Camélat : du rêve à la réalité

Le Premier ministre a écrit à Jean Dionis du Séjour pour lui confirmer un engagement financier de l’Etat sur Camélat. Une course contre la montre débute maintenant pour le livrer au plus vite.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le président de l’Agglo d’Agen Jean Dionis du Séjour (de face) se réjouit de voir que l’Etat s’est enfin engagé par écrit.


Au milieu des indésirables de la boîte aux lettres, certains courriers font plaisir à découvrir. Celui envoyé par Jean Castex a particulièrement réjoui Jean Dionis du Séjour. Le président de l’Agglo d’Agen n’a d’ailleurs pas tardé à inviter la presse pour en faire une lecture. Lors de l’entretien qui s’est déroulé à Matignon le mardi 19 janvier (et dont nous avions fait écho dans nos colonnes), le Premier ministre a entendu les demandes de l’élu local concernant le pont et le barreau de Camélat. Il a décidé d’y répondre favorablement : « J’ai été très sensible à votre préoccupation concernant le financement de la phase travaux de cette opération. […] J’ai le plaisir de vous confirmer que l’Etat est prêt à s’engager dès à présent à participer financièrement à hauteur de 18 millions d’euros sur les enveloppes du CPER 2015-2020. »


18M€ c’est le soutien de l’Etat promis par Jean Castex pour le chantier du pont et du barreau de Camélat après les 2 M€ déjà fournis pour les études et acquisitions foncières. Le montant des travaux s’élève au total à 54 M€.

C’est tout simplement la première fois que l’Etat affirme son soutien par écrit. « C’est un moment important dans l’histoire de ce projet, il devient irréversible », confirme Jean Dionis. Ce dernier tient à souligner « le caractère tout à fait exceptionnel » de cet appui. Jusqu’à présent, l’administration centrale a toujours privilégié les interventions sur son réseau des routes nationales, auquel n’appartient pas (encore) Camélat. Le travail de lobbying pour démontrer « l’utilité générale » de cette nouvelle infrastructure pour le bassin de vie a fini par payer....

Voici à quoi pourrait potentiellement ressembler le futur ouvrage. Ce troisième franchissement agenais de la Garonne est très attendu.


9 M€ à trouver

Si les responsables politiques agenais disent « merci » pour le chèque, une question reste en suspens. En effet, Jean Dionis avait demandé 27 MÄ à l’Etat, soit la moitié du coût des travaux de l’ouvrage, l’autre moitié étant couverte par le Département à hauteur de 13,5 MÄ et l’Agglo. Jean Castex a cependant choisi suivre la ventilation de la phase études et acquisitions foncières (6 MÄ divisés en trois tiers égaux). Il manque ainsi 9 MÄ pour que le compte soit bon. C’est notamment du côté de la Région que les regards se portent maintenant. Jusqu’ici, les négociations se sont avérées infructueuses avec Alain Rousset, préférant le réseau ferré. Mais Jean Dionis ne désespère pas. « Je suis euphorique en ce moment et très optimiste sur la dynamique des financements. » Il aura aussi quelques arguments à opposer en cas de résistance : « On s’expliquera sur le fond. La Région n’a pas dit non à Angoulême ou encore Limoges pour la N141 et la N147. Avec le Département, nous avons aussi mis près de 40 MÄ sur la table pour la LGV Tours-Bordeaux loin de notre territoire. Donc ça commence à bien faire. » L’optimisme n’exclut pas la fermeté.


La vision "Agen rive gauche"

« Il faut voir cette réalisation dans une perspective plus large. L’Agglo déroule là un plan de développement stratégique. Depuis 2008, nous œuvrons sur la TAG afin d’avoir un réservoir d’emplois là-bas. L’objectif à terme est d’y regrouper 4000 salariés. On pose les briques une à une. Au second semestre 2022, peut-être même avant, il y aura la deuxième sortie autoroutière. Et enfin Camélat. Mis bout-à-bout, tout ça fait Agen rive gauche », dessine Jean Dionis. En attendant la LGV... L’attractivité du territoire connaît un coup d’accélérateur.


"On fonce"

La lettre du Premier ministre et les conditions posées mettent maintenant une certaine pression sur l’Agglo d’Agen. « En termes opérationnels, ça veut dire "on fonce" sur la conduite de ce projet », traduit le président. En parallèle de la recherche de partenaires financiers, les prochaines étapes sont la sélection du maître d’œuvre, le bouclage du dossier environnemental. L’enquête publique est attendue pour la fin d’année. Le début des travaux est prévu pour mi-2022 en vue d’une ouverture à la circulation avant la fin d’année 2023. « On sait maintenant que Camélat se fera vite ! »


Compétition avec la RN21

Parmi les points notables : l’intégration des crédits dans le CPER 2015-2020. Cette contractualisation (théoriquement achevée mais en réalité à peine commencée) voit ainsi Camélat cohabiter avec un autre dossier lot-et-garonnais : les travaux de la section La Croix Blanche - Monbalen sur la RN21. Là-dessus, Jean Castex s’est montré assez clair : le projet le plus mûr obtiendra les fonds sur la période 2021-2022 et l’autre sur la période 2023-2027. On entre donc dans une petite compétition entre ces deux chantiers. « Une concurrence saine », selon Henri Tandonnet. Le premier vice-président de l’Agglo d’Agen pense que l’émulation fera tout avancer plus vite. Ils ne diront pas le contraire mais les élus agenais se voient déjà rafler la mise grâce au travail préparatoire déjà bien avancé. La maîtrise d’ouvrage locale est une chance sur ce plan-là.

« Il faut également souligner que La Croix Blanche – Monbalen n’est pas un maillon manquant contrairement à Camélat. On soutient fermement cet aménagement, y compris financièrement, il sera plus sûr, plus rapide, mieux connecté. Mais on ne fait que rectifier un tracé déjà fonctionnel », estime Jean Dionis. Comprenez ici que la création de ce troisième franchissement de la Garonne et cette jonction avec l’A62 offrira plus d’opportunités, y compris aux habitants et entreprises du Villeneuvois et du Fumélois.



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