Center Parcs : ça prend forme !

Le groupe Pierre & Vacances a organisé une visite du Center Parcs lot-et-garonnais vendredi 15 octobre, ce qui a permis d’apprécier la spectaculaire avancée de ce chantier hors norme.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

La réalisation de ce gigantesque complexe est un travail d’équipe qui mobilise à la fois les dirigeants du groupe PVCP, mais aussi les élus locaux, les entreprises du BTP et les professionnels de l’emploi


A l’entrée du domaine des Landes de Gascogne, un panneau tient le compte à rebours : « Réception des travaux dans 28 semaines », peut-on y lire. Quelques centaines de mètres plus loin, le respect de la promesse revient aux équipes de chantier qui ne chôment pas ! Le complexe sort de terre chaque jour un peu plus. Après les cottages qui avaient été les premiers à émerger, le « Centre village », le dôme « Aqua Mundo », la ferme, la chaufferie, les toboggans et bien d’autres équipements sont en cours de finalisation. « A ce stade, on est bien dans les clous pour une ouverture en mai 2022 », confirme Bruno Guth, le directeur des opérations du groupe Pierre & Vacances – Center Parcs (PVCP). Pour entrer dans les détails techniques, « on est sur la fin des corps d’état architecturaux », complète Geoffrey Baudusseau, responsable du chantier sur le volet équipement. La phase d’essais techniques pourra démarrer à la fin du mois et s’étalera jusqu’à la fin de l’année. Les conséquences de la crise sanitaire sur les délais d’approvisionnement, le manque de main d’œuvre ou encore le coût des matières premières semblent avoir épargné le plus gros projet privé que le département ait connu ces dernières décennies.


401 cottages de 42 à 192 m2, dont 11 thématisés Ferme et 10 dits « Insolites ». Soit un total de 29 000 m2 d’habitation.

Les toboggans enfin posés soulignent bien l’avancée du chantier

Geoffrey Baudusseau, responsable de chantier sur la partie équipement, a levé le voile sur le dôme Aqua Mundo


Le recrutement démarre

A l’intérieur des bâtiments comme à l’extérieur, le rêve devient donc réalité. Avec une proportion de « 70 à 80% d’entreprises lot-et-garonnaises et régionales » actives à la construction selon les estimations du conseiller départemental Pierre Camani, le projet amène déjà son lot de retombées économiques positives. Mais ce n’est que le début. Car en coulisses, un autre dossier avance tout aussi bien : celui du recrutement. L’équipe d’encadrement du parc est presque finalisée. Et pour le reste des quelque 310 postes créés (voir encadré), les offres d’emploi viennent d’être publiées. Des réunions d’information collectives ainsi que des tests d’aptitude, dont certains par la méthode de recrutement en simulation, seront dispensés jusqu’à la mi-décembre. A partir de février et avant l’ouverture, les formations générales permettront aux embauchés de découvrir leur poste de travail.

12 000 m2 d’équipements de loisirs et de services dont - un Aqua Mundo (4200 m2) - un spa - un bowling - une salle de séminaire - une zone de jeux enfants couverte - une ferme et un poney-club

Des promesses concrètes

Et c’est peut-être là le plus gros obstacle auquel le groupe PVCP va se confronter. Car le gros des métiers concernés, notamment la restauration, n’est pas à la fête en ce moment. « Il faut reconnaître que ce sont des filières sous tension et malmenées ces dernières années, et la Covid a son rôle là-dedans, admet Bruno Guth. Mais dans les périodes compliquées il faut savoir trouver des opportunités. On avait d’ailleurs déjà commencé à réfléchir pour savoir comment on pouvait travailler différemment pour permettre à nos équipes d’avoir un équilibre entre vie privée et vie professionnelle. » Un discours que le directeur des opérations accompagne de promesses formelles et concrètes. Par exemple : la généralisation des « shifts » en continu. Plutôt que subir une journée coupée avec un service le midi puis un autre le soir et des temps de pause difficilement exploitables entre les deux, les salariés seront amenés à travailler d’un bloc, quitte à naviguer entre plusieurs postes. D’autre part, des roulements seront assurés pour que chacun puisse bénéficier régulièrement d’un vrai week-end de repos le samedi et le dimanche. Enfin, grande première, il sera possible de poser des congés en juillet-août, y compris pour les célibataires sans enfant. Autant d’arguments qui pourraient convaincre certaines personnes découragées par les contraintes « habituelles » des établissements à vocation touristique.


313 postes à pourvoir - Opérations (réception, séminaires, animations, cycles et spa) : 30 postes - Service sécurité, hygiène et environnement : 38 postes - Nettoyage : 110 postes - Maintenance (technique, espaces verts, ferme) : 18 postes - Restauration (cuisine, service en salle, équipiers polyvalents) : 110 postes - Administration (finances, RH, office) : 7 postes

La crise enfin derrière nous ?

Reste maintenant à savoir si un projet de cette nature reste pertinent. En effet, le groupe PVCP a accusé des pertes records lors du dernier exercice (environ 340 M€). Malgré cela, la direction se veut rassurante. « L’ensemble de la branche-hôtellerie et tourisme a fortement souffert de la Covid, au niveau mondial et pas seulement français. Ça a été très dur, on ne va pas se le cacher. Mais le point très encourageant en vue de l’ouverture de ce site, c’est que les indicateurs de l’été passé montrent le retour des touristes. Les signaux sont au vert. Les gens manifestent des envies de slow-tourisme et souhaitent trouver une destination de vacances à proximité de chez eux. Pour les vacances de la Toussaint, on affiche déjà complet partout », souligne Bruno Guth en éternel optimiste.


34 hectares de nature préservés en plein cœur du parc

Si les élus départementaux ont déroulé le tapis rouge à Pierre & Vacances pour la construction du complexe touristique, ils se sont toutefois montrés très regardants sur le volet écologique. C’est ainsi qu’à l’intérieur de l’enceinte de ce Center Parcs en construction, le CD47 s’est porté acquéreur d’un Espace naturel sensible (ENS) d’une surface de 34 hectares. En plus de sauvegarder des habitats naturels avec un périmètre sanctuarisé, l’objectif sera sa valorisation auprès du public grâce à un cheminement pédagogique. Les aménagements nécessaires s’étaleront sur six ans pour respecter la sensibilité de l’écosystème.