Damazan accueille la deuxième station bioGNV du département

A mi-chemin entre Bordeaux et Toulouse, la station bioGNV de Damazan en service depuis le mois d’avril, a été inaugurée vendredi 11 juin. Il s’agit de la deuxième du département, qui en appellera d’autres par la suite...

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Elus et dirigeants de Territoire d’énergie 47 étaient réunis pour inaugurer la station de Damazan


A deux pas du pôle d’activités de la Confluence, situé stratégiquement à proximité de l’autoroute A62, entre Bordeaux et Toulouse, une station bioGNV a fait son apparition. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il s’agit d’un carburant d’avenir, obtenu de la méthanisation de déchets organiques. Cette station est la deuxième du département, après celle de Villeneuve-sur-Lot mise en service à la rentrée 2020. Elle est capable d’accueillir jusqu’à quarante poids-lourds par jour, et va notamment permettre d’alimenter la flotte de la société Biocoop installée à deux pas, ainsi que les véhicules passant sur l’autoroute. « Ce projet est dans les tiroirs depuis trois ans déjà, suite à la rencontre avec Territoire d’énergie et Biocoop, qui utilisait déjà des camions roulant au biogaz. Nous avons réfléchi ensemble à un programme s’inscrivant dans le TEPOS (Territoire à énergie positive), dans lequel notre collectivité est engagée depuis longtemps, avec la volonté de consommer moins et produire une énergie plus propre », explique Michel Masset, président de la Communauté de communes du Confluent et des Coteaux de Prayssas.


39% des émissions de gaz à effet de serre produites par les poids lourds en Nouvelle-Aquitaine

Une installation rendue possible notamment grâce à la mobilisation de GRDF, Nature Gaz qui accompagne la transition des parcs de véhicules vers le bioGNV, et Territoire d’énergie à travers la SEM Avergies, un outil d’investissement pour accélérer sur le développement des énergies renouvelables dans le département. « Ce qui nous a amené sur cette station du Confluent, c’est la volonté d’être dans une logique ‘du puits à la roue’ dans le domaine du biogaz. Le Lot-et-Garonne est un gisement majeur dans la production de cette énergie noble », assure Jean-Marc Causse, président de Territoire d’énergie 47. A noter qu’elle a également été équipée d’ombrières solaires, qui permettent de faire la jonction avec une autre compétence d’Avergies, portant un programme ambitieux sur cette énergie. « Si je ne dis pas de bêtises, il s’agit de la première station de France dotée d’un tel équipement », continue le président.


Une énergie alternative en plein essor

Avec onze stations publiques accompagnées par la Région en 2019 et trente prévues d’ici 2023, le bioGNV est, on peut le dire, en plein boom. Les politiques publiques évoluent d’ailleurs en ce sens, avec de nouveaux accompagnements pour favoriser l’essor de stations et inciter les entreprises à convertir leur flotte. Gel de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) sur le GNV et le bioGNV accompagné d’un dispositif de suramortissement pour l’acquisition de véhicules jusqu’en 2024, ou encore subvention à l’investissement, l’objectif est de faciliter le plus possible cette transition.


47 000 poids lourds au GNV en 2028

Au niveau de la Nouvelle-Aquitaine, on s’active donc pour être porteur sur le sujet. Le chargé de mission mobilité durable, Guillaume Connan, est formel : « Le bioGNV est la seule alternative immédiatement disponible pour le secteur du transport, qui à lui seul représente 39% des émissions de gaz à effet de serre dans la région. » Et ses avantages environnementaux sont multiples : diminution des émissions de CO2 de plus de 80%, amélioration de la qualité de l’air en ville avec 93% de particules réglementées en moins, réduction des nuisances sonores, mais aussi un prix compétitif avec 20 à 30% d’économies réalisées à la pompe. « Il s’agit du seul carburant à détenir la vignette Crit’air 1, de plus en plus exigée pour rentrer dans les agglomérations », ajoute Stéphane Orain, chef de projets mobilité GNV/bioGNV pour GRDF en Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. La France semble donc rattraper son retard... « Nous avons eu le droit d’injecter du gaz vert dans les réseaux à partir de 2011, date où nous avions un projet prêt à être lancé quand nos voisins en étaient déjà à plusieurs centaines. Aujourd’hui, nous commençons à combler ce retard. L’objectif de la filière est d’atteindre le 100% de gaz vert à l’horizon 2050 », continue-t-il. Dans le département, deux autres stations bioGNV sont déjà en projet, sur l’Agglomération d’Agen et celle du Val de Garonne.


250 stations bioGNV en France
30 stations en Nouvelle-Aquitaine à l’horizon 2023

Lot-et-Garonne //

2 stations bio GNV opérationnelles (Villeneuve-sur-Lot et Damazan)
2 nouvelles stations en projet (Agglomérations d’Agen et du Val de Garonne)
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