Agen // Le graffiti, cet art moderne qui se démocratise

Le collectif agenais la Streetarterie créé il y a cinq ans, regroupe des artistes graffeurs, photographes ou encore designers. Leur objectif : éloigner le street-art des idées reçues en travaillant notamment avec les collectivités.

De notre journaliste : Charlotte Charlier

Les artistes Ernest et Cubi, devant le transformateur rue Pierre-Paul de Riquet customisé par la Streetarterie


C’est en 2015 que naît l’association la Streetarterie. A la base du projet, il y a six artistes originaires du département, entre Agen et Villeneuve-sur-Lot. Avec l’envie de fédérer leurs compétences, ils décident de créer ce collectif pour leur permettre de multiplier les possibilités artistiques et de « montrer qu’il y a des talents dans le département » sourit Ernest, l’un des membres. Depuis, d’autres les ont rejoints. Chacun a sa spécialité. On y retrouve des graffeurs, illustrateurs, photographes, designers et graphistes. Une volonté commune les anime, celle de promouvoir l’art urbain sous toutes ses formes. Aujourd’hui le graffiti devient de plus en plus populaire, preuve qu’il peut être artistique et pas seulement sauvage. A la création du collectif, les artistes obtiennent rapidement un premier contrat avec la mairie, suite à un appel d’offres. Les Agenais se souviennent peut-être de ces cubes ornés de graffitis exposés sur le boulevard de la République en 2017 ? Il s’agissait de l’œuvre de ces graffeurs qui ont proposé des performances en live, en plus de la tenue d’ateliers ludiques dans les écoles auprès des enfants. Par la suite, ils décrochent d’autres contrats institutionnels.


Des fresques pour la Ville d’Agen en

collaboration avec Enedis

Vous êtes très certainement déjà passés devant ces transfos devenus de véritables oeuvres d’art à Agen. La Streetarterie est aussi passée par là et a laissé sa trace… Il s’agit d’un projet financé par la mairie, en partenariat avec Enedis, qui a pour objectif de customiser des transformateurs un peu partout dans la ville. Une dizaine d’entre eux ont déjà fait peau neuve grâce aux œuvres du collectif. Une manière de proposer de l’art en pleine rue. « Par cette initiative, la Ville souhaite aussi lutter contre le tag sauvage » explique Ernest. Chacune de ces fresques nécessite environ deux jours de travail. Et les techniques utilisées sont diverses, avec de la bombe, du rouleau et même du pinceau. S’ils devaient retenir un projet marquant, ce serait le festival « instants perchés » qui s’est déroulé il y a trois ans avec le Florida, les Montreurs d’Images, Monte le son et la compagnie L’escalier qui monte. Entre théâtre de rue, concerts sur le toit du parking du marché et performances live des artistes sur des épaves de voiture, « cet événement nous a permis de faire une vraie proposition personnelle au public », raconte Cubi. La Streetarterie espère pouvoir proposer à nouveau une manifestation de ce genre. En tout cas, « sur le département, il y a de quoi faire » lancent Ernest et Cubi d’une même voix.


La « graffiti jam » initiée par l’artiste Focks et qui se tient à Tonneins depuis quelques années, permet à une soixantaine d’artistes, certains venus de l’étranger, de se retrouver et de repeindre des centaines de mètres carrés dans des lieux insolites de la commune. L’édition 2020 a du être annulée en raison de la situation sanitaire, mais le collectif espère développer davantage le concept dans les années à venir.

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