Cas de variant indien en Lot-et-Garonne : le point sur la situation

Un couple testé à Villeneuve-sur-Lot a été confirmé comme porteur du variant indien, en plus d'un autre cas à Bordeaux. L'ARS Nouvelle-Aquitaine assure que la situation est sous contrôle.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

« On considère aujourd'hui qu'on est dans une situation plus que maîtrisée. Il y a peu d'inquiétudes. » Même si cette crise a prouvé que la réalité d'un jour n'était pas forcément celle du lendemain, Benoit Elleborde, le directeur général de l'ARS Nouvelle-Aquitaine, s'est voulu particulièrement rassurant lors de la conférence de presse qui s'est tenue ce vendredi matin 30 avril. La détection du variant indien sur le territoire, révélée hier, suscite une grande inquiétude, au vu de la flambée des cas (et des morts) en Inde justement.

Pour l'heure, trois cas sont confirmés en France : deux en Lot-et-Garonne (un couple), un autre à Bordeaux. Il s'agit de personnes jeunes, des trentenaires, présentant peu ou pas de symptômes.


Cas en Lot-et-Garonne :

Souhaitant voyager à l'étranger, une femme est venue se faire dépister au laboratoire de Villeneuve-sur-Lot. Elle a été détectée positive le 9 avril dernier et mise à l'isolement. Le criblage, systématiquement réalisé, a révélé une anomalie et donné lieu à séquençage partiel par le CHU de Toulouse. Cette opération a confirmé qu'il s'agissait d'un cas de variant indien. Son mari a lui aussi été atteint par ce variant.

« Après une enquête minutieuse, nous avons pu retrouver la trace d'un voyage en Inde à la fin du mois de mars dont nous n'avions pas connaissance avant les résultats du séquençage », indique Benoit Elleborde. D'après les informations transmises par l'ARS, le couple n'est pas de nationalité française (ou possède au moins une autre nationalité). Deux autres personnes, dont un enfant pas encore en âge d'aller à l'école, sont considérées comme cas contacts identifiés à risque, c'est-à-dire suite à des interactions sans masque et sans respect des gestes barrières.


Cas en Gironde :

Un Bordelais travaillant pour une entreprise d'envergure internationale est rentré d'un voyage d'affaire en Inde le 18 avril dernier. Suite à des symptômes légers, il a été testé positif le 25 avril. Si le criblage était « caractéristique du variant indien », le séquençage partiel a montré quelques « atypies » : « Il présente des éléments concordants avec ce variant et d'autres discordants », précise le professeur Patrick Dehail, conseiller scientifique de Benoit Elleborde. Un séquençage complet du génome a été demandé à l'Institut Pasteur de Lyon.

Dans son entourage, on relève 10 cas contacts, dont 4 sont positifs et en cours d'analyse pour savoir s'il s'agit aussi du variant indien.

Là encore, les mesures de contact-tracing et d'isolement ont été pratiquées.


L'analyse de l'ARS :

Le directeur de l'ARS Nouvelle-Aquitaine vante les mérites du dispositif mis en place avec d'un côté la détection rapide suite à un retour de voyage à l'étranger (cas bordelais) et de l'autre une détection suite à un test de routine, sans connaissance d'un séjour plus ancien dans un pays à risque (cas lot-et-garonnais). Cela laisse penser aux autorités sanitaires que ce variant indien, s'il circulait dans la région, ne passerait pas sous les radars.

Benoit Elleborde fait aussi l'analogie avec les autres variants : « Nous avons également eu des cas de variants brésiliens et sud-africains sur le territoire, ils ont vite été circonscrits. Il n'y a donc pas d'alerte à ce jour pour le variant indien. »

Autre élément destiné à rassurer, selon Patrick Dehail : « Les virologues suivent de près ce variant et il n'y a, à ce jour, pas de données probantes pour dire s'il est résistant à la vaccination ou plus contagieux. » Le professeur insiste également sur le fait que le variant indien n'est pas dominant en Inde (comme en France, le variant majoritaire est le britannique) et qu'il n'est donc pas forcément corrélé à la flambée des cas sur place.

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