Agenais // Kate Hill, une Américaine adoptéepar le Lot-et-Garonne

Arrivée il y a 30 ans dans le département, l’Américaine Kate Hill a rapidement pris ses marques. Sa passion : la cuisine... mais surtout locale. Entre ses cours de cuisines, ses livres et désormais sa maison d’hôtes, elle ne manque pas d’idées pour valoriser son territoire d’adoption.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Kate apprécie passer du temps dans sa cuisine à préparer des mets locaux


Au bord du canal de Garonne à Sainte-Colombe-en-Bruilhois, Kate Hill nous accueille dans le jardin de sa propriété accompagnée de son chien Chica. Si de plus en plus d’expatriés s’installent dans le département, elle y a posé ses valises il y a 30 ans. Et son histoire mérite d’être contée. « J’ai beaucoup voyagé étant plus jeune, mais sans jamais sortir des Etats-Unis. Pour mes 30 ans, je suis partie dans les Caraïbes et ça a été un déclic. J’ai eu envie de partir au-delà des frontières américaines », raconte-t-elle. Elle stoppe sa carrière dans le théâtre pour se lancer dans la cuisine. Ses premiers contrats sont décrochés en Italie grâce à un ami. Puis lors d’un voyage en Afrique, l’envie d’acheter un bateau pour naviguer de pays en pays trotte dans la tête de Kate et de son compagnon. Après avoir réuni assez d’économies, ils font l’acquisition en 1986 d’une péniche hollandaise de 25 mètres de long, nommée la « Julia Hoyt ». C’est le début d’un long voyage en Europe, jusqu’à leur arrivée en Lot-et-Garonne et un imprévu qui va être le début d’une nouvelle vie pour l’Américaine.


D’une péniche à une ferme

lot-et-garonnaise...il n’y a qu’un pas

A Lafox, la péniche tombe en panne. Obligée de rester trois semaines sur place, elle va au fil des jours découvrir la richesse des terres du département. « Entre les paysages, les marchés, et mes rencontres avec les habitants, je me suis rapidement sentie bien ici » assure l’Américaine. Et s’il y a une chose qui l’a fait fondre, c’est bien la gastronomie locale. De fil en aiguille, elle tombe sur cette ferme du 18ème siècle en ruine à Sainte-Colombe. Kate décide de l’acquérir en 1990. Il aura fallu trois bonnes années de travaux durant lesquelles elle vit dans sa péniche. Puis elle prend place dans son nouveau pied-à-terre pour démarrer une nouvelle aventure. Une localisation qui l’a séduite, à la campagne mais proche des commodités.


« Ce que j’aime ici, c’est l’histoire qu’il y a derrière chaque produit »

Au fil des années, elle va partir à la recherche des « recettes d’ici », et développer par la même occasion sa pratique du français. En 1995, Kate Hill sort son premier livre intitulé « A culinary Journey in Gascony » sur ses recettes du territoire apprises de ses rencontres. « On peut dire que ce sont mes premiers regards sur la cuisine gasconne. » Par la suite, elle commence à donner des cours de cuisine. Mais ce qu’elle apprécie le plus, c’est prendre le temps de cuisiner, pour profiter des odeurs, des saveurs... « Ce qui est important pour moi, c’est le choix des ingrédients. Et ce que j’aime ici, c’est l’histoire qu’il y a derrière un produit : une ferme, une exploitation ou un agriculteur. » Kate se considère comme une raconteuse d’histoires à travers ses plats. Désormais, elle a de nouveaux projets en tête. Depuis cette année, elle fait aussi maison d’hôtes, avec deux chambres proposées à la location courte ou longue durée, un accès libre au jardin et même au potager. Une version numérique de son livre est aussi prévue pour la rentrée, avec une centaine de recettes au programme. Une chose est sûre, Kate a trouvé sa place en territoire lot-et-garonnais.


Très présente sur les réseaux sociaux, Kate adore partager ses aventures quotidiennes avec sa communauté. Avec 13 000 abonnés sur Instagram, un site et un blog à tenir, elle ne compte pas s’arrêter là et aimerait se mettre aux vidéos et peut-être même créer un podcast, toujours en lien avec sa passion pour la cuisine.


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