Ce que la crise a apporté dans les programmes villeneuvois

Conséquence de la pandémie, du confinement et des secousses économiques, trois des quatre candidats au deuxième tour ont apporté des nouveautés et repositionné leurs priorités. Tour d’horizon.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf


Fruit d’un travail de longue haleine, un programme électoral ne sort jamais du chapeau à la dernière minute. Il s’appuie sur des constats durables et sur des tendances de fond. Mais quand survient inopinément l’impensable, comme en mars dernier, comment réagissent les candidats ? Dans les villes où un second tour est nécessaire, ces derniers ne peuvent ignorer ce qu’il s’est passé. C’est le cas à Villeneuve-sur-Lot où les quatre concurrents en lice doivent désormais convaincre qu’ils peuvent répondre aux conséquences de la crise passée mais aussi anticiper celles qui pourraient suivre. En questionnant Etienne Bousquet-Cassagne, Thomas Bouyssonnie, Patrick Cassany et Guillaume Lepers, une constante apparaît. Tous affirment disposer d’un programme adapté à la situation. Aucun bouleversement majeur donc dans les professions de foi pour ce second tour. L’architecture, la philosophie ou les grands lignes, selon les termes de chacun, sont conservées.

Cependant, à l’exception d’Etienne Bousquet-Cassagne, quelques nouvelles mesures et priorités se dessinent ici et là.


Thomas Bouyssonnie

Pour le jeune avocat, arrivé en seconde position au premier tour, les problématiques de santé et d’alimentation sont prioritaires. Il juge ainsi que ses propositions de salarier des médecins et de densifier la médecine de ville sont « encore plus pertinentes maintenant ». Idem pour son projet de plan alimentaire territorial pour tendre vers le 100% bio et local ainsi que la régie agricole municipale. Des projets de fond qui doivent se lancer au plus vite.

En revanche, face à la crise économique qui se profile, il estime indispensable de réanimer au plus vite le centre-ville. Il suggère ainsi la création d’un grand événement culturel et populaire tout au long de l’été avec une animation gratuite quotidienne pendant 50 jours en priorisant les artistes locaux. Le but : assurer du flux dans la bastide. Une mesure complétée par une végétalisation immédiate du parvis Sainte-Catherine en vue de la canicule. Il compte aussi créer une cellule d’aide pour les entreprises, surtout les TPE et les indépendants, afin de les accompagner dans cette période qui s’annonce difficile.

Autre mesure d’urgence à destination des familles les plus modestes, toujours pour cet été : la création d’une navette gratuite vers le site de Rogé où seraient organisées des animations.


Guillaume Lepers

Pour le leader et désormais grand favori, la thématique du développement économique déjà prépondérante prend encore une nouvelle dimension. En plus d’accompagner les nouveaux acteurs qui s’implantent, Guillaume Lepers prévoit en outre un volet pérennisation pour toutes les entreprises avec une cellule spécifique. Il affiche aussi une volonté de relocaliser la commande publique.

Autre priorité, déjà évoquée dans le programme initial, mais replacée tout en haut de la liste : la création d’une appli mobile mettant les habitants en lien avec la municipalité, ses commerces et son tissu associatif. Un dispositif dont le chef de fil de la droite aurait aimé disposer pendant le confinement.

Enfin, il insiste sur la création rapide d’une réserve citoyenne pour permettre à ceux qui souhaitent se mettre au service des autres d’être mobilisés et coordonnés efficacement.


Patrick Cassany

L’élu socialiste a fait émerger pendant cet entre-deux-tours une proposition phare : la cantine à 1€ pour tous. De quoi répondre à la fois aux enjeux alimentaires et améliorer le pouvoir d’achat. Aujourd’hui, les tarifs s’échelonnent entre 1,10€ et 4,50€ selon le quotient familial, sachant que la plupart des foyers se situent quelque part entre les deux. Là, ce sera fixe et dans les 16 écoles de la ville, pas seulement celles des quartiers prioritaires.

Autre changement de posture : la décision rapide de salarier des médecins. Patrick Cassany attendait de voir l’application du dispositif Buzyn (médecins hospitaliers détachés partiellement en ville) avant de prendre définitivement position. Il accélère ainsi sur ce sujet avec une ambition plus ferme.





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