Après le cancer, se reconstruire à travers un tatouage

Depuis plus de dix ans, Claude, tatoueur de la boutique Kohlo’ode, propose gratuitement des tatouages de reconstruction mammaire. L’objectif : aider à se reconstruire après la maladie.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Claude propose depuis plus de dix ans du tatouage de reconstruction mammaire dans son salon


Le mois d’octobre, on le sait, est marqué par la campagne d’Octobre Rose pour sensibiliser au dépistage du cancer du sein. Il y a évidemment les communes et associations qui s’impliquent et organisent des manifestations afin de promouvoir l’importance du dépistage. « Le cancer du sein se soigne de mieux en mieux quand il est dépisté à temps, mais on observe une baisse importante du pourcentage de participation au dépistage organisé. De 61,3% en 2015 on est passé à 56,2% en 2018 », constate amèrement Monique Dufaure, membre de l’association Action Cancer 47. Tout aussi important que la prévention, il y a l’après-cancer. On peut s’en réjouir, actuellement, plus de 87 % des patients sont en vie cinq ans après le diagnostic. Mais la fin du traitement médical est marqué par une longue période de remise sur pieds. C’est là qu’intervient le tatouage de reconstruction mammaire en trois dimensions. Cette technique permet de recréer en trompe-l’oeil des aréoles et mamelons réalistes. Claude, tatoueur de longue date installé à Agen dans son salon Kohlo’ode, propose cette prestation gratuitement toute l’année depuis plus de dix ans. « Un ami tatoueur qui est basé au Brésil le propose dans son salon. Il m’en a parlé et j’ai beaucoup échangé avec lui sur ce sujet pour proposer ce service, qui plus est gratuitement », explique-t-il. S’il a démarché des professionnels de santé et associations pour leur faire part de son travail, il a été déçu de constater un manque de communication auprès des patients concernés. Toutes sont venus de leur propre initiative.


L’importance des échanges avant la phase technique

Pour le tatoueur, il s’agit là d’une démarche bien différente de ce qu’il rencontre habituellement. « On intervient en tout dernier maillon de la chaîne, une fois que la cicatrisation est terminée. » Il y a un gros travail d’échange en amont de la phase de tatouage, et c’est ce qui prend le plus de temps, puisque les personnes concernées sont fragilisées par une période difficile de lutte contre la maladie. « Il faut avoir de la délicatesse pour aborder le sujet et cerner la demande. Pour celles qui ne sont pas adeptes des tatouages, il faut les rassurer quant au résultat qui sera le plus naturel possible et leur faire comprendre que ce n’est que du positif », raconte Claude. Certaines femmes passent le pas de la porte timidement, hésitent, puis reviennent, convaincues par leur discussion avec le gérant. Chaque situation est différente et demande une adaptation de discours de la part du tatoueur. Puis arrive la phase plus technique avec le placement pour assurer une certaine symétrie, le choix des couleurs pour que le résultat soit très naturel. Et le résultat est bluffant. Si la démarche peut paraître anodine, elle s’inscrit pourtant dans une phase déterminante de réappropriation de son corps après le cancer. Une manière aussi d’aider à tourner une page difficile....


Infos //

Cette année, Boé est marraine d’Octobre Rose. La marche de Passeligne étant interdite par la Préfecture en raison du contexte sanitaire, la commune organise une marche nocturne de 7km le 9 octobre à partir de 8h30 dont le départ est prévu sur le parvis de la mairie. Comptez 5€ pour l’inscription. Le même jour à 20h30, le Passage d’Agen organise un concert au centre culturel Pierre Lapoujade qui recevra The Mitchells, un groupe aux sonorités jazz.


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