Déjà «Reid» dingue d’eux

En recrutant 4 joueurs de très haut niveau, le SUA LG espère franchir un cap. Présentation des 4 fantastiques, Camille Gérondeau, Jean-Marcellin Buttin, Noel Reid et Gabriel Ibitoye

De nos journlistes : Dimitri Laleuf et Charlotte Charlier



Noel Reid : L’expérience irlandaise à l’ouverture

C’est l’une des signatures phares dans le recrutement agenais cette année. L’Irlandais Noel Reid vient renforcer l’effectif pour les deux prochaines saisons. Au poste de demi d’ouverture, il viendra épauler son coéquipier Raphaël Lagarde. Formé à Leinster, il a passé pas moins de huit saisons dans le club de cette province irlandaise. Une carrière couronnée de quatre victoires dans le championnat national auxquelles s’ajoute une sélection avec le XV du trèfle en 2014 face à l’Argentine. Mais l’année dernière, Noel décide de partir pour de nouveaux horizons… en Angleterre, avec l’équipe des Leicester Tigers qui oeuvre en Premiership. En quête perpétuelle de nouveaux challenges, c’est finalement à Agen qu’il a posé ses valises en juillet dernier. « J’ai eu l’opportunité de bouger après cette année en Angleterre. Quand j’ai su que le SUA était intéressé par mon profil, j’ai effectué des recherches afin de me renseigner sur le club. Après plusieurs discussions avec le coach Christophe Laussucq, et plusieurs personnes de mon entourage, j’ai pris la décision de signer ici. C’est un beau challenge dans ma carrière », raconte-t-il. Après avoir joué le championnat irlandais et anglais, le demi d’ouverture vient tenter sa chance en Top 14, un objectif pour lui. « Le niveau est relevé en France, il y a de très grosses équipes comme c’est le cas en Premiership. »


La météo peut jouer en sa faveur

La première chose qu’il a constaté à son arrivée sur le territoire, c’est la météo qui est bien plus clémente qu’en Irlande, son pays d’origine. Un facteur important et qui peut jouer sur la forme des athlètes. « Je n’avais jamais joué sous de si grosses chaleurs, confie-t-il. Les entraînements sont plus difficiles ici, je vais donc pouvoir repousser un peu plus mes limites. » Celui qui a connu comme coéquipier au même poste un certain Johnny Sexton à Leinster, espère assurément connaître d’aussi beaux succès que son homologue. « Bien sûr que je serai heureux d’avoir une si belle carrière que la sienne, c’est un excellent joueur et qui s’inscrit dans la durée, ce que j’espère réussir à faire ! », lance-t-il. Se révèlera-t-il dans le Top 14 ? En tout cas, Noel considère son rugby plus proche de celui des Français que des Irlandais. « Je m’inscris davantage dans un jeu vraiment collectif, et c’est ce qui domine ici. J’aime passer la balle à mes coéquipiers et voir se concrétiser des actions de groupe. » Ravi de ses premiers pas au sein de l’effectif agenais qui l’a très bien accueilli, Noel a d’ores et déjà commencé des cours de français afin de s’assurer une bonne intégration. Avec une mi-temps jouée en match amical contre Castres, il s’est senti très en forme malgré six mois sans rencontres, de bon augure pour la reprise de la saison. « J’ai hâte d’enfiler le maillot et de pouvoir jouer mes premiers matchs de championnat. On va tout faire pour ramener la victoire des premières rencontres, pour se lancer comme il se doit ! » L’international irlandais ne manque pas d’ambition avec le Sporting Union Agenais.



Camille Gérondeau, le couteau-suisse

Facilement reconnaissable à sa longue toison bouclée, Camille Gérondeau se distingue aussi dans le groupe agenais par son palmarès. Champion de France et finaliste de la Champions Cup, ils sont beaucoup à en rêver. Et c’est notamment cette expérience que Jean-François Fonteneau et Christophe Laussucq sont venus chercher. A 32 ans, ce polyvalent troisième ligne a encore beaucoup à offrir sur le terrain. A la fois puissant et mobile, Camille Gérondeau peut se targuer d’être gros gratteur, bon en touche et solide plaqueur. Il est aussi à l’aise en attaque avec une belle faculté à passer après contact. En bref, un joueur complet qui devrait s’avérer très précieux pour le Sporting. Contrairement à certains de ses collègues « nouveaux arrivants », il ne vient pas à Agen pour se relancer. L’an passé, à Castres, il bénéficiait encore d’un très bon temps de jeu sous les ordres de Mauricio Reggiardo. « Au départ, j’envisageais un départ à l’étranger car j’en ai toujours rêvé. Mais avec le Covid, c’est tombé à l’eau. Je me suis ainsi rabattu sur le championnat de France et j’ai eu plusieurs propositions. Y compris de clubs mieux classés que le SUA. Mais j’adhère au projet, au discours d’un entraîneur qui m’a plu. J’ai vu en Agen un club ambitieux, qui va dans la bonne direction avec en parallèle de très beaux projets. Même si on ne joue pas vraiment le même championnat que certains clubs que j’ai pu fréquenter, il y a des challenges très intéressants à relever ici », détaillle ce natif du bassin d’Arcachon, passé entre autres par le Racing et Clermont.


Jeune cadre de vestiaire

Camille Gérondeau a aussi été séduit par l’ADN agenais. « Depuis plusieurs saisons, le SUA a retrouvé cette très belle attaque qui le caractérisait. J’aime quand un club fait perdurer son identité. Et je ne vais pas le cacher, je suis friand de beau jeu. Ici, tout le monde participe. Tout le monde doit avoir des mains pour jouer les ballons et s’y filer en défense derrière. Il faut connaître tous les lancements par cœur, c’est très stimulant. »

La dynamique de ce jeune groupe n’est pas pour lui déplaire, même si cela lui confère un nouveau rôle. « Je commence à avoir pas mal de vécu et je vois que les jeunes sont en demande de conseils. Je dois trouver le bon équilibre et surtout ne pas trop en faire. En tout cas, je suis surpris de voir à quel point ils sont tous professionnels, compétiteurs et à l’écoute. Je ne l’étais pas autant lorsque j’ai démarré ma carrière. Même si cela annonce un rude combat pour gagner sa place, c’est très bien pour le club. » Habitué aux effectifs pléthoriques, Camille Gérondeau ne devrait pas avoir trop de difficultés à gérer cette concurrence.


Jean-Marcellin, le joli Buttin du SUA

En février dernier, Agen annonçait sa première grosse recrue pour la saison 2020/2021. A l’époque, le Top 14 suivait son cours normalement, on ne parlait pas encore de confinement… Avec tout ce qu’il s’est passé depuis, cela semble remonter à une éternité. Quoiqu’il en soit, l’officialisation de Jean-Marcellin Buttin comme suaviste jusqu’en 2023 a marqué le début d’un mercato plus ambitieux que jamais. Il faut dire que le CV du garçon avançait de sacrés arguments. Cet arrière fut un cadre des vestiaires clermontois, bordelais et lyonnais. Il affiche plus de 140 matchs dans l’élite, près d’une trentaine dans la grande coupe d’Europe, et même deux sélections internationales. Jean-Marcellin Buttin est un grand talent du rugby français et le voir poser ses valises en Lot-et-Garonne demeure un évènement. « La fin de parcours avec le LOU fut un peu frustrante. J’avais pris un peu de retard dans ma préparation et l’équipe a très bien tourné sans moi. Du coup, cela a été très difficile de regagner ma place. Au moment de discuter renouvellement, les dirigeants ne savaient pas s’ils allaient me proposer quelque chose. C’est là qu’Agen est arrivé avec un contrat sur trois ans. J’ai senti un vrai intérêt de leur part, beaucoup de volonté. Pour la confiance et le moral, c’est un critère qui compte beaucoup », raconte-t-il, heureux d’avoir saisi l’opportunité de retrouver du temps de jeu et des responsabilités sans pour autant mettre de côté les ambitions. « Entre le projet de stade, le discours affiché et les actes qui vont avec, notamment de la continuité dans l’effectif avec beaucoup de cadres conservés, le SUA m’a vraiment séduit. »


Agen, onze ans après

Cette arrivée est aussi un joli clin d’œil à l’histoire. En effet, lorsqu’il était minot, Jean-Marcellin n’était pas passé loin de porter la tunique bleue et blanche. « Après mon passage en sport-études à Dijon, j’ai visité deux centres de formation : Agen et Clermont. Pour des raisons pratiques, j’ai choisi l’Auvergne mais cela ne s’est pas joué à grand-chose. J’éprouve donc beaucoup de plaisir à rejoindre cette institution qui évoque quelque chose d’important dans mon parcours. »

Toutes les planètes semblent alignées pour lui permettre de s’épanouir au sein de cet effectif. Son puissant mètre quatre-vingt-dix pour 90kg se conjugue à une belle vitesse de pointe et surtout un état d’esprit joueur. Jean-Marcellin Buttin aime relancer depuis son camp, ce qui ne devrait pas déplaire aux supporters d’Armandie. « Le SUA conserve toujours de belles velléités offensives et je trouve que l’équipe a vraiment été interssante quand elle a commencé à jouer, à garder le ballon plutôt que d’être uniquement dans la gestion », glisse le probable numéro 15 titulaire, même si lui n’escompte pas arriver dans un fauteuil. « Même si je pense être relativement écouté par ce groupe assez jeune, je débarque ici comme n’importe quelle recrue, sur la pointe des pieds. Ma place, c’est sur le terrain d’entraînement et de match que je la gagnerai. »


Gabriel Ibitoye, a star will born

Rarement une recrue aura autant attisé la curiosité des supporters agenais. Dès les premières rumeurs évoquant son nom jusqu’à l’officialisation de longues semaines plus tard, le peuple d’Armandie n’a cessé de réclamer Gabriel Ibitoye. Peu le connaissaient auparavant, mais dès l’instant où les dirigeants du SUA ont évoqué suivre cette piste, tous se sont rués sur Youtube afin de découvrir le phénomène. Ils n’ont pas été déçus. Le jeune Anglais, 22 ans à peine, a de l’or dans les mains et du feu dans les jambes. Rapide, vif et puissant à la fois, il peut casser n’importe quel rideau défensif. Et une fois lancé, bon courage pour l’arrêter… Bref, un facteur X comme Agen les aime. L’attente est si grande qu’elle nous ramène inévitablement à un certain Rupeni Caucaunibuca. « Quelle légende ! », répond Gabriel Ibitoye, parfaitement au fait des nombreux exploits de son illustre prédécesseur fidjien sous la tunique bleue et blanche, même si son idole à lui serait plutôt Sonny Bill Williams. Dans le jeu du All Black, il apprécie tout particulièrement « sa capacité à être une menace partout et tout le temps, son jeu avant et après contact ainsi que son côté imprévisible ». Marchera-t-il dans les pas de ces deux grands du jeu ? C’est tout ce qu’on peut lui souhaiter.


La tête sur les épaules

Son statut de grand espoir outre-Manche et toute l’attention autour de sa signature au Sporting auraient pu le rendre arrogant. Mais le garçon garde la tête sur les épaules, avec un discours très mature du haut de ses 22 printemps. Bien sûr, ses ambitions sont grandes : « Gagner la Coupe du Monde avec l’Angleterre ! » Il a cependant conscience des nombreuses étapes qu’il lui reste avant de devenir le joueur qu’il rêve d’être. « Je ne suis pas encore une star, j’ai encore énormément de travail à accomplir, confie humblement l’intéressé. Et je veux faire les choses dans l’ordre pour développer mon potentiel. » Ne comptez pas sur lui pour se la jouer perso. Gabriel Ibitoye ne se fixe aucun objectif chiffré car le plus important à ses yeux reste la performance de l’équipe. « Ce n’est pas un sport individuel. Je veux pouvoir contribuer mais cela ne passera pas uniquement par le nombre d’essais marqués ou ce genre de statistiques. L’important pour moi cette saison sera de m’adapter à ce nouveau championnat, très différent de l’Angleterre, de savoir être juste dans mon jeu et régulier. » En plus d’un très bon joueur de rugby, Christophe Laussucq pourra compter sur une tête bien faite. L’entraîneur du SUA s’est au passage avéré déterminant dans le recrutement de l’ailier, capable aussi d’évoluer au centre et à l’arrière. « J’ai échangé directement avec lui alors que j’étais encore aux Harlequins, raconte le Britannique. Je l’ai senti très enthousiaste à mon sujet et déterminé à m’accompagner dans ma progression. C’est cette rencontre avec l’homme qui m’a fait comprendre qu’Agen était le bon choix pour moi. » Un choix dont tout le monde se félicite et qui donne à cette saison 2020/2021 un petit supplément d’excitation !



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