Investissements : Villeneuve veut mettre le paquet dès cette année

Le conseil municipal a débattu des orientations budgétaires ce jeudi 11 février. La majorité prévoit notamment une section investissements importante pour cet exercice.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le débat fut constructif entre l’opposition, notamment les anciens de l’équipe Cassany (premier plan) et la majorité de Guillaume Lepers.


Si 2020 a été marqué par son côté inédit, cette nouvelle année ne sera pas non plus celle de la normalité. A Villeneuve, l’administration municipale se confronte à la fois aux conséquences de la crise sanitaire et à la prise de commandes d’une nouvelle équipe. Lors du traditionnel débat d’orientations budgétaires qui précède toujours vote du budget définitif, Guillaume Lepers et ses colistiers ont posé les éléments de contexte et défini leur stratégie. Le mot d’ordre est « réalisme ».

La pandémie a entraîné des dépenses supplémentaires et les restrictions administratives ont impacté les recettes de la commune (billetteries du théâtre et du musée pour ne citer que ces exemples). Si le plan de relance de l’Etat laisse espérer quelques enveloppes exceptionnelles, personne ne sait à ce jour combien Villeneuve pourrait recevoir, ni quand. L’incertitude plane et la mairie a décidé de jouer la carte d’une gestion (encore) plus économe de ses deniers.


Economies

de fonctionnement

L’adjointe aux finances, Sylvie Fourès, a détaillé les leviers qui seront actionnés pour réaliser des économies. Il ne s’agira pas d’une hausse du taux de la taxe foncière. L’augmentation des tarifs des services publics n’excèdera pas non plus l’inflation. En revanche, l’élue annonce « une maîtrise de la masse salariale en ne remplaçant pas une partie des départs en retraite ». Les projections font état pour le moment d’une réduction de quatre postes par an pour atteindre la cible. Le travail en commission aurait aussi envisagé des coupes encore plus drastiques si nécessaire comme le révèle l’opposant Thomas Bouyssonnie. Moins d’employés municipaux mais aussi moins de crédits de gestion pour les services avec -10% dès cette année. Sur ce point, Guillaume Lepers étaye sa vision : « On est à 64% de masse salariale (ndlr, dans la part du budget) à Villeneuve. Par rapport aux villes de notre strate, on devrait être à 10 points de moins. On n’y arrivera pas mais on doit aller dans le bon sens. Pour qu’une collectivité puisse investir, elle doit faire attention à ses charges de fonctionnement. » Comme expliqué ces dernières semaines, le premier édile souhaite cependant que les diminutions d’effectifs ne se fassent pas sur des opérationnels de terrain mais dans le management intermédiaire, ce qui n’empêchera cependant pas la recrutement prochain d’un nouveau directeur général des services.

Les efforts demandés aux services seront également exigés aux associations. Si le maintien des subventions est une promesse de l’exécutif, un regard plus rigoureux sur leur gestion précèdera tout soutien financier. « On va rappeler certaines règles et faire attention à ce que chaque euro soit bien dépensé, lance Guillaume Lepers Avec des dossiers bien montés et justifiés, il n’y aura pas de souci à se faire. Mais on ne laissera plus passer les demandes sans bilan ni éléments chiffrés. En n’organisant rien en 2020 à cause de la crise, certaines assos ont utilisé les subventions de fonctionnement pour renflouer leur trésorerie. Les plus honnêtes ont déjà annoncé qu’elles ne demanderaient rien cette année. »


Patrimoine dégradé

Tout ceci pour aboutir au cœur du sujet : la section investissements. La nouvelle majorité veut faire « un véritable effort » dans ce domaine pour « rattraper le retard accumulé ces dernières années ». Si Frédéric Ladrech, membre de l’équipe Cassany, défend le bilan financier de l’ancienne mandature et ses ratios positifs (épargne brute, capacité de désendettement, baisse de la dette), Guillaume Lepers estime que cela cachait un déficit dans l’état de la voirie et des bâtiments publics, notamment les écoles. « On hérite d’un patrimoine dégradé. Les résultats sont faussés. Même si on aurait préféré faire autrement, on doit mettre sur la table un plan annuel d’investissements ambitieux. Notre collectivité en a besoin maintenant, pas dans cinq ans. » Tous les projets susceptibles d’être largement subventionnés, comme le plan LED, seront avancés dans le calendrier. « Si le contexte s’avère par la suite meilleur que prévu, nous pourrons permettre de maintenir ce rythme ambitieux. » Sur la mandature, 35M€ seront investis, soit dix de plus que lors de la précédente période. Cela va toutefois se traduire par une hausse de l’encours de la dette (de 22 à 26M€), ce qui fait grincer des dents l’opposition.

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