Agen voit sa cote monter en flèche

C'est une année particulière qu'on vécue les agents immobiliers agenais, avec un marché qui s'est quelque peu enflammé, avec des biens qui partent en quelques semaines seulement. Le point avec les professionnels du secteur.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Une chose est sûre, la crise sanitaire a impacté de multiples secteurs. Certains ont eu du mal à s’en relever, d’autres ont vu leur activité s’accélérer en raison des besoins qui ont changé du tout au tout. C’est le cas de l’immobilier. A Agen, même constat pour l’ensemble des agences : agendas surchargés, nombre de sollicitations en nette hausse, il aura fallu pour les professionnels s’adapter très rapidement pour suivre la dynamique engagée. Outre les locaux qui se sont lancés dans des projets d’achat, les aménagements qui se poursuivent sur l’agglomération commencent à attirer les clients des métropoles voisines. Le rapport entre l’offre et la demande se creuse, et ça ne devrait pas s’améliorer dans les années à venir…


La demande explose sur Agen, victime de son succès...

« Les biens partent à une vitesse phénoménale », constate Clémentine Villepigue de Côté Particuliers. Et le discours est le même chez ses confrères du centre-ville. Depuis un an maintenant, le marché s’est tendu sur Agen et ses alentours. Les maisons de campagne avec un beau jardin, maisons de ville avec terrain piscinable, mais aussi les appartements avec extérieur et garage sont logiquement plus prisés. Les ventes se sont accélérées ces derniers mois, créant logiquement de la rareté… A tel point qu’aujourd’hui, il est difficile pour les agences de renflouer leur catalogue. « Nous avons actuellement peu d’offres, mais une demande qui ne cesse de croître. C’est frustrant parce que quelques années en arrière, la tendance était inverse, nous avions plus de mal à trouver des acheteurs ! », soutient Patrick Gentillet de l’agence Orpi (anciennement Agen Immobilier). Malgré tout, le nombre de biens vendus en exclusivité augmente. « C’est un peu le paradoxe, nous avons moins d’entrées mais plus d’exclu’. Les vendeurs comprennent l’intérêt d’avoir un même interlocuteur pour gérer la communication de leur bien », souligne Célia Etienne de La Clé.


...Les prix en hausse

Conséquence directe d’une demande qui augmente, les prix suivent la tendance et ont gonflé de manière générale ces derniers mois. Le panier moyen de 120 000€ pour une maison avec 3 chambres est de plus en plus difficile à satisfaire. « On le constate sur les estimations. Et l’autre phénomène nouveau, ce sont les négociations qui se font plus rares, les biens partent au prix », assure Clémentine de Côté Particuliers. Selon les statistiques nationales, un bien vendu en trois mois environ auparavant, l’est en deux ou trois semaines aujourd’hui. « On maîtrise moins le marché, ça nous oblige forcément à être plus réactifs, d’autant plus sur l’Agenais où ça va continuer d’exploser », assure Patrick Gentillet. Pour autant, les problématiques administratives viennent bousculer l’organisation des agences… « Les banques se sont durcies avec parfois une demande d’apport obligatoire, et les notaires sont débordés. Nos délais jusqu’à l’aboutissement d’un dossier se sont donc rallongés », ajoute Laëtitia Dalché de l’agence Souillé Frères.


Le marché du neuf

s’emballe

« On remarque que les maisons avec travaux sont plus boudées. Certains ont eu des déboires suite à des expériences passées et ont du mal à se relancer dans un projet de rénovation. D’autres ont des contraintes familiales et professionnelles, ils n’ont pas envie de se stresser avec de longs travaux. » Les maisons rénovées et neuves sont donc très demandées, avec l’avantage pour les acheteurs d’y poser directement leurs valises. La rive gauche tire donc son épingle du jeu avec beaucoup de terrains à la vente, grâce à une géographie bien plus favorable à la construction qu’en centre-ville. Une chose est sûre, dans les prochaines années, le marché de ce côté de la Garonne va connaître un fort engouement !


Les investisseurs ne viennent pas

que des grandes villes

Les immeubles sont aujourd’hui une denrée rare. « Quand nous en rentrons un, il est vendu dans les 48 heures. C’est arrivé à plusieurs reprises cette année », raconte Laëtitia Dalché. Avec ou sans travaux, un bâtiment au prix part en quelques jours seulement. Pour Célia Etienne de La Clé, « le nombre d’immeubles sur le marché reste assez similaire, mais la demande ayant explosé, ils se vendent très souvent sans même que nous ayons besoin de faire de la publicité dessus ». La bonne surprise, c’est que beaucoup d’Agenais font partie de cette clientèle d’investisseurs. « Nous avons beaucoup de Bordelais et Parisiens, qui ont un pouvoir d’achat bien plus important dans une ville de taille moyenne, mais aussi de vraies richesses locales qui croient en leur ville et privilégient l’investissement de proximité », explique le responsable d’Orpi Agen. Un engouement se ressent aussi du côté des jeunes, qui n’hésitent pas à investir leurs économies tête baissée, une évolution notable des derniers temps.

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