Extension de l’Agglo : les incertitudes à l’ordre du jour

Le dernier conseil communautaire de l’Agglo d’Agen présentait deux dossiers majeurs : la réforme des statuts et l’accord de principe pour intégrer la communauté de communes de la PAPS.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Jean Dionis du Séjour et Francis Garcia n’ont pas trouvé de consensus sur ces deux délibérations majeures.


L’Agglo d’Agen face à son avenir, ce n’était rien de moins que le menu du conseil communautaire qui s’est tenu le 8 juillet dernier. Quelles compétences et combien de membres ? Deux questions simples en apparence mais excessivement techniques et tout sauf anodines dans un monde où l’administration est d’une complexité comparable à la conquête spatiale. La réforme des statuts, dans un premier temps, constitue une petite révolution en interne. Depuis 2013, ces statuts n’avaient pas bougé. Sauf qu’entre temps, la loi française, elle, s’est enrichie de nouvelles dispositions. Le président Jean Dionis du Séjour souhaite donc remettre les choses à plat en redéfinissant les prérogatives de l’Agglo d’Agen, dans un souci d’ « équité territoriale » et d’adéquation avec les « attentes de la vie quotidienne ». La future feuille de route sera structurée autour de 10 compétences dites obligatoires (développement économique, urbanisme, habitat, politique de la ville, gestion des milieux aquatiques, accueil des gens du voyage, traitement des déchets, eau potable, assainissement, gestion des eaux pluviales urbaines) et de 10 compétences «supplémentaires» dont, par exemple, la culture et le sport.

Si l’ensemble des élus soulignent des « avancées », certains s’interrogent sur les impacts à venir dans leur budget communal. « Il persiste des imprécisions », lance par exemple Laurence Lamy, maire de Bon-Encontre, suivie par certains confrères comme Francis Garcia, du Passage.


La PAPS déjà agenaise

Ces reproches ont aussi accompagné l’autre gros morceau de cette séance, à savoir la fusion avec la communauté de communes de Porte d’Aquitaine en Pays de Serres, aussi abrégée PAPS, forte de 13 villages et 5000 habitants. Pour Jean Dionis, ce vote doit matérialiser une « main tendue » à cette institution qui apparaît dans la réalité comme agenaise. « Les habitants de la PAPS vont majoritairement travailler à Agen, ils viennent y faire leurs courses, se soigner, emmener les enfants au collège ou au lycée », décrit le président. Son premier vice-président Henri Tandonnet complète : « La PAPS ne peut pas se développer parce qu’elle n’a pas les moyens de le faire. » Son intégration est ainsi vue comme un geste de « solidarité ». L’Agglo d’Agen y trouverait aussi son compte avec, tout d’abord, une neutralité financière pour ses membres actuels, ainsi que de nouveaux atouts agricoles, touristiques et résidentiels. Patrick Buisson (Bajamont) voit dans ce bol de ruralité au cœur d’une agglo plutôt urbaine une opportunité à saisir. D’autres sont plus sceptiques. Toujours au nom des incertitudes pratico-techniques, de l’absence de projet commun ou encore des bénéfices pour les deux parties. Un tel chantier, chevauchant la réforme statutaire, leur semble pour le moins précipité (Joël Ponsolle, Olivier Grima). Le communiste Jean-Jacques Mirande se demande quant à lui si on rapproche la démocratie des habitants ou si on l’éloigne encore davantage. « Coopérer oui, mais centraliser n’a pas toujours donné les résultats escomptés », philosophe-t-il. Si le vote est loin d’avoir fait l’unanimité (42 voix pour, 20 contre et 4 abstentions), le processus formel va toutefois pouvoir être engagé. L’objectif est d’entériner la fusion au 1er janvier 2022. L’Agglo passerait alors à 44 communes et 101 000 habitants.

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