En Villeneuvois, les prix commencent à frémir

Suite logique d'une belle dynamique étendue sur plusieurs années, le marché villeneuvois fait face à une contraction des biens disponibles à la vente, provoquant ainsi une légère augmentation des tarifs.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Comme bien d'autres secteurs, l'économie immobilière obéit à une loi très simple : celle de l'offre et de la demande. Avec la crise mondiale des subprimes et le coup de frein sur les transactions qui s'en est suivi, le Villeneuvois s'est retrouvé avec des biens à profusion et donc des prix en chute libre. Pas à pas, une dynamique s'est remise en place et les acheteurs se sont de nouveau manifestés, jusqu'au point d'orgue : 2019. « Une année exceptionnelle », selon les professionnels. La suivante, frappée du sceau de la pandémie, aurait pu compromettre tous ces efforts. Il n'en fut rien. En dépit des deux mois d'inactivité du tout premier confinement, la vie immobilière a repris son cours. A tel point qu'aujourd'hui, une nouvelle réalité se fait sentir : la contraction du nombre de biens disponibles. « Sur l'axe qui relie Sainte-Livrade à Saint-Sylvestre, il y avait plus d’un millier de produits à vendre sur le marché ces dernières années. Le stock est environ deux fois moindre à l'heure actuelle », constate Bastien Gonzalez, directeur de l'agence Century 21, leader sur ce territoire. Selon lui, le Covid n'est pas totalement étranger à cette situation : « Comme les gens n'ont pas pu se retrouver, je pense que certains dossiers de succession ou d'indivision ont été reportés. » Mais quelles qu'en soient les causes, le phénomène est bien réel et ses conséquences tangibles. En effet, les agents voient poindre un nouveau rapport de force entre vendeurs et acquéreurs. Le pouvoir de négociation s'en trouve forcément réduit et certains sont tentés de gonfler un peu les tarifs. « Il y a un an, le prix de vente moyen des maisons chez nous était légèrement supérieur à 120 000 €. En avril 2021, on est au-dessus des 126 000 €. L'échantillon est encore faible mais on sent un frémissement », décrit cet expert. Même sentiment du côté de la Maison de l’immobilier, positionnée un peu plus haut de gamme.

Les immeubles de rapport pour les investissements locatifs (les rendements sont très intéressants à Villeneuve) se font aussi de plus en plus rares devant la demande grandissante.


Toujours un excellent rapport prix/prestation

Pour autant, le bassin villeneuvois conserve son « attractivité budgétaire », ce qui lui permet de rester aux yeux de nombreux professionnels de l'immobilier « l'un des meilleurs rapports prix/prestation du grand Sud-Ouest ». Sans aller bien loin, l'écart avec l'Agenais reste très conséquent. A produit équivalent et emplacement comparable, l'addition grimpe d'environ 40% dans la ville-centre et ses alentours. Les défauts de Villeneuve (manque d'infrastructures, quasi-absence d'enseignement supérieur, désertification médicale, tourisme modéré) ne se règleront pas d’un coup de baguette magique et limitent donc la perspective d'une envolée soudaine même si l'action publique tente d'améliorer les choses. L’avantage, c’est que l'accès à la propriété pour les jeunes et les anciens locataires demeure aisé, la stabilité des taux d'emprunt aidant bien.


Un effet Covid discret

sinon inexistant

En revanche, dans les grandes métropoles, les prix ne connaissent pas la crise. Les agglos bordelaise et toulousaine sont en plein essor, au point de frôler la saturation. Dans le même temps, les confinements successifs ont ravivé la flamme pour les grands espaces et les jardins, faisant naître le fantasme d'un retour en grâce des villes moyennes dans les territoires ruraux. Dans les faits, cette tendance est encore loin de se vérifier. « On ne voit pas de cars entiers se ruer sur nos annonces, sourit Bastien Gonzalez. Il y a bien des retraités qui viennent se mettre au vert dans notre belle région, mais pas plus qu'avant. Les transactions se font toujours majoritairement entre des gens du coin. » La clientèle étrangère, présente avant 2008, reste ultra-minoritaire. En revanche, au rayon des bonnes nouvelles, on notera la belle reprise du marché pour les biens au-dessus de 350 000 €, comme le confirme Franck Chatelet.

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