Départementales : les syndicalistes paysans veulent renverser la table

La liste « Les 47 » conduite par Serge Bousquet-Cassagne et les leaders de la Coordination rurale s’engagent dans les élections départementales avec beaucoup d’ambition.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Les leaders du syndicat agricole coordination rurale 47, Serge Bousquet-Casagne ( à gauche) et Patrick Franken se présenteront devant les électeurs.


Quand il s’agit de mobiliser ses ouailles, la section lot-et-garonnaise de la Coordination rurale fait mieux que la plupart des partis politiques. Blocus pour protéger le lac de Caussade, manifestations diverses, opérations escargots... à chaque fois qu’un appel est lancé, les agriculteurs répondent en masse. Maintenant, le syndicat entend aller plus loin que sa branche professionnelle pour toucher l’ensemble des citoyens via les urnes. Quatorze binômes, sous l’étiquette « Les 47 », seront candidats pour les élections départementales des 20 et 27 juin. Après la majorité sortante, la liste d’union de la droite et du centre et le Rassemblement national, il s’agit de la quatrième force en présence pour ce scrutin. Et celle-ci ne compte pas faire de la figuration. « On est, pour beaucoup, d’anciens rugbymen, des compétiteurs... On pense vraiment être en mesure de faire le Grand Chelem. C’est ça, la mentalité paysanne. Il nous arrive assez rarement de partir battus d’avance, sauf devant la justice. Tous les jours, on prend des catastrophes météo sur la figure et cela ne nous empêche pas de repartir au combat le lendemain », explique le leader Serge Bousquet-Cassagne, en lice pour sa part sur le canton du Fumélois. Selon ses dires, 14 candidatures sur 21 possibles, c’est largement suffisant pour obtenir une majorité et prendre la gouvernance du Conseil départemental. Du coup, pas besoin d’amener de la concurrence à celles et ceux considérés comme des « amis » parce qu’ils « travaillent bien pour leur territoire ». Les 47 ne seront ainsi pas présents en Albret face à Nicolas Lacombe ou dans les Forêts de Gascogne contre Raymond Girardi. A Villeneuve, ils veulent laisser « un peu de crédit » au nouveau maire Guillaume Lepers pour qu’il puisse faire ses preuves. Enfin, sur les quatre cantons très urbains de l’Agenais, ils se sentent un peu moins à leur place. Partout ailleurs, ils comptent bien faire le ménage. « On s’est dit que ces élections n’étaient pas réservées à une élite. On y voit toujours les mêmes se présenter et on constate aujourd’hui de nombreux dysfonctionnements au sein de cette institution. Il est temps de se mettre en branle pour changer ça et défendre vraiment la ruralité », affirme celui qui est aussi président de la Chambre d’agriculture.


« Capables

de gérer »

Les griefs adressés aux précédentes générations d’élus sont nombreux. A commencer par l’absence de cap : « On dirait un canard sans tête qui répond à un besoin par-ci, un autre par là mais sans jamais avancer réellement. Ça manque de liant, de commandement, de direction. On a recruté une armée mexicaine de cadres dont on ne sait pas exactement à quoi ils servent. Si on gagne, on va remettre tout le monde au travail », lâche Serge Bousquet-Cassagne sans détour. Les artifices de communication sont aussi dans son viseur. « On nous parle de 5G et de fracture numérique mais si on pouvait déjà avoir de la téléphonie qui marche, ce serait déjà pas mal. Pareil pour l’état des routes et des ronds-points. Quant au maintien à domicile de nos anciens, on dépense une fortune pour que des fonctionnaires disent si on appartient à la bonne catégorie ou pas mais à côté de ça les aides-ménagères sont payées au lance-pierre. Il faut que ça change et vite. »

Un discours radical qui pourrait s’apparenter à une banale promesse de campagne. Mais là encore, les syndicalistes paysans tiennent à défendre leur crédibilité. « Notre meilleur arme, c’est notre bilan. Nous avons la Chambre d’agriculture la mieux gérée de France, nous avons redressé un abattoir qui fonctionne aujourd’hui très bien malgré la crise de la viande et de l’élevage. Nous sommes parfaitement capables de gérer ! Et contrairement à ce que certains pensent, on ne cherche pas la contradiction permanente avec la loi, on n’est pas là pour foutre le bordel partout où on passe. Ce qu’on veut, c’est gérer en bon père de famille. L’idée, c’est que quand un projet est nécessaire, évident, frappé au coin du bon sens, on le fait quoi qu’il en coûte et sans attendre. Si on est élus, je peux déjà annoncer la fin des zones blanches d’ici un an. » Voilà qui est clair !


Les binômes candidats de la liste ''Les 47'' //

Le Confluent

- Aurélie Mella et Cédric Paladin

Les Coteaux

de Guyenne

- Laëtitia Barès et Vincent Rigo

Le Fumélois

- Fanny Rigal et Serge Bousquet-Cassagne

Le Haut-Agenais

Périgord

- Isabelle Kempen et Didier Parrel

Lavardac

- Nathalie Roussille et Didier Chazallon

Le Livradais

- Séverine Besson et Patrick Franken

Marmande 1

- Maria Dolores Coca-Garcia-Perin et Benoît Geneau de Lamarlière

Marmande 2

- Martine Calzavara et Pascal Béteille

L’Ouest agenais

- Maryse Di Guisto et Loïc Carrère

Pays de Serres

- Hélène Lorcy et Patrick Roux

Le Sud-Est agenais

- Edith Quintano et Arnaud Lafforgue

Tonneins

- Vanessa Dalliès et Gilbert Dufourg

Val du Dropt

- Dominique Tesson et Jean Marboutin

Villeneuve 2

- Nahalie Bottega et Patrick Maurial


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