Comment GL Events a survécu à la crise

L’entreprise casseneuilloise spécialisée dans les grands salons professionnels a subi de plein fouet les restrictions touchant le secteur évènementiel mais s’est organisée de manière à ne pas licencier.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le directeur Sébastien Gillet se réjouit d’avoir pu maintenir tous les effectifs à Casseneuil quand la maison-mère a perdu 700M€ de CA


On parle souvent des métiers de l’hôtellerie-restauration et de la culture en ces temps de restrictions mais ce serait un peu vite oublier l’évènementiel. Depuis le mois de mars 2020, la plupart des grands rassemblements ont été interdits ou annulés, faute de jauge suffisante. Pour l’entreprise casseneuilloise GL Events, gros organisateur de salons professionnels, l’année qui vient de s’écouler fut rude. Et l’incertitude continue de peser sur les mois à venir. On aurait pu craindre le pire pour les 75 salariés et la vingtaine d’intérimaires, d’autant plus que la maison-mère a perdu près de 700 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les dirigeants sont néanmoins parvenus à éviter tout licenciement. Une prouesse étant donné la situation. Mais cette boîte avait déjà prouvé sa capacité de résilience par le passé, en rencontrant quelques bas au milieu des hauts.

Tout a commencé en 1987 sous le nom de Jangil (le fondateur était Jean-Guy Gillet). La petite PME grandit, s’installe à Villeneuve en 1994 puis à Casseneuil dix ans plus tard. L’activité prospère, jusqu’à sa cession à un groupe britannique. Ce dernier décide de « rationaliser » les coûts et tranche dans les effectifs, passant de 35 à 14 personnes, pour gagner en rentabilité. Le purgatoire anglais a finalement pris fin en 2007 lorsque le petit empire lyonnais GL Events a racheté le tout. Depuis, la petite station lot-et-garonnaise a repris de l’air et le trombinoscope n’a cessé de s’étoffer... jusqu’à l’année dernière.


Réfléchir à

l’exercice de demain

« C’est une période compliquée, confie le directeur et fils du créateur, Sébastien Gillet. Compliquée car on pensait redémarrer "dans trois mois", puis encore "dans trois mois" et ainsi de suite. Ça ne s’est pas vraiment goupillé comme on avait prévu... » Pour survivre à cette crise majeure pour le secteur, GL Events optimise son recours au chômage partiel, avec une quarantaine de collaborateurs présents sur site quotidiennement. « Chez nous, le télétravail est difficile à mettre en place, principalement pour des questions de réseau », précise Sébastien Gillet. Les équipes ont aussi dû s’adapter pour proposer de nouveaux produits. « On s’est structuré en studio pour monter des webinaires. On a une culture d’entreprise assez jeune, avec des gens câblés sur les nouvelles méthodes et technologies. Les premiers mois sans bosser nous ont permis d’imaginer comment exercer notre métier demain. » GL Events s’est par exemple servi de son expertise pour mettre en relation des exposants avec leurs potentiels clients. A défaut de se voir « en vrai », ces rencontres virtuelles ont permis de limiter la casse.


Un engouement intact pour les

rassemblements

« Pour autant, aucun média digital ne remplacera le média salon », affirme Sébastien Gillet. Et c’est peut-être la meilleure nouvelle pour GL Events. Le besoin de se rassembler reprendra le dessus une fois la pandémie terminée. « On n’achète pas une machine-outil industrielle à 500 000 € par visio-conférence car il manque ce contact humain si important », poursuit le directeur casseneuillois. Les entreprises sont dans les starting-blocks pour retrouver leur place sur les grands rendez-vous comme Global Industrie et ses 45 000 visiteurs. GL Events mise aussi beaucoup sur ses évènements régionaux, à Rennes, Douai ou Chartres. « Si les plus gros salons d’envergure internationale risquent de souffrir encore un moment, les franco-français vont redémarrer plus vite. Contrairement aux foires grand-public, on a une traçabilité de toutes les personnes qui entrent et sortent sur nos salons. On peut ainsi garantir une certaine sécurité. Ce qui, on l’espère, va jouer en notre faveur dans les prochaines décisions gouvernementales », avance Sébastien Gillet. Adaptable et sûre de ses forces, cette petite PME du Grand Villeneuvois garde confiance. Et pour l’instant, ça lui sourit...

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