CAGV : Exit la déchetterie, place à un « centre de revalorisation »

Face aux enjeux de demain et aux besoins d’agrandissement de la déchetterie du Rooy, l’Agglo prévoit la création d’un tout nouvel équipement favorisant le développement durable et l’économie circulaire.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

La déchetterie du Rooy, aujourd’hui trop petite, va être remplacée par un centre de valorisation non loin de là. Cet emplacement convoité ne devrait avoir de difficulté à trouver un preneur dans l’industrie.


"C’est un conseil que j’attendais avec beaucoup d’impatience… » Pour Guillaume Lepers, la réunion des élus communautaires de la CAGV ce jeudi 4 mars n’était pas un moment tout à fait comme les autres. Depuis son accession à la présidence de l’Agglo villeneuvoise en juillet dernier, plusieurs conseils ont déjà eu lieu. Mais les délibérations n’avaient jusque-là rien de très passionnant. « Après sept mois de mise en place et de travail de l’ombre, on dévoile enfin quelques-uns des grands projets de ce mandat », se réjouit l’intéressé.

Et cela commence par la création d’un centre de valorisation des déchets. Réduire l’enfouissement dans les années à venir est un enjeu majeur des politiques publiques. Le Grand Villeneuvois assurera bien évidemment sa part de l’effort, avec notamment la mise en place de la redevance incitative d’ici 2024. En parallèle, le nouveau président compte créer un tout nouvel équipement, en remplacement de l’actuelle déchetterie de la zone du Rooy. Avec près de 100 000 passages par an, celle-ci s’avère désormais trop petite pour couvrir les besoins du territoire. Et l’agrandir n’est tout simplement pas possible. « Nous avions donc deux options : construire une nouvelle déchetterie sur un modèle identique ou aller plus loin avec un projet du futur où il serait question de développement durable et d’économie circulaire. Comme je ne veux pas faire de la politique à la petite semaine, je n’ai pas peur de voir grand. C’est un pari sur l’avenir. L’objectif est de réduire de 50% les déchets enfouis », annonce Guillaume Lepers.


Soutien

à l’insertion

Ce nouveau centre s’implanterait au lieu-dit Lasplantes, dans la zone de la Boulbène, avec près de 40 000 m2 disponibles (contre 12 000 pour l’actuelle déchetterie) et un grand entrepôt. En plus d’offrir un meilleur accueil aux usagers, ce nouvel outil permettra d’optimiser le recyclage, comme en témoigne la venue d’Envie Lot-et-Garonne, spécialiste des déchets d’équipements électriques et électroniques. Une « zone de gratuité » sera aussi dédiée au réemploi des objets déposés.

La visée est par ailleurs sociale avec un soutien à l’insertion grâce à un partenariat avec la Régie du Territoire.

Avec énormément d’optimisme tant la tâche semble ardue d’un point de vue règlementaire, Guillaume Lepers espère un démarrage des travaux début 2022 et une livraison de l’équipement un an plus tard. Ce joli bébé affiche un coût estimé de 3,5 M€ avec de nombreuses subventions (dont 2,2 M€ attendus via le Plan de relance). Le reste à charge pour la CAGV serait ainsi de 600 000€.


Orientations budgétaires :

sur la même ligne que la Ville

Si la CAGV ne se limite pas à Villeneuve, les deux ont tendance à s’aligner naturellement, à l’image du patron qu’elles partagent. Comme la commune récemment, l’intercommunalité a présenté ses orientations budgétaires 2021 (et la dynamique pour les six ans à venir). Les similitudes sont nombreuses : stabilité fiscale et niveau d’investissement « poussé à son maximum » avec une enveloppe de 44 M€ pour l’ensemble du mandat. « Il est important d’enclencher les projets maintenant afin de ne surtout pas rater le coche. Le plan de relance nous permet d’avoir dès maintenant des crédits qu’on n’aura peut-être pas plus tard », note Guillaume Lepers. Les priorités concerneront les zones d’activité (voirie, éclairage) et la collecte des déchets. A cela s’ajouteront les opérations « Cœur de ville » et « Petites villes de demain », l’amélioration de l’habitat, la création du campus connecté, l’acquisition de nouveaux terrains pour accueillir des entreprises, la reconduction du fonds FISAC… L’Agglo veut aussi provisionner un fonds de concours aux projets communaux à hauteur de 1 M€. Pour se donner les moyens de ses ambitions avec un maintien de l’épargne brute et des capacités d’autofinancement, la majorité promet une grande maîtrise des dépenses de fonctionnement (seulement +1% d’évolution prévue).

Les incertitudes demeurent toutefois importantes tant les recettes de cette collectivité dépendent de la conjoncture économique. Les élus misent pour le moment sur une réouverture de tous les services publics au début de l’été. Le retour vers un niveau d’activité d’avant-crise est envisagé pour 2024. Ces orientations budgétaires ont été votées à l’unanimité.

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