Economie // Frédéric Péchavy : « La CCI doit devenir un centre de services »

Dernière mise à jour : il y a 12 heures

Le (probable) futur président de la Chambre de commerce et d’industrie de Lot-et-Garonne s’est confié à la rédaction de Quidam l’Hebdo sur le projet qu’il porte pour les cinq années à venir.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf



A la CCI de Lot-et-Garonne, on n’aime pas trop le suspense. Outre la vaine tentative de Serge Pujol en 2016, les élections sont toujours réglées d’avance. Le millésime 2021 ne devrait pas déroger à la règle puisqu’à ce jour, une seule liste est en compétition : celle de Frédéric Péchavy. L’actuel vice-président de la chambre consulaire s’inscrit dans la continuité de son actuel patron et futur prédécesseur, Alain Brugalières. Pas de grande rupture annoncée mais une volonté d’aller encore plus loin dans la transformation de cette institution pour qu’elle réponde mieux aux besoins du tissu économique en dépit de ses pertes de recettes.


Quidam l’Hebdo : Comment avez-vous constitué votre équipe de 42 candidats ?

Frédéric Péchavy : C’est un projet sur lequel nous avons travaillé à trois : Jean-Luc Guéry (ndlr, président d’Optimum et du GPI-Medef 47), Myriam Viau (agent général d’assurance Allianz et vice-présidente de la CCI) et moi-même. Notre volonté a été de bâtir un groupe représentatif à la fois des secteurs d’activité et des territoires géographiques. On a ainsi des gens issus du commerce, des services et de l’industrie implantés en Agenais, en Albret, en Marmandais et en Villeneuvois-Fumélois.


Frédéric Péchavy n’arrive pas de nulle part.

Déjà vice-président de la CCI, il est aussi très

actif dans les milieux économiques,

au SUA LG notamment.


Quidam l’Hebdo : Quelle est votre ligne directrice ?

F. P. : Nous sommes animés par une conviction profonde : c’est qu’au-delà de la contribution économique, les chefs d’entreprise ont un rôle à jouer sur des sujets stratégiques pour le développement de notre Lot-et-Garonne. L’emploi en fait partie et, par extension, la formation.


Quidam l’Hebdo : Cela signifie que Sud Management sera au cœur de votre politique ?

F. P. : C’est déjà le cas mais oui, nous souhaitons nous appuyer encore plus sur ce formidable outil. Sud Management, c’est d’un côté la possibilité de maintenir les jeunes sur le territoire avec des cursus diplômants et, de l’autre, un accompagnement des entreprises avec une vaste offre en formation continue pour les salariés en activité. On veut investir et développer la structure encore plus. Territorialement déjà, le rapprochement avec le CFPvi à Villeneuve-sur-Lot au sein d’un même campus permettra de répondre à une partie de la demande dans les domaines de la logistique et de la force de vente, aujourd’hui en tension. Sur la Business School, on ouvre une filière numérique. De manière générale, nous tenons à ce que l’offre de formation soit en adéquation avec les besoins immédiats et futurs de nos entreprises.


Quidam l’Hebdo : L’équipe sortante, dont vous faîtes partie, avait aussi beaucoup misé sur le travail en réseau. Allez-vous continuer dans cette voie ?

F. P. : Complètement. Les groupements thématiques portés par la CCI comme Prodia dans l’agroalimentaire, Gascogne Environnement sur la thématique RSE, Ciel pour l’export, ou encore Promobois sont de grandes réussites. Dans cette même veine, nous allons aussi réactiver le programme « Alizé » qui permet le transfert de compétences d’un établissement à un autre. Il y a des atouts partout, il faut les interconnecter. La production locale est une force, on ne peut plus le nier. Une entreprise déconnectée de son territoire est vouée à péricliter, d’où la nécessité de se connaître et travailler ensemble. La CCI a un rôle crucial à jouer.


Quidam l’Hebdo : La CCI peut-elle encore avoir de l’ambition alors qu’elle est largement amputée d’une partie de ses ressources ?

F. P. : Bien sûr que l’on peut faire preuve d’ambition. Nous avons perdu une partie de nos recettes fiscales et cela nous oblige à fonctionner différemment, dans un modèle un peu hybride entre service public et structure privée. On le fait déjà un peu avec notre filiale Immo CCI sur le volet foncier. Nous devons aussi capitaliser de plus en plus sur de la vente de prestations et ce n’est pas un mal. Selon moi, la CCI doit devenir un centre de services partagé avec une visée opérationnelle. Encore et toujours répondre aux besoins du tissu économique local, que ce soit avec nos équipes en interne ou avec des experts affiliés. Certains utilisent très bien les compétences de notre chambre, mais beaucoup ignorent encore tout ce que l’on peut leur apporter. Au cours de ce mandat, nous devrons faire en sorte de gagner en visibilité.


Quidam l’Hebdo : Avec un nouveau changement de site par exemple ?

F. P. : Cela en fait partie, oui. L’emménagement à Estillac n’est qu’une phase transitoire. A terme, nous allons opérer un rapprochement physique avec Sud Management pour créer tout un écosystème mêlant étudiants, porteurs de projet, actifs bien implantés. On veut casser l’image très institutionnelle et consulaire de la CCI, que renvoyait d’ailleurs notre ancien bâtiment. Cela créait une sorte de barrière et empêchait certains de franchir nos portes. On veut en finir avec ça.


Quidam l’Hebdo : L’enjeu des prochaines années sera aussi de « recruter » en Lot-et-Garonne des entrepreneurs venus de l’extérieur. Quels seront vos axes de travail sur cette question ?

F. P. : Nous sommes dans une période charnière. Pendant longtemps, les métropoles étaient l’endroit où il fallait être. Mais la crise actuelle en a montré les limites. Il y a un filon à creuser pour les territoires comme le nôtre, d’où notre volonté d’en faire la promotion. Ce que l’on envisage, c’est la création d’un événement régulier global, pas seulement économique, peut-être en collaboration avec le Conseil départemental, pour mettre en avant tous nos atouts. Il serait à destination des entrepreneurs et des salariés. On a commencé à travailler sur quelques pistes de réflexion. On doit tous être à l’unisson sur ces questions.


Quidam l’Hebdo : A titre personnel, vous êtes impliqués dans beaucoup de fonctions : chef d’entreprise, vice-président de la CCI, président de Sud Management, vice-président du SUA LG... Comment ferez-vous une fois l’élection passée ?

F. P. : Premièrement, il faut d’abord attendre les résultats de l’élection et le vote du nouveau bureau pour élire le président de la Chambre de commerce et d’industrie. Même si je semble tout désigné, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Mais en effet, je me poserai des questions vis-à-vis de certaines fonctions. Je fais partie de ceux qui pensent que les titres représentent un engagement. Je tiens à faire les choses bien, pas seulement acte de présence, donc je risque de manquer de temps pour tout mener de front. Cela risque d’être compliqué de rester partout, au SUA LG notamment.


D’où vient Frédéric Péchavy ?

Le futur président de la CCI est à la tête d’une PME familiale qui porte son nom. L’affaire, créée en 1919 par Fernand Péchavy du côté de Villefranche-du-Périgord avant de s’implanter en Agenais et dans la région bordelaise, a connu d’impressionnants développements ces dernières années. Le groupe se divise en trois entités pour couvrir ses différentes activités : énergies, lubrifiants et transports. Le chiffre d’affaires s’élève aujourd’hui à 170 M€ pour environ 90 salariés.

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