Cocon : des cosmétiques bioimaginés avec les jeunes

C’est en se penchant sur la composition des produits utilisés par les jeunes, que Samia El Kadi a eu l’idée de lancer une marque de cosmétiques bio, co-créés avec sa cible de prédilection. Le projet est déjà très bien accueilli par les locaux.

De notre journaliste : Charlotte Charlier


Samia El Kadi a créé sa marque de cosmétique bio, au départ pour proposer une routine saine aux jeunes qui ont du mal à se retrouver dans les produits actuels.


Une marque de cosmétiques bio, pensée pour et par les jeunes, le tout dans notre cher Lot-et-Garonne ? C’est le pari que s’est lancé Samia El Kadi il y a un an maintenant, dans un contexte pourtant pas si favorable à la création d’entreprise... surtout quand on se lance tête baissée dans une reconverstion professionnelle. Samia n’est pas du tout issue de la cosmétique, mais d’un milieu bien lointain, celui du bâtiment. « J’ai débuté en tant que vendeuse en immobilier puis j’ai rejoint mon mari Mohamed au sein de son entreprise Majorelle, spécialisée dans la peinture et les revêtements de sol depuis plus de dix ans, alors que j’étais enceinte de mon premier enfant », raconte l’intéressée. Sa vie a changé l’année dernière, lorsqu’elle s’est embarquée dans ce projet un peu fou, mais qui colle bel et bien à des besoins identifiés. « Tout a commencé lorsque ma fille de 11 ans m’a fait comprendre qu’elle souhaitait avoir ses propres produits de beauté. Elle allait rentrer au collège, et à cet âge-là, avec l’arrivée de la puberté, les premiers besoins apparaissent. Je l’ai donc accompagnée en séance de shopping et en me penchant sur les références qu’elle avait sélectionnées, j’ai découvert des compositions pas très clean avec beaucoup de dérivés pétrochimiques... Si sur cet aspect, je suis moins regardante pour moi, je l’avoue, c’est différent quand il s’agit de mes enfants ! » Samia sollicite donc sa sœur de 17 ans, Ines, et constate qu’elle utilise des produits issus de grandes enseignes, malgré une volonté de consommer de manière plus raisonnée. « Elle m’a fait part de son envie d’aller piocher dans le bio. Mais c’est un monde qui ne parle pas aux jeunes, avec des odeurs et des noms inconnus pour eux, d’où le fait qu’elle se tourne vers des marques aux discours plus attractifs pour son âge. » Ce qui va d’autant plus l’interpeller, c’est l’analyse de cosmétiques issus de la clean beauty*. Là aussi, elle note la présence de dérivés pétrochimiques. Le greenwashing est de retour !

Trois produits accompagnent le lancement de la marque : une mousse nettoyante, un sérum et une crème pour le visage, en plus de gummies.


Vers les 150 préventes

pour lancer la marque

La voilà partie dans cette volonté de créer sa marque, avec en lignes directrices la volonté de « développer des produits sains, naturels, biologiques, tout en respectant la peau et la nature ». Et pour coller aux plus près des besoins de sa cible, elle commence à travailler avec des lycéens, grâce à l’aide de son amie Sophie Pinsolles, professeur de marketing au lycée Georges-Leygues. « Nous étions en pleines restrictions dûes à la crise sanitaire. Ce n’était donc pas l’idéal pour favoriser l’interaction mais à notre plus grande surprise, tous ont participé et posaient beaucoup de questions. » Leur priorité : avoir une première routine beauté pour entretenir leur peau. Pour le côté technique, l’entrepreneuse est partie à la recherche de deux laboratoires compétents labellisés bio pour fabriquer ses quatre premiers produits : une mousse lavante, un sérum, une crème hydratante et des gummies, ces petits bonbons formulés à partir d’actifs reconnus pour aider à réduire les imperfections. Dans les compositions, on retrouve de l’hydrolat de romarin, de l’aubépine, du concombre, de la menthe poivrée, de la spiruline ou encore de l’aloé vera. Mais pas de panique, le tout a été pensé pour avoir des odeurs douces et agréables. Cerise sur le gâteau, l’ensemble est labellisé cruelty free, vegan et eco friendly. Suite aux premiers tests, les références semblent déjà adoptées. « Ma petite sœur, pourtant très exigeante, a rapidement intégré ces produits dans sa routine. J’ai reçu aussi plusieurs retours très positifs quant aux résultats après quelques semaines d’utilisation. » Mais tout n’est pas encore gagné. Une cagnotte a été mise en place sur la plateforme de financement participatif Ulule jusqu’au 11 novembre, afin de lancer les premières productions et tester les produits sur le marché. Avec plus de 100 préventes sur un objectif de 150, 70% du contrat est déjà rempli. Et grâce au site web, il sera bientôt possible de passer commande en ligne. « Le but sera aussi d’avoir du poids dans les points de vente où vont les jeunes, puis de cibler les parapharmacies et enfin les instituts de beauté. A plus long terme, je souhaite aussi faire connaître Cocon à l’international, où une offre de ce type est encore peu répandue. On sait faire beaucoup de choses chez nous. Si je peux fédérer et porter la voix du Lot-et-Garonne, je le ferai ! »


*concept apparu pour définir des produits ou marques « plus propres », aux compositions plus naturelles, responsables et surtout sans produits chimiques


Renseignements //

cocon-cosmétiques.com, Facebook et instagram : @coconcosmetiques.

Cagnotte Ulule jusqu’au 11 novembre : fr.ulule.com/

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