Finances // le SUA ultra-dépendantde son public

En observant le modèle économique du SUA, on observe que l’accueil physique des supporters et des partenaires à Armandie joue un rôle absolument essentiel.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

La crise sanitaire a mis en évidence la fragilité de nombreux équilibres économiques. Beaucoup de secteurs d’activité sont touchés, et notamment le sport de haut niveau. Entre la protection des populations face à l’épidémie et la nécessité pour certaines entreprises d’engranger des recettes au plus vite, l’exercice relève parfois du funambulisme. Afin de comprendre tous les enjeux, il est nécessaire de se pencher d’un peu plus près sur le modèle économique d’un club comme le SUA LG.


200 000 € de perte pour un match joué avec une jauge limitée à 5000 personnes. La moyenne à Armandie en Top 14 dépasse les 8000 spectateurs.

Avec près de 14 M€ de budget, le Sporting est une grosse machine. Cet argent provient de différentes sources. La plus importante est ici la contribution des quelque 500 partenaires privés. Ensemble, ils représentent environ 50% des recettes. Viennent ensuite les fameux droits télé pour 20%. Puis la billetterie sèche (7,5%) et les abonnements (5%). Le reste est réparti entre le merchandising, la section « food & beverage » (ndlr, nourriture et boissons) et les subventions publiques.


Des soutiens toujours présents…

Concernant les sponsors, les plus modestes comme les plus importants, Agen a réussi un véritable tour de force cet été. « L’an passé, nous avions 537 partenaires exactement. Nous serons cette saison sur les mêmes bases, sans déplorer de pertes sensibles dans les renouvellements », se réjouit le vice-président Stéphane Bourgeais. Ce résultat s’explique par plusieurs éléments. Tout d’abord la complémentarité de l’équipe dirigeante qui représente bien le tissu entrepreneurial lot-et-garonnais. C’est également l’heureuse conséquence d’une stratégie que l’on pourrait vulgairement résumer par un célèbre adage : « Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». En effet, le SUA, contrairement à certains concurrents, ne vit pas sur la générosité d’une poignée de mécènes fortunés mais sur une multitude de participations, avec un maillage équilibré du territoire et une bonne représentation des différentes filières. Quand un partenaire fait défection, il est ainsi un peu plus aisé de lui trouver un remplaçant. Les récents projets portés par le club ont également bien facilité la prospection. « Quand on présente le nouveau blason, le futur stade et une équipe très ambitieuse sportivement, on amène une projection très positive de l’avenir. Ça tend à rassurer tout le monde », explique Stéphane Bourgeais.


… à condition d’assister aux matchs

La bonne nouvelle dans cette histoire, c’est que le Sporting est soutenu. Le problème, c’est que les deniers versés par les partenaires dépendent de leur capacité à assister aux rencontres. Si l’on exclut les sponsors maillots (environ 2 M€), la visibilité de tous les autres ne se fait qu’au stade. Quand les tribunes sont vides, ils ne s’y retrouvent pas. Ces mêmes partenaires payent également pour des loges où ils peuvent inviter amis, collaborateurs ou clients. La plupart n’ont pas demandé de remboursement l’an passé malgré la fin de saison amputée mais ils ne seront pas aussi conciliants si la situation se renouvelle.


La répartition des recettes du SUA //

L’huis-clos, qui prive chaque club de ce poste essentiel ainsi que de toute la billetterie et des dépenses qui se rattachent à l’affluence dans le stade (buvette, snack, etc.), est donc tout simplement impensable. « Dans le football, vu les audiences réalisées, les droits issus de la diffusion couvrent 70% des frais. C’est très loin d’être le cas chez nous. On ne peut vraiment pas se contenter des matchs à la télé », martèle Stéphane Bourgeais.

Même la jauge fixée à 5000 personnes ne semble pas suffisante. « On a fait nos calculs. En mettant tout bout à bout, la perte s’élève à 200 000 € pour chaque rencontre dans ces conditions », lâche-t-on au SUA. Car il faut aussi avoir à l’esprit que la fourniture de masques, de gel, de tests PCR et l’embauche de personnels supplémentaires viennent s’ajouter dans la colonne débiteur. « Moins de recettes, plus de charges… C’est un effet de ciseaux très lourd pour nous », déplore le vice-président.

Vous l’aurez compris, il est urgent qu’Armandie puisse rapidement retrouver une capacité d’accueil normale afin que le club puisse survivre. Mais pour obtenir une dérogation de la préfecture, il faudra être absolument exemplaire sur tous les points…





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