Avec des finances au beau fixe, Agen est résolument tournée vers l’avenir

Le débat d’orientations budgétaires de la Ville a permis de dessiner les contours du projet de mandat 2021-2026. L’investissement sera largement orienté environnement et culture.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Le premier conseil municipal de 2021 a permis de débattre sur le budget de la Ville, qui compte bien investir pour respecter ses engagements


"Ce mandat sera placé sous le signe de l’innovation et de la transmission », a assuré le maire Jean Dionis, en introduction du débat d’orientations budgétaires de la Ville d’Agen qui s’est tenu ce lundi 22 février. L’innovation était déjà perceptible lors de cette séance, à laquelle certains conseillers ont participé par visioconférence. Mais elle a également été prouvée lors des élections de quartiers qui se sont tenues début février… à distance, adaptation nécessaire au vu des conditions sanitaires. Si l’on pouvait craindre une moindre participation sans urnes, les résultats sont réjouissants pour le premier édile. « Nous aurions pu baisser les bras devant le défi démocratique, mais on ne l’a pas fait. Avec la mise en place du vote en ligne et par correspondance, nous sommes ravis de constater une participation de 22,2%. Quand on sait qu’un vote au suffrage universel a du mal à dépasser les 15%, c’est une très belle victoire. Nous avons relevé le défi de faire vivre la démocratie dans un contexte difficile », s’est-il réjouit. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, Jean Dionis est revenu sur la décision du gouvernement, qui s’est décidé à participer au projet de Camélat à hauteur de 18 millions d’euros (cf article dans notre édition du 18/02). « Après des années d’incompréhensions à ce sujet, cette décision a été reçue avec beaucoup d’émotions. Le projet n’est pas bouclé mais nous sommes certains que ça se fera vite désormais. » Ce dernier n’a d’ailleurs pas hésité à interpeller de nouveau la Région quant à la nécessité de sa participation. « Il ne reste qu’à la Nouvelle-Aquitaine de venir boucler ce tour de table. Ce serait une incompréhension qu’elle ne participe pas, puisque cela fait directement partie des compétences qui lui ont été attribuées par la loi NOTRe ». Affaire à suivre…


L’impact Covid-19 moins important que prévu

L’adjoint aux finances de la Ville, Mohamed Fellah, a ensuite lancé le débat en commençant par un état des lieux des finances locales. « Au niveau du fonctionnement, les communes ont subi un net recul des recettes en 2020 et d’après les prévisions, ces dernières devraient peiner à retrouver un dynamisme entre 2021 et 2023 », constate-t-il. Pendant ce temps, les dépenses augmentent légèrement, avec des taux stables autour de 1% pour les trois prochaines années. Malgré les incertitudes liées à une situation sanitaire délicate, on entend bien financer le nouveau programme de mandat. La bonne nouvelle concerne l’impact de la crise liée à la Covid-19 sur l’épargne brute de la Ville. Estimé à près d’1 million d’euros en juin dernier, il se situe finalement autour des 200 000 euros. La raison aux dépenses qui ont diminué de manière plus importante que prévu, avec notamment l’annulation de toutes les animations festives et culturelles pour l’année 2020, mais aussi à la chute des recettes atténuées par des aides exceptionnelles versées par l’Etat. « Des dépenses non réalisées en 2020 vont donc réapparaître aux budgets 2021 et suivants », assure Mohamed Fellah.


Le musée et le stade Armandie en projets phares

Enfin, pour ce qui est de l’investissement, le but est de porter un projet de mandat ambitieux tout en maîtrisant l’endettement. Et ce dernier est très clairement orienté en faveur de l’environnement et de la culture. Dans le détail, le montant net du projet de mandat s’élève à 56,7 millions d’euros, avec 18 millions prévus pour les nouvelles mobilités, 13,3 millions pour la transition écologique, 9,3 millions pour les aménagements urbains, 8 pour la culture et 6,7 pour les écoles, le sport, la jeunesse et les loisirs. Etonnement, le projet le plus coûteux sur ce mandat ne sera pas le stade Armandie (13,4M€), mais bien le musée d’Agen qui va bénéficier près de 17 millions d’euros pour sa refonte. « Selon les hypothèses, si l’on respecte le programme d’investissement sur les six années à venir, la Ville serait amenée à s’endetter d’un peu moins de 17 millions d’euros sur la période, ce qui porterait son encours de dette à 41 millions d’euros fin 2026. » Le tout avec une capacité d’endettement inférieure à six ans. « Les villes moyennes ont un réel coup à jouer dans les années à venir. Aujourd’hui, tous les ingrédients réunis pour permettre à Agen de devenir une véritable ville attractive dans la prochaine décennie, avec des finances saines et un beau programme », assure l’adjoint aux finances, confiant quant aux perspectives qui se dessinent.

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