Avec les rencontres filières, le secteur agricole vante la diversification des cultures

Les Rencontres Filières, organisées au CFA de Sainte-Livrade, étaient l’occasion pour les entreprises agricoles de promouvoir des filières à développer auprès des agriculteurs du département.

De notre journaliste : Jérémy Colin

Jean Colas (au centre), directeur des opérations chez Terres du Sud, présente les opportunités de filières aux porteurs de projet agricole


Le gratin du secteur agricole lot-et-garonnais était présent au CFA de Sainte-Livrade ce mardi 16 novembre dans le cadre des Rencontres Filières. A l’initiative de la Chambre d’Agriculture et de l’Association Installation-Transmission, les acteurs du secteur étaient venus présenter des filières en devenir aux étudiants, aux agriculteurs à la recherche de diversification, mais aussi aux porteurs de projet en quête de reconversion. « L’enjeu est de trouver des opportunités pour ces personnes, présente Mélanie Sire, chargée de mission pour la Chambre d’Agriculture. Nous les accompagnons ensuite pour concrétiser leur projet et faire qu’il soit viable et durable. » Une quinzaine d’entreprises sont venues des quatre coins du département pour présenter les opportunités à développer dans les différentes filières. De l’élevage au maraîchage en passant par l’arboriculture, il y en a pour tous les goûts. Et avec un fonctionnement gagnant-gagnant. D’un côté, les porteurs de projet peuvent se développer et se diversifier. De l’autre côté, les entreprises trouvent des producteurs dans le département, dans des filières qu’ils cherchent à développer. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les candidats ne manquent pas pour contribuer au rayonnement de l’agriculture, puisque 400 projets d’installation ont été déposés en 2021 auprès de la Chambre d’Agriculture.


Une mission menée par

l’association Installation-Transmission

Cette journée portée par l’Association Installation-Transmission était donc l’occasion de réunir tout cet eco-système. « Notre rôle est d’accompagner les porteurs de projet dans leur installation, explique Aurélie Mella, représentante de la Chambre au sein de la structure. Il y a toute une partie administrative, forcément, mais nous les suivons jusqu’à leur mise en place effective. » L’association s’appuie sur le soutien de ses membres (institutions, banques, assurances, fédération départementale, entreprises agricoles, etc.) pour un accompagnement de A à Z.

L’association est donc entrée dans le vif du sujet par le biais de ces Rencontres Filières, où tout ce beau monde s’est retrouvé sur les installations du CFA de Sainte-Livrade. Des stands étaient d’abord tenus au Foyer des Elèves par les entreprises du secteur agricole afin d’inciter les porteurs de projet à découvrir ces fameuses filières à développer. « Notre rôle est aussi d’aller chercher ces personnes là où elles sont, estime Jean Colas, directeur des opérations sur le stand du groupe Terres du Sud. Je fais le constat qu’ils ont peut-être du mal à s’ouvrir aux autres filières. » Pour tenter d’inverser la tendance, des ateliers tenus en salle de cours ont également été mis en place. L’occasion pour les entreprises de présenter dans le détail les filières qu’ils proposent. Les porteurs de projet ont ensuite tout le loisir de poser les questions concrètes et techniques. Preuve de l’engouement, l’affluence n’a pas faibli de toute la journée sur les quatorze ateliers qui étaient organisés. Le Lot-et-Garonne, territoire rural par excellence, offre toutes les opportunités pour que les agriculteurs en devenir, les confirmés et ceux en quête de reconversion, puissent s’épanouir et diversifier la richesse agricole du département.


TERRES DU SUD MET EN AVANT LA CHÂTAIGNE

Terres du Sud tenait un stand et deux ateliers au cours de ces Rencontres Filières. Si en 2019, le groupe avait fait le choix de promouvoir l’exploitation des pommes, c’était cette année au tour de la châtaigne d’être mise en avant. « Nous avons un projet d’entreprise qui s’appelle Développeurs de Terroirs, présente Jean Colas, directeur des opérations en charge notamment de la coordination des filières au sein du groupe. Notre objectif est de développer des filières compétitives, durables, responsables et pérennisées. » La culture de la châtaigne est donc un élément central de ce projet. « Nous avons tout réinventé sur cette filière ancienne et avec une production industrielle déficitaire en France. Nous avons donc besoin de la remonter à un certain niveau et cela passe par l’installation de nouveaux producteurs dans cette filière. Pour ce faire, l’un de nos objectifs est notamment de former et d’intégrer de jeunes exploitants », détaille Jean Colas. Les activités du groupe permettent aussi de s’intégrer sur d’autres créneaux comme la volaille ou le végétal, notamment. « Peu importe le type de culture, notre logique est d’aller le plus loin possible pour valoriser nos producteurs. Nous avons une méthode de pilotage par l’aval : nous structurons d’abord le marché puis nous développons. » Pour la châtaigne, c’est une étude du mode de consommation qui a permis de mettre en avant la nécessité d’en développer la culture. « Nous avons constaté que ce produit était très en vogue car beaucoup utilisé dans des produits sans gluten. Nous nous sommes donc penchés sur la question pour nous lancer dans la production de châtaignes », conclut le directeur des opérations de Terres du Sud.


400 porteurs de projet en 2021, un record !

Il semblerait qu’il n’y ait pas que du négatif dans la crise de la Covid-19. La Chambre d’Agriculture a en effet reçu en 2021 près de 400 projets d’installation. « C’est du jamais vu, commente Mélanie Sire. Nous avions l’habitude d’être autour de 300 projets depuis 10 ans mais cette année, nous avons eu 100 projets supplémentaires. » S’il y a, comme tous les ans, des projets d’agriculteurs en quête de diversification, la tendance de la reconversion, déjà très présente depuis de nombreuses années, s’est confirmée en 2021. « La reconversion concerne plus de la moitié des projets que nous avons reçu. Il s’agit bien souvent de personnes très diplômées et n’ayant aucun lien avec le milieu agricole. » Le retour à la terre semble être le terreau du projet de toute une vie pour ces personnes en quête de sens. « Notre rôle est de les accompagner au mieux pour ensuite transformer l’essai ». Du côté des filières, le maraîchage et l’arboriculture fruitière représentaient près de 40% des projets.


Les entreprises présentes aux Rencontres Filières //

- Association des Eleveurs de Porcs du 47

- Aviservice (palmipèdes et volailles)

- Biogaronne (fruits et légumes bio)

- BioPaysLandais (fruits et légumes bio)

- Coopérative des Agriculteurs Bio du Sud Ouest

- Cadralbret/Rougeline (fruits et légumes)

- CIVO (veau sous la mère)

- Conserverie Lachaud, GraSaSa (luzerne)

- Groupement des éleveurs girondins, Hopen (houblon)

- Nataïs (mais à popcorn)

- SCA Les 3 Domaines, Synppa (fruits et légumes)

- Tabac Garonne Adour

- Terres du Sud

- Unicoque (noisette et noix)