des entreprises qui le commercialise.

Si la relocalisation est un terme à la mode depuis quelques années, et d’autant plus depuis le début de la crise sanitaire, sa mise en route effective demeure un processus compliqué. Sans une volonté forte du gouvernement accompagnée d’actes concrets, il sera difficile d’inverser le phénomène aujourd’hui à l’œuvre. Jean Dionis a fait passer le message. Reste à savoir s’il sera entendu...



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