Départementales : la Dynamique citoyenne fait le choix du canton

Le quatuor emmené par Christian Delbrel sur le canton Agen 1 forme son propre groupe loin de toutes les unions, afin de garder son indépendance. Une attitude qui détonne.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le quatuor Saucaz-Laramé-Delbrel-Maillard-Buisson veut incarner l’indépendance au sein du Conseil départemental.


"Notre parti, c’est le canton ! » Le slogan brandi par Clarisse Maillard a des airs de déjà vu, sur d’autres affiches électorales, des tracts ou dans des discours de meeting. Mais dans le cas présent, difficile de mettre en cause la sincérité et la véracité du propos. En effet, la Dynamique citoyenne, que la Foulayronnaise représente aux côtés de Christian Delbrel, n’est pas un groupe comme les autres. Il s’agit ni plus ni moins que de la seule force politique indépendante aujourd’hui présente dans l’hémicycle du Conseil départemental. Un ovni entre la majorité de gauche sortante et la liste d’opposition de centre-droit. Elue en 2015, la paire Delbrel-Bricard brigue un nouveau mandat avec donc un nouveau visage féminin. La philosophie pour cette nouvelle campagne reste inchangée. « La démarche est, comme c’est dit dans notre nom, purement citoyenne. On se tient loin des clivages partisans et des petits arrangements entre amis. C’est la garantie d’éviter les pressions, de conserver sa liberté pleine et entière », annonce Christian Delbrel. Difficile de donner une véritable étiquette à cette équipe. Les profils (journaliste, juriste, cadre de santé, docteur en pharmacie) et sensibilités se complètent dans « une liste arc-en-ciel, à l’image d’un canton à la fois urbain avec Agen, péri-urbain avec Pont-du-Casse et Foulayronnes, et rural avec Bajamont ». Chaque membre du quatuor représente d’ailleurs une commune.


Pas un satellite

de la majorité

D’aucuns diraient que la Dynamique citoyenne est le 21ème binôme de la majorité, au vu de l’absence volontaire de celle-ci sur ce territoire et de la relative convergence d’idées entre ces deux camps. Mais Christian Delbrel tient sa ligne ! « On part du principe qu’une idée si elle est bonne, n’a pas de couleur politique. Il est bon de rappeler que 98% des délibérations du dernier mandat ont été votées à l’unanimité des trois groupes, incluant aussi l’Avenir ensemble. Je pense que la politique menée a été cohérente avec les moyens de la collectivité. Pour autant, nous n’avons jamais été dans la boucle de la majorité, ni subi de pression. On prend acte du fait qu’elle ne présente personne contre nous, c’est tout. » Et si cela veut dire être à nouveau écarté des responsabilités, ce n’est pas un problème. « Il n’y pas besoin d’avoir une vice-présidence pour peser ! » Dans les débats comme à la commission de refondation, le premier édile cassipontin a souvent joué les médiateurs pour apaiser les conflits.


Un programme 100% local

Le programme, de son côté, ne prétend pas gouverner l’ensemble du Lot-et-Garonne. « On réfléchit d’abord pour le canton. Il n’y a pas d’engagements pour le département dans sa globalité. Parmi les projets qui nous tiennent à cœur on peut citer l’achèvement de la voie verte entre le lac de Bajamont et le futur éco-quartier d’Agen avec un parking-relais vélo pour que les Foulayronnais en profitent aussi. » La création d’une maison pour personnes handicapées, l’accélération de la transition écologique, le désenclavement et la modernisation routière, le renforcement de la cohésion sociale et le soutien aux agriculteurs comme aux associations complète le menu, avec à chaque fois une préoccupation 100% locale.

« Je regrette qu’il n’y ait pas plus de quatuors comme le nôtre pour défendre les intérêts de chaque canton. Certains n’étaient pas loin de franchir le pas. L’avantage, c’est qu’en tant que groupe indépendant, on a droit à la parole... », avance Christian Delbrel pour convaincre d’autres de l’imiter à l’avenir. En attendant, il y a un scrutin à remporter à la fin du mois. Et dans ce contexte « inédit et exceptionnel », il faudra faire face à un ennemi redoutable : l’abstention...


Des remplaçants « actifs »

Pour les épauler dans leur tâche, Christian Delbrel et Clarisse Maillard peuvent compter sur leur binôme de remplaçants, composé de Patrick Buisson et Anne-Marie Saucaz-Laramé. Cette dernière occupait déjà cette fonction lors du précédent mandat. « Elle a notamment beaucoup oeuvré pour permettre à la maison de santé de Donnefort de sortir de terre », insiste Christian Delbrel. Nouveau venu dans l’équipe, Patrick Buisson, maire de Bajamont, n’entend pas non plus rester les bras croisés. « Je veux vraiment être un remplaçant actif avec une action sur le dérèglement climatique et l’aide aux personnes les plus vulnérables, les deux thématiques qui m’ont fait entrer en politique », affirme-t-il.


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