Cinq industriels prêts à relancer le fret fluvial sur le Canal

En présence du président de la Région Alain Rousset, l’alliance Compas 47 a dévoilé les contours de son projet pour développer un transport plus propre au fil de l’eau.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Les péniches ne seront bientôt plus seules sur le canal puisque les barges de fret seront de retour dès 2021 selon Compas 47.


Devant le trop-plein de camions sur les routes, un groupement d’entreprises lot-et-garonnaises a décidé d’impulser une solution alternative. Celle de relancer la véritable vocation du canal latéral à la Garonne, à savoir le transport de marchandises. L’alliance Compas 47 a ainsi vu le jour ce vendredi 15 janvier, en présence du président de la Région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset, partenaire institutionnel de cette opération.

Compas 47 regroupe cinq acteurs économiques locaux représentant trois filières différentes : le traitement des déchets (Soregom, Valoregen, Aliarec), le BTP (Tovo Sa) et l’agroalimentaire (MBSO- Manger Bio Sud-Ouest). Tous ont le point commun d’acheminer des produits et sous-produits vers le port autonome de Bordeaux. Plutôt que de recourir aux poids-lourds, ils souhaitent mettre tout ça sur des barges. « Les avantages du fret fluvial sont nombreux. Il réduit considérablement l’impact carbone (jusqu’à cinq fois moins de CO2 par tonne), l’accidentologie et l’engorgement des axes routiers dans les métropoles », explique Thierry Perez, le fondateur de Valoregen. Ses vertus se ressentiraient aussi sur l’infrastructure en elle-même. Selon les Voies navigables de France (VNF), un canal sous-utilisé s’envase. Les opérations courantes de dragage et d’entretien ne suffisent pas. Le tirant d’eau, initialement donné pour 1,80 mètres est descendu de 20 centimètres avec le temps... L’agitation de l’eau due au passage régulier des bateaux peut enrayer ce phénomène. « Il en va de la pérennité du canal », soutiennent les protagonistes de Compas 47.


Modèle innovant

Mais le défi s’annonce relevé. En effet, la configuration de cet axe ne permet de poser des containers classiques sur les barges. Il ne faut pas non plus attendre de gros travaux d’aménagement, tellement les coûts seraient pharaoniques. « Notre idée est donc de trouver des solutions viables économiquement en l’état actuel du canal. L’objectif est de parvenir à transporter 250 tonnes par voyage. Pour y parvenir, il faudra imaginer un design de barges avec des profilés de coque différents de ce qui se fait actuellement », détaille Thierry Perez. N’étant pas des transporteurs de métiers, le club des cinq entend mutualiser ses moyens pour mettre en place une organisation innovante sous forme de consortium, structurer des actions et repenser toute la ligne logistique à l’aide de ces nouvelles technologies conçues localement. Une fois le modèle adéquat trouvé, il sera plus aisé de trouver des bateliers pour exploiter la ligne.


Les institutionnels

en soutien

Une telle initiative implique de sacrés coûts de développement. C’est pourquoi Compas 47 s’est inscrit dans le projet « Green Port » du port de Bordeaux avec des fonds de l’Europe en ligne de mire. En attendant, les entreprises impliquées veulent rester dans l’action. « On ne va pas se contenter de powerpoint. On a vocation à être dans le concret pour montrer que ça marche. Avant d’avoir un outil totalement élaboré, on va démarrer avec des solutions temporaires, du matériel d’occasion reconditionné pour faire des essais. Il y aura des marchandises sur l’eau très rapidement ! », promet Thierry Perez. Le meilleur moyen de convaincre d’autres industriels de se lancer à leur tour dans l’aventure. Les collectivités, elles, sont déjà sur les rangs ! L’alliance est soutenue depuis le début par la démarche d’écologie industrielle territoriale (EIT) de la zone d’activité de la Confluence à Damazan. la communauté de communes du Confluent et des Coteaux et Prayssas, ValOrizon mais aussi l’Agglo d’Agen, Val de Garonne...





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