Guillaume Lepers raconte son passage à Matignon

Le maire de Villeneuve a été invité avec quatre autres confrères par le Premier ministre à un déjeuner de travail ce mardi 18 mai pour évoquer les problématiques des villes moyennes.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Quidam l’Hebdo : Pourquoi avez-vous été invité par Jean Castex ?

Guillaume Lepers : Après avoir reçu le coup de fil de Matignon me demandant de participer à un déjeuner de travail, je me suis également demandé pourquoi moi. Très sincèrement, je pense que la visite récente du député Jean-Noël Barrot dans le cadre de sa mission sur le rebond des territoires en difficultés face à la crise (ndlr, voir notre édition du 18 mars) n’y est pas étrangère. Il a vu que nous étions très mobilisés pour redresser la commune avec beaucoup de projets. En tout cas, cela fait plaisir de voir que les plus hautes sphères de l’Etat restent à l’écoute aussi des petits maires puisqu’il y avait aussi à mes côtés les élus d’Angoulême (16), Montceau-les-Mines (71), Neufchâteau (88) et La Vernelle (36).


Quidam l’Hebdo : Comment s’est déroulé ce moment ?

G. L. : C’était un déjeuner de travail pas du tout protocolaire. Au contraire, on est tout de suite entrés dans le vif du sujet. Le Premier Ministre souhaitait avoir des remontées de terrain pour savoir comment se passaient le plan de relance, la campagne de vaccination, les opérations Coeur de ville... On a également pu avoir des échanges libres. J’en ai donc profité pour faire part de mes préoccupations villeneuvoises.


Quidam l’Hebdo : Sur quoi avez-vous insisté ?

G. L. : J’ai évidemment commencé par la question de la sécurité. Je lui ai fait part des problèmes de sous-effectif au commissariat de police dont nous souffrons depuis bien trop d’années, en comparaison notamment avec Bergerac. Même chose au niveau de la santé avec d’une part des sous-effectifs criants aux urgences du Pôle de santé qui couvre non pas un bassin de 25 000 habitants mais de 80 000, et d’autre part la désertification médicale. J’ai aussi abordé l’enclavement routier, problème dont il a parfaitement conscience depuis son entretien avec Jean Dionis qui a bien défendu la RN21. Et enfin le cœur de ville pour lequel nous ne manquons pas d’idées mais de financement en raison de notre fiscalité écrasante.


Quidam l’Hebdo : Attendez-vous des réponses concrètes ?

G. L. : Je suis déjà heureux de la franchise des débats, d’autant que nos problèmes sont aussi partagés par bien d’autres maires. Maintenant, il faudra voir les actes. Je vais écrire prochainement à Jean Castex pour le remercier ainsi que pour récapituler les principaux freins à notre développement car je reste persuadé que les villes moyennes représentent l’avenir. Sur la RN21, tous les financements étant déjà fléchés, il peut nous sortir une épine du pied en activant le chantier rapidement. J’espère aussi une arrivée rapide de nouveaux agents de police. Mais au-delà du cas villeneuvois, ce sont de nouvelles politiques publiques qu’il faut engager en faveur de nos territoires ruraux.

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