« Baisser les taxes foncières, c’est entrer dans un cercle vertueux »

Jean Ferrando, président de l’UNPI 47 (Union des propriétaires immobiliers) se bat pour une baisse de la pression fiscale et explique ses raisons.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Quidam l’Hebdo : Vous défendez ardemment les propriétaires. Quel est leur profil sur notre territoire ?

Jean Ferrando : D’abord, il faut savoir qu’en Lot-et-Garonne, plus de 64% de la population est propriétaire de son logement. C’est une proportion importante mais le mécanisme est bien connu : plus un département est pauvre, plus il y a de propriétaires occupants. Quant aux bailleurs, on compte aussi beaucoup de locaux, qui ont dépensé pour la plupart une grosse partie de leurs économies pour s’offrir un peu de patrimoine. Il n’y a pas de gros investisseurs. C’est pour ça qu’il me tient d’autant plus à cœur de défendre leurs intérêts.


Quidam l’Hebdo : Quel est votre combat numéro un à l’heure actuelle ?

J. F. : Encore et toujours les charges. Elles sont écrasantes, en particulier pour les retraités. Et elles continuent de grimper. Je vais prendre l’exemple de la taxe foncière car ce qui se passe n’est pas normal. Au cours de la dernière décennie, l’inflation s’élève à 10%. La taxe foncière, elle, a augmenté de 30% au niveau national. En Lot-et-Garonne, c’est encore pire avec une hausse supérieure à 40%... Les salaires sont loin d’avoir suivi la même courbe.

Cela n’empêche pas certains responsables politiques d’en rajouter encore une couche, à l’image de l’Agglo d’Agen. Si les élus minimisent en parlant d’un point seulement, en réalité, c’est 7% de plus sur la facture pour les contribuables selon nos estimations. Sans compter les autres taxes : inondations, logements vacants, GEMAPI… Ce n’est plus tenable.


Quidam l’Hebdo : Les collectivités locales manquent de recettes, elles se rabattent donc sur le seul levier à disposition : l’impôt foncier. Y a-t-il un autre moyen de financer les projets ?

J. F. : En premier lieu, l’UNPI a déjà montré qu’il était possible de réduire la fiscalité, comme à Nice. D’autres peuvent donc y parvenir. C’est une question de choix. Je comprends qu’on ne fasse pas l’impasse sur les investissements pour lesquels les gens ont voté, mais côté gestion et frais de fonctionnement, il reste encore beaucoup d’efforts à faire.


Quidam l’Hebdo : Selon vous, outre un gain de pouvoir d’achat, quels seraient les avantages d’une baisse de la taxe foncière ?

J. F. : Ce qu’il faut comprendre, c’est que les propriétaires subissent un véritable effet de ciseaux à l’heure actuelle. Ils ont d’un côté une taxe foncière très lourde et de l’autre des coûts énergétiques très élevés. Comme le patrimoine en Lot-et-Garonne est assez ancien, il est difficile de se mettre au niveau des standards du neuf. Si on baisse la fiscalité, y compris les taxes sur l’électricité et le gaz, on donne plus de marge financière aux propriétaires pour rénover. Cela veut dire faire travailler les artisans locaux et donc relancer l’économie. C’est un cercle vertueux. Les locataires en seraient, en plus, les premiers bénéficiaires. Par ailleurs, la déflation des taxes que nous appelons de nos vœux serait un signal fort pour l’attractivité immobilière de notre territoire. La toute première question que pose un futur acquéreur immobilier est bien souvent : combien coûte la taxe foncière annuelle ?

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