Baptiste Bohl, l’éducation (inter)nationale

Ils ont environ trente ans, ils ont grandi sur le territoire villeneuvois avant de prendre leur envol pour se créer une carrière à l’international. Cinquième volet de la saga.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Les temples d’Angkor font partie des plus belles merveilles construites par l’Homme. Une véritable carte postale dont Baptiste Bohl peut désormais profiter tous les jours. Installé au Cambodge depuis un peu plus de deux mois, il se délecte de la beauté de la région. Et quand il ne vadrouille pas, il enseigne à l’école française de Siem Reap. Avant cela, il exerçait au Sénégal. Un globetrotter de l’éducation qui s’est révélé sur le tard. « Je n’ai pas fait Erasmus pendant mes études et je n’avais pas non plus les sous pour voyager autant que je l’aurais voulu. J’ai longtemps été frustré de ne pas pouvoir vivre d’aventures dans d’autres cultures », explique le jeune homme. S’il a pu se rattraper depuis, c’est grâce à une carrière professionnelle qui a, elle aussi, mis un peu de temps à se dessiner.

Après son baccalauréat au lycée Georges Leygues, Baptiste est parti comme tant d’autres néo-étudiants à Toulouse. Dans la Ville rose, il s’est lancé dans une licence d’histoire puis dans un master de sciences politiques (avec un passage par Strasbourg). « Je ne savais pas trop ce que je voulais faire. J’avançais surtout en fonction des thématiques qui me plaisaient bien. » S’imaginant un temps dans le champ de la géopolitique, il s’est finalement réorienté pour s’épargner une longue et fastidieuse insertion dans le monde du travail. « Comme j’étais assez intrigué par l’enseignement, j’ai tenté le Capes d’histoire et je l’ai eu. Après un stage très agréable à Cahors, j’ai été muté comme tous les jeunes profs. Je me suis retrouvé dans l’Aisne, en Picardie. Pour moi, ce fut une année au bagne. J’ai tout fait pour redescendre dans le Sud et j’ai pu trouver un poste dans la périphérie toulousaine », raconte ce Pennois.

Et après avoir acquis suffisamment d’expérience, il a postulé pour un job à Dakar. Baptiste a ainsi atterri en septembre 2019 dans un énorme groupe scolaire de 5000 élèves et faisait cours à des classes de niveaux collège et lycée. « Le pays est vraiment super mais la capitale est un cas à part entière. Ça bouge énormément, c’est très pollué. Ce n’est pas forcément l’idéal pour y vivre au quotidien. »


Le temps de

ne rien faire

Cet été, il a du coup décidé de mettre les voiles pour une destination encore plus lointaine et exotique : le Cambodge. Une fois passée la difficulté d’entrer sur ce territoire qui a fait le choix de fermer ses frontières aux touristes (tests multiples, caution de 2000 dollars, parcage dans un hôtel le temps des résultats...), Baptiste s’est fait à son nouvel environnement. « Je me suis retrouvé dans un contexte complètement opposé au Sénégal. Une ville moyenne, sans touristes à cause du Covid, de la campagne tout autour et une petite structure d’une centaine d’élèves. » Un cadre de vie « tellement sympa » qu’il se voit bien y rester un bon moment ! Côté intégration, Baptiste joue pleinement le jeu. A Dakar, bien que la population soit en partie francophone, il a pris des cours de wolof et fait de même aujourd’hui dans la région d’Angkor en prenant des leçons de khmer. « Ce n’est pas une langue facile et on ne parle même pas de l’écrire. J’aime toutefois l’idée de pouvoir échanger quelques banalités et cordialités avec les locaux. » Sinon, il reste les formes de langage universelles, comme le sport. « Je fais un peu de foot et de volley avec des Cambodgiens et des expatriés d’origines diverses, confie-t-il. Même si on ne peut pas toujours se parler, on arrive assez bien à communiquer. » Des moments anodins mais qui donnent toute sa saveur à ce périple. « Quand on voyage, on veut voir un maximum de choses sur une période très courte. Quand on s’installe pour au moins un an, on a le temps de ne rien faire, de profiter calmement. »


Autre culture de l’enseignement

Ces pérégrinations autour du Globe lui ont aussi permis de découvrir une autre culture de l’enseignement. A Siem Reap, comme à Dakar auparavant, il évolue dans un établissement principalement destiné aux enfants de ménages aisés, soit des expatriés soit des familles privilégiant une éducation « à la française » en vue souvent de poursuivre les études supérieures dans l’Hexagone. « On a des classes réduites et des élèves qui ont une certaine pression de réussite. Donc je n’ai pas du tout à faire de discipline. On peut vraiment se concentrer sur le contenu et on a la possibilité de faire du suivi individualisé. En France, dans les classes à 30, avec parfois des profils un peu compliqués à gérer, les plus faibles subissent la loi de la sélection naturelle. Il n’y a pas vraiment d’égalité des chances ni de mixité. En ça, l’Education nationale ne répond pas toujours à nos attentes. Et puis la reconnaissance des profs n’est pas du tout la même. » Autant d’éléments qui n’incitent pas Baptiste à rentrer tout de suite pour continuer encore à profiter un peu des conditions optimales que lui offre le Cambodge.

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