Adrien Chaud se bat pour que le vélo ait le droit de cité

Etudiant pour devenir prof de maths, le jeune Lédatais de 18 ans a rédigé un plan vélo très étayé à destination du futur maire villeneuvois pour améliorer et favoriser la circulation des cycles.

De notre Journaliste : Dimitri Laleuf

Adrien Chaud, toujours en vélo, a interpellé les différents candidats aux élections municipales afin de leur faire connaître ses propositions en matière d’aménagements cyclables.


Avec son « plan vélo » sous le bras et ses présentations maîtrisées, on serait tenté de prendre Adrien Chaud pour un chargé de mission ou un étudiant avancé rendant son mémoire. Le document de douze pages est détaillé en cinq parties, avec état des lieux et propositions, cartographies, photos, éléments chiffrés et budgétés... Le jeune homme n’a cependant pas encore 19 ans. Il est en deuxième année de licence mathématiques à Bordeaux. Personne ne lui a commandé ce rapport et encore moins rémunéré pour cela. « C’est une démarche 100% bénévole », confirme-t-il. Mais quand on pédale autant que lui, été comme hiver, ce type d’effort n’est pas un problème.

Piqué par le virus de la petite reine alors qu’il était au lycée, Adrien ne se déplace plus qu’en vélo. « Au départ, c’était pour des raisons purement pratiques, raconte-t-il. Pour éviter d’avoir à attendre le seul bus de l’après-midi lorsque je finissais les cours plus tôt, je venais au lycée Georges-Leygues en vélo depuis le Lédat. Je faisais ça chaque semaine. J’ai eu peur plein de fois, les voitures et camions me frôlaient pour me doubler, écrasaient parfois mes lacets. C’était vraiment dangereux. Malgré ça, j’ai continué à Bordeaux. Et depuis un an et demi que j’y habite, je suis frappé par la différence d’aménagements cyclables entre ici et là-bas. »


12 C’est le nombre de pages du Plan Vélo d’Adrien Chaud, comprenant son état des lieux et ses propositions pour la ville. Vous pouvez retrouver le document complet sur le site villeneuve-a-velo.fr

S’il est bien entendu difficile de comparer une grande métropole urbaine avec une ville moyenne, Adrien estime que Villeneuve n’a jamais montré une volonté farouche de défendre les vélos. « Ce qui a été entrepris a surtout une vocation touristique. C’est le cas des voies vertes vers Sainte-Livrade et Casseneuil et même de la piste cyclable sur l’avenue de Fumel, car c’est le tracé de la véloroute. »

Pour se faire une idée précise et objective, l’étudiant a donc passé ses dernières vacances d’automne à arpenter le territoire pour recenser l’existant et... l’inexistant. Non content de dresser ce constat peu reluisant pour la ville (et ses voisines), Adrien formule aussi des propositions. Il est question d’aménagements structurants, de signalétique et de stationnement. Il définit même les actions et zones à prioriser.


Les aménagements démocratisent l’usage


Ce plan, il l’a présenté au maire et président sortant de la CAGV, Patrick Cassany. « On a par exemple parlé de l’avenue d’Agen qui va vers le lycée, révèle l’intéressé. Et il m’a été retourné que créer une piste cyclable coûterait 1,4 M€. C’est très symptomatique. Bien sûr, le jour où l’on est amené à refaire une rue, il faut envisager ce type d’équipement, comme le prévoit d’ailleurs la loi sur l’air de 1998. Mais même sans ça, on peut agir rapidement et à moindre coût, avec par exemple une bande cyclable séparée des voitures par de la peinture. Avec une chaussée aussi large, c’est facilement réalisable. »

Le rapport comprend à ce titre une ambition court-termiste, tenant compte de la réalité budgétaire, et des projets plus conséquents pour plus tard. « Je sais qu’il n’est pas possible de tout faire en un claquement de doigts. Mais tout un tas de petites choses peuvent changer l’image du vélo sur ce territoire », affirme Adrien.

Selon lui, les aménagements démocratiseront l’usage. Et le Villeneuvois a un beau potentiel avec un relief plat et 65 % des habitants qui travaillent dans leur commune de résidence. Avec ses atouts écologiques, économiques, sanitaires et de plus en plus d’assistance électrique, le vélo a beaucoup d’atouts à faire valoir. « L’enjeu, c’est que les cyclistes puissent se sentir en sécurité et connaissent les itinéraires qui leur sont dédiés. Ces aménagements permettront aussi aux automobilistes de prendre conscience qu’il y a des cyclistes et donc de faire attention à eux », avance le Lédatais.

Afin de faire entendre cette voix, Adrien a profité du contexte électoral pour faire le tour des différents candidats pour leur présenter son plan. « C’est un peu la seule période où l’on peut interpeller et se faire entendre des futurs décideurs. Je mets mon travail à disposition de tout le monde. Maintenant, à eux de s’en emparer. »

Si après 20 ans de lutte pro-vélo, le docteur Francis Cazeils avait fini par se décourager en arrêtant son association Roue Libre en 2014, il semble qu’un successeur cycliste soit prêt à reprendre le flambeau.


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