Face à la crise, la CCI innove

La Chambre de commerce et d’industrie de Lot-et-Garonne a déployé ces dernières semaines des dispositifs très innovants pour mieux comprendre les attitudes des consommateurs et trouver des solutions pour pallier la crise économique conjoncturelle qui frappe avec beaucoup de disparités le tissu économique.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Alain Brugalières, le président de la CII (au centre), entouré par les vice-présidents Frédéric Péchavy et Myriam Viau ont révélé les innovations de la Chambre.


La data mise au service des petits commerçants

"Que sait-on réellement de ce qui se passe dans nos centres-villes ? Pas grand-chose, alors que Google et les autres Gafa savent absolument tout grâce aux cookies récoltés. » Le constat dressé par Thierry Lassagne, le directeur général de la CCI, l’a poussé à prendre les devants. Pour ce faire, la chambre a monté un partenariat avec Mytraffic. Cette start-up parisienne collecte anonymement une quantité monstre de données via les applications que nous utilisons le plus sur nos smartphones. Elle les passe ensuite à la moulinette d’un algorithme de calcul et peut en tirer des analyses très intéressantes. « Ce qui nous a plu dans la démarche, c’est que cette approche data est couplée avec des relevés de terrain pour ne pas se couper de la réalité », souligne Thierry Lassagne.

Dans le cas d’Agen, un périmètre précis du centre-ville a été défini et soumis à cet exercice, avec en plus la capacité de décryptage des experts de la CCI. On y apprend par exemple que 380 000 personnes en moyenne fréquentent chaque semaine la zone d’ « Agen Cœur Battant ». Les plus gros pics sont atteints pendant la période des achats de Noël et des soldes d’hiver.


380 000 personnes fréquentent en moyenne le centre-ville d’Agen, avec des pics à 500 000 pendant la période des achats de Noël. C’est le genre de données que Mytraffic, peut donner avec une analyse poussée et précise de la CCI.

En revanche, ces scores ont chuté on-ne-peut-plus logiquement pendant le confinement. « On voit également que les gens sont restés réticents pendant les onze premières semaines du déconfinement », observe Thierry Lassagne. La provenance de ces chalands potentiels a pu être déterminée avec précision (85% viennent de la grande agglo d’Agen), idem pour l’intensité des passages heure par heure. Un cas plus spécifique a aussi pu être étudié avec une adresse choisie au hasard. La fréquentation mensuelle de piétons a été passée au crible de janvier à juin en comparant cette année 2020 si particulière avec un exercice moyen.

Autant d’informations qui peuvent faciliter la prise de décision. « Tout ceci peut s’avérer extrêmement utile. Cela peut permettre d’améliorer la communication pour des manifestations et autres festivités, savoir à quelles heures les boutiques doivent être ouvertes pour profiter du meilleur flux de clients, etc. » Ce service pourra prochainement être vendu par la CCI aux entreprises locales, et ce quelle que soit leur ville d’implantation.



Du partage de salariés entre industriels

"Face au coronavirus, certains secteurs s’en sortent bien comme l’agroalimentaire, d’autres moins bien. On n’observe pas encore un impact très fort de la crise en Lot-et-Garonne mais certains chefs d’entreprise pensent tout de même à se restructurer pour demain », indique Alain Brugalières, le président de la CCI 47. Cette menace ne réjouit personne, et surtout pas les patrons potentiellement concernés. « Ils ont souvent beaucoup investi pour former leurs collaborateurs et développer les compétences. Ce n’est pas pour les licencier ensuite… » Au milieu de tous les aspects négatifs de cette crise économique, un motif d’espoir émerge. « Il s’agit d’une crise conjoncturelle et non pas structurelle, affirme Thierry Lassagne. On sait que ça va repartir. La question, c’est quand. »

Face à cette incertitude, la CCI a décidé de travailler main dans la main avec les services de la préfecture et de la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi). Ensemble, ces institutions ont mis sur pied un dispositif inédit baptisé « Sharing » (partage en anglais) qui peut être vulgairement traduit par un prêt de main d’œuvre. Un employeur en manque de travail (dans la sous-traitance aéronautique par exemple) pourra mettre ses salariés à disposition d’autres entreprises pour une durée déterminée plutôt que de recourir au chômage partiel ou à des licenciements. Ce dispositif est parfaitement encadré par la loi et repose bien entendu sur le volontariat, il ne peut être imposé aux salariés.

Cela permet de répondre à plusieurs objectifs. Tout d’abord aider les industries qui rencontrent un allègement du carnet de commandes en leur permettant de conserver tous leurs atouts en vue d’une reprise de l’activité. En même temps, cela permet aux secteurs plus dynamiques d’avoir temporairement des gens qualifiés. Les salariés, par cette diversification, peuvent gagner de nouvelles compétences. Enfin, c’est un moyen de conserver toutes ces forces vives en Lot-et-Garonne.

« Il est important de noter que l’administration a vraiment facilité les choses dans ce dossier loin d’être simple car jamais vu », note Alain Brugalières. Une première expérimentation a déjà commencé et s’avère fructueuse.


Pour en savoir plus sur ce dispositif // un webinaire de présentation sera proposé

lundi 21 septembre de 13h30 à 14h30

(s’inscrire auprès de la CCI 47).


Le moral des chefs d’entreprise pas si mauvais

Deux fois par an, en règle générale, la Chambre de commerce et d’industrie réalise une enquête d’opinion auprès des chefs d’entreprise lot-et-garonnais, corroborée ensuite par des données factuelles de la Banque de France. En cette année exceptionnelle, un sondage a été improvisé en ce début du mois de septembre pour connaître le moral des troupes à l’instant T. 320 établissements ont répondu au questionnaire avec une bonne représentation des différentes tailles de société et des différents secteurs d’activité. « Comme on pouvait s’y attendre, il en résulte une grande hétérogénéité des réponses. Selon la filière, le niveau d’activité est perçu très différemment », analyse le DG de la chambre. Une légère majorité (54%) a ressenti une baisse du volume d’affaires, et ce sont les petites entreprises qui semblent le plus impactées. Aux deux extrêmes, on retrouve l’hôtellerie-restauration d’un côté, l’agroalimentaire de l’autre. La volonté de diversification, qu’il s’agisse de produits/services ou de marchés, est tangible.


70% des entrepreneurs interrogés par la CCI pense maintenir tous leurs effectifs. 15% pensent même recruter.

Côté emploi, 85% des sondés pensent maintenir voire augmenter leurs effectifs ce qui est une bonne nouvelle. En revanche, cette période d’incertitudes risque fort de provoquer un gel des investissements, c’est en tout cas ce que disent 64% des personnes interrogées.


39% des répondants déclarent vouloir diversifier ou créer de nouveaux produits / services dans les 6 prochains moins

Concernant le moral de manière générale, il semble plutôt bon malgré les circonstances. « Les signaux sont plutôt positifs. Les entrepreneurs locaux gardent de l’espoir. Et on peut en effet penser que l’impact du Covid sera un peu plus faible dans ce département que dans des bassins économiques beaucoup plus spécialisés, comme la région toulousaine où beaucoup de choses tournent autour de l’aéronautique », confie Alain Brugalières.



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