Etienne Bousquet-Cassagneface au difficile rebond

Le candidat du Rassemblement national n’a pas eu les résultats escomptés au premier tour des municipales avec seulement 15% des voix. Il juge l’abstention responsable.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Tout juste trentenaire, Etienne Bousquet-Cassagne est pourtant un candidat aguerri, sept ans après sa première grosse campagne à Villeneuve. Il ne digère toujours pas les conditions d’organisation de ce scrutin municipal 2020.


Beaucoup voyaient en lui le probable leader du premier tour. A commencer par le maire sortant qui l’a longtemps considéré comme son principal adversaire. Il y avait de quoi. Quand Etienne Bousquet-Cassagne est tête de liste, il fait irrémédiablement entre 26% et 35%. Et plus généralement, son parti obtient toujours des scores spectaculaires localement, en témoignent les dernières européennes. Mais pas cette fois... Le 15 mars dernier, le jeune représentant du Rassemblement national n’a pu faire mieux qu’une quatrième place, avec 15% des suffrages et 958 voix. La concurrence féroce des autres listes aurait pu lui ouvrir un boulevard. Il n’en fut rien.

Pour expliquer cette déroute, l’intéressé n’y va pas par quatre chemins. Le coupable n’est autre que l’abstention. Près de deux inscrits villeneuvois sur trois ne sont pas allés voter. Et parmi eux, Etienne Bousquet-Cassagne y voit beaucoup de ses fidèles. « Les sondages le montrent : les électeurs RN sont ceux qui se sont le plus abstenus, par peur du virus », affirme-t-il, s’appuyant entre autres sur une étude des instituts Ipsos/Sopra Steria. « Au final, le résultat n’est absolument pas représentatif de la réalité politique à Villeneuve. Ce n’était pas équitable. Dans un contexte normal, j’aurais été beaucoup plus haut. »


Coincé entre deux chaises


La responsabilité de cette désertion des urnes a un visage, celui du gouvernement. « Ce que j’aurais souhaité, c’est l’annulation pure et simple de ce premier tour. Les conditions n’étaient pas réunies le 15 mars. Elle ne le seront toujours pas le 28 juin. Il serait plus judicieux de refaire toute l’élection dans un moment plus propice à l’expression de la démocratie. » Un coup de gueule assumé mais un combat perdu d’avance...

Dans ce contexte, la liste Allez Villeneuve peut-elle espérer renverser la vapeur ? Les nouveaux sondages ne prédisent pas une participation très supérieure pour ce second tour. Les candidats n’ont donc d’autre choix que de se battre pour créer eux-mêmes une mobilisation exceptionnelle de leur base. Sauf que là encore, les choses ne sont pas si simples. « J’ai d’un côté envie de lancer un appel aux citoyens mais je ne veux pas non plus les pousser à prendre de risques vis-à-vis de leur santé », explique « EBC », coincé entre deux chaises. La stratégie sera affinée à l’occasion d’une réunion de son équipe au cours des prochains jours, mais pas dans la permanence dont les clés ont été rendues au moment du confinement. Un détail certes anecdotique, mais significatif de la campagne du trentenaire.


Pour vivre heureux, vivons cachés... des médias


Là où certains de ses adversaires ont tout fait pour attirer l’attention – Thomas Bouyssonnie avec son barnum itinérant et Guillaume Lepers avec sa plateforme en ligne pour ne citer qu’eux – Etienne Bousquet-Cassagne l’a jouée plus discrète, bien qu’il n’aime pas ce terme. « Je ne passe pas ma vie à appeler les journalistes, car je ne cherche pas à avoir les médias à tout prix, d’autant plus qu’ils ne me traitent pas sur un pied d’égalité. Je ne suis pas non plus du genre à faire ma propre pub sur les réseaux sociaux, ou à faire appel à d’autres personnalités pour me soutenir. Ça ne me ressemble pas. Je constate que les électeurs sont un peu dégoûtés de la politique et de ces candidats en campagne permanente, tels des vendeurs d’aspirateurs prêts à tout pour gratter quelques voix. Je pense qu’ils préfèrent une campagne plus sincère, plus proche d’eux comme je l’ai fait en allant sur le terrain à leur rencontre. »

La liste Allez Villeneuve conservera donc sa philosophie jusqu’au scrutin. Ainsi que son programme, jugé adapté à la situation. « J’avais déjà un programme de crise car la ville la subissait déjà de plein fouet. Le retour au localisme, la création d’une zone franche pour l’industrie, la gratuité des parkings en centre-ville, le soutien au petit commerce... C’était déjà un plan de relance pour le territoire le plus en crise de la région. »




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