Agen adapte ses aménagements cyclables

Suite aux critiques, la municipalité agenaise a décidé de modifier certains de ses aménagements cyclables provisoires sur l’ancienne rocade. Mais ne renonce en aucun cas au projet de coulée verte.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Jean Dionis et son adjoint Nicolas Benatti poursuivent l’expérimentation avant de créer leur « coulée verte ».


Depuis le mois d’octobre 2020, les automobilistes de l’ancienne rocade agenaise doivent apprendre à partager leur terrain de jeu avec les cyclistes. Sur cet axe partant du rond-point Saint-Jacques et se terminant au M.I.N, deux des quatre voies de circulation sont devenues la propriété exclusive des vélos. La très voyante signalétique jaune et les plots en plastique sont là pour rappeler à tous la nouvelle règle en vigueur. Cet aménagement n’a pas manqué de faire couler de l’encre.

Quelques mois plus tard, les élus municipaux ont entendu les critiques et ont décidé de rectifier le tir sur certains points problématiques. Le plus gros souci pointé du doigt était la création d’embouteillages aux deux extrémités de l’artère. Pour y remédier, la municipalité a réduit l’espace cyclable aux abords du rond point Saint-Jacques et du M.I.N pour recréer deux files de voitures dans chaque sens.

Au milieu de la rocade, c’est un carrefour dit « à l’indonésienne » qui s’apprête à voir le jour. L’idée ici est de permettre à tous les usagers de la route de tourner plus facilement à gauche sans couper la route de ceux qui arrivent dans l’autre sens. Nicolas Benatti, l’adjoint au maire en charge des nouvelles mobilités, des aménagements urbains et de la voirie, annonce également plus de plots et une signalisation encore plus efficace.


Les pistes

font le trafic

Mais en dehors de ces ajustements, pas question de faire machine arrière. La phase d’expérimentation va se poursuivre jusqu’à la fin de l’année 2021, avant le lancement d’ici la fin du mandat du chantier définitif de coulée verte. « Comme il s’agit pour l’instant de mesures temporaires, on voit ce qui fonctionne et ce qui mérite d’être amélioré ou modifié », indique Nicolas Benatti. Des données relevées en décembre dernier ont permis d’observer les premiers bénéfices de la mesure : un doublement du trafic vélo conjugué à une baisse de 28% des véhicules motorisés et une diminution de 18% de la vitesse. Si les cyclistes se font encore très rare (une petite soixantaine chaque jour), les responsables politiques locaux restent persuadés d’aller dans le sens de l’histoire. « Au printemps je parie que cela aura encore doublé ou quadruplé, affirme le maire Jean Dionis du Séjour. Dans l’univers cycliste, le débat pour savoir si ce sont les pistes cyclables qui font le trafic a été tranché depuis longtemps. Il est clair que oui ! On ne verra jamais un collégien ni une famille sur cette route s’il n’y a pas une voie sécurisée pour les deux-roues. » Ce dernier se réjouit que les Agenais s’emparent du projet et le commentent, parfois négativement. « Ça nous fait bouger », dit-il. Mais le premier édile ne veut pas céder à ceux qu’il qualifie de « conservateurs les plus indécrottables » et aux « pro-vélos tièdes ». Encouragé par les atouts topographiques de la cité et l’engouement actuel pour les déplacements doux – en témoigne le succès des subventions d’Agglo pour l’achat d’un vélo électrique – Jean Dionis entend bien concrétiser l’engagement 65 de son programme de mandat. Celui-ci prévoit une ceinture douce tout autour du centre-ville.

A terme, une autre liaison devrait voir le jour, entre la place Armand-Fallières et le parc de Passeligne, le problème principal étant le franchissement des giratoires. Le premier édile envisage ainsi d’envoyer les vélos au-dessus de la voie sur berge pour passer ensuite sous le pont de pierre et longer enfin la Garonne jusqu’à Boé.

Un sacré programme en perspective, à plusieurs millions d’euros. Mais tout cela devrait être accompagné de subventions. Les aménagements provisoires sur la rocade (pour un montant de 200 000 euros) y sont aussi éligibles.

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