Des entrepreneurs lot-et-garonnais questionnent en direct le gouvernement

Le député Olivier Damaisin a organisé une visioconférence entre une vingtaine d’acteurs économiques locaux et le ministre délégué aux TPE-PME.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Les acteurs économiques lot-et-garonnais ont pu faire part de leurs questions et doléances au ministre Alain Griset grâce à la visioconférence malgré quelques problèmes de connexion.


Au milieu de quelques bugs, qui ont permis une nouvelle fois de mesurer le déficit du territoire en infrastructures numériques, le Lot-et-Garonne a pu communiquer en direct avec Bercy. Ce jeudi 22 avril, le député de la troisième circonscription, Olivier Damaisin, a organisé avec ses équipes un entretien sans intermédiaire avec un membre du gouvernement. Etaient invités une vingtaine d’entrepreneurs de divers secteurs d’activités et des représentants professionnels. En face d’eux, Alain Griset, ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises aux côtés de Bruno Le Maire. Cette visioconférence était articulée sous la forme d’une séance de questions/réponses pendant plus d’une heure et demie.

Entre interrogations pratiques, inquiétudes pour l’avenir voire quelques reproches, les intervenants se sont exprimés sans détour. Première à prendre la parole, la savonnière Delphine Van Hooren a par exemple fait part de son incompréhension quant à l’interdiction pour elle et ses confrères de vendre leurs produits pourtant utiles dans le cadre des gestes barrières. Le ministre s’est contenté de répondre « click & collect » et de défendre les aides pour les établissements fermés. De manière générale et sans surprise, Alain Griset n’a pas fait de révélation choc. Ce dernier était surtout là pour assurer le « service après-vente », rappelant les tenants et les aboutissants de la stratégie gouvernementale, et écouter.


Pénuries et dettes

sur la table

Et c’est justement du côté des remontées de terrain qu’il y avait matière à analyser. Le secteur du bâtiment s’inquiète des conséquences de la flambée des prix voire de la pénurie de matériaux. « Il faut sensibiliser les acheteurs publics à cette réalité et les prévenir que certains chantiers vont être interrompus à cause de ça », prévient Amar Hocine, président de la Capeb 47. Sébastien Malbec et Alain Brugalières, eux, craignent très fortement le manque de main d’œuvre dans l’agriculture, l’industrie, l’agroalimentaire ou la restauration, freinant de fait l’élan de reprise. « On ne sait pas ce qu’il faut faire », lâche le président de la CCI. Pour pallier le problème, le gouvernement compte inciter Pôle Emploi à proposer des formations dans les métiers où les besoins sont les plus importants. « Peut-être qu’il faudra aller plus loin », note Alain Griset laissant penser que la réforme de l’assurance-chômage pourrait réserver de nouvelle s mesures.

Le remboursement des prêts garantis par l’Etat en quatre ans au lieu de cinq était également un sujet de préoccupation, mis en exergue par Jean-Luc Guéry, le patron du Médef local : « Pour beaucoup de TPE-PME, ce sera problématique. Il faut rapidement s’attaquer à cette question. Idem pour la loi AGEC (ndlr, anti-gaspillage pour une économie circulaire) et le projet de loi climat et résilience. Il faut laisser du temps aux entreprises, surtout les plus petites, pour s’adapter à ces nouvelles règles. » En ce sens, le gouvernement affirme ne pas vouloir faire « de l’écologie punitive ».

La restauration a été évoquée, et notamment le point d’équilibre à trouver avec des jauges limitées pour que l’ouverture soit rentable économiquement. La date des soldes également pour le commerce de prêt-à-porter. Si les représentantes villeneuvoises, Andrée Akrich et Patricia Gonzalez, militent pour un maintien des dates initiales, Alain Griset n’a pu leur confirmer que ce serait le choix retenu.

Sans résoudre d’un coup de baguette magique les nombreux problèmes actuels, cette réunion par écrans interposés aura au moins eu le mérite de permettre aux acteurs locaux de faire entendre leur voix auprès des décideurs nationaux.


Décès de Florentin Damaisin

En marge de la visioconférence organisée avec le ministre Alain Griset, nous avons appris le décès brutal de Florentin Damaisin, le fils du député Olivier Damaisin, à l’âge de 28 ans. Toute la rédaction de Quidam l’Hebdo présente ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

173 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout