Ces Lot-et-Garonnais qui se cachent derrière les films de cinéma

Dans la droite ligne du Bureau d’accueil des tournages qui incite de nombreuses productions à venir travailler dans le département, de jeunes techniciens du cru facilitent grandement ces tournages.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Jaoued Chellah est régisseur général et repéreur de lieux de tournages. Il a déjà officié sur une vingtaine de films, comme ici pour le court-métrage Bahut.


Avec l’oreillette de son talkie vissée sur l’oreille, Jaoued répond toujours présent. Quand il y a un souci, c’est généralement lui qu’on appelle. En tant que régisseur général, il joue les intermédiaires entre la production et la réalité du terrain pour que le tournage corresponde au mieux aux exigences du scénario. Ce même Jaoued effectue aussi, en amont, les repérages de tous les décors en partenariat avec le Bureau d’accueil des tournages (BAT 47). Ces derniers jours, il était mobilisé sur le court-métrage Bahut, de Janloup Bernard. Pour développer l’intrigue dans laquelle un jeune homme de 15 ans intègre un prestigieux lycée militaire et s’apprête à participer au bizutage imposé par une caste d’élèves, le réalisateur et son équipe avaient besoin d’un établissement scolaire pour les scènes intérieures et d’une vieille forteresse en pleine campagne pour les extérieurs. Un cadre qu’ils ont pu trouver au cœur de l’agglomération villeneuvoise avec le lycée Leygues-Couffignal et le château de Lacenne à Sembas. Si dénicher l’écrin est une première étape essentielle, encore faut-il assurer la logistique derrière. « Il faut obtenir toutes les autorisations et négocier les contrats, faire en sorte que l’on puisse acheminer tout le matériel, avoir accès à l’eau et l’électricité. On doit aussi penser au logement et à la restauration, sachant que, comme pour tous les courts-métrages, les budgets sont très restreints. L’objectif, c’est toujours d’optimiser le temps et l’argent, en dépit des nombreux imprévus qui jalonnent le quotidien », explique le jeune homme de 36 ans. Lui qui avoue détester la routine est servi avec ces rebondissements incessants...


Impact réel sur le produit final

Parti au départ en fac de physique à Bordeaux, probablement pour devenir prof à défaut de viser l’ingénierie, Jaoued a finalement changé de voie grâce à l’un de ses amis d’enfance, réalisateur de documentaires. « C’est lui qui m’a donné envie. En 2012, je suis allé sur mon premier tournage, celui de Pop Redemption. Je voyais cet impressionnant dispositif, je ne savais pas trop qui faisait quoi mais j’étais émerveillé. Je me suis fait la main comme auxiliaire puis adjoint, j’ai appris les rouages de ce milieu pas comme les autres. Des gens ont commencé à solliciter mes services et j’ai compris qu’on pouvait en faire son métier », raconte-t-il. Depuis bientôt quatre ans, il enchaîne les boulots et compte une bonne vingtaine de films à son actif, dont le long-métrage L’Etabli, tourné à Agen cet hiver. Par ses nombreux efforts, le régisseur-repéreur peut se targuer d’avoir un impact réel sur le produit final.

Elément central du réservoir de talents cinématographiques lot-et-garonnais, Jaoued Chellah n’est pas le seul à mettre ses compétences au profit des réalisateurs. Rien que pour Bahut, quatre autres jeunes du cru ont participé à l’aventure : l’accessoiriste Wenaël Dard, la maquilleuse Eve Leroy, la coiffeuse Carole Delauries ou encore la cascadeuse Alix Soulié, sans oublier la douzaine de figurants très investis, tous dénichés par l’incontournable BAT 47. « Sans eux, leurs atouts et leur connaissance du terrain, ce film n’aurait certainement pas été le même. Ils nous ont sauvé la mise plus d’une fois », confesse Eliott Khayat, le producteur de Bahut. Un sacré compliment...



Une activité soutenue malgré la crise sanitaire //

« A l’exception du premier confinement où tout était à l’arrêt, ça a continué de tourner y compris ici en Lot-et-Garonne », souligne Sanne Brinkhoff assistante au sein du BAT 47. Rien qu’en 2021, en plus de Bahut, le département a servi de cadre pour un clip du groupe Odezenne, le court-métrage Son Altesse Protocole ou encore le long-métrage L’Etabli. Et ce malgré les difficultés au niveau national pour produire de nouvelles œuvres, à cause de l’embouteillage provoqué par la fermetures prolongées des salles obscures.

Très actif, le BAT 47 lancera également en septembre prochain une plateforme unique en son genre autour du court-métrage.

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