A Villeneuve, on veut réhabiliter les logements du cœur de bastide

De nombreuses années après le lancement de ce dossier, la municipalité a enfin pu lancer les travaux sur la venelle de Paris redonnant ainsi accès à des logements stratégiques dans le quartier.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le maire Guillaume Lepers est venu donner les premiers coups de pioche pour rouvrir la venelle de Paris.


Longtemps dissimulée bien à l’abri des regards, la venelle de Paris s’ouvre enfin aux badauds grâce aux équipes de travaux qui s'affairent sur place depuis la deuxième quinzaine d'avril. Une opération anodine aux yeux de certains mais un chantier administratif colossal pour tous ceux qui ont suivi les conseils municipaux de Villeneuve-sur-Lot au cours de ces dernières années. Cette toute petite artère est en effet une clé essentielle pour rendre au cœur de la bastide une partie de son attractivité immobilière.

« Jusque-là, pour accéder aux appartements situés au-dessus des commerces dans les deux principales rues piétonnes (ndlr, Paris et Sainte-Catherine), il fallait impérativement passer par les boutiques. Inconcevable au quotidien dans la plupart des cas », explique le maire Guillaume Lepers. Ce qui avait (et a encore) pour conséquence un taux de vacance très important. Avec un effet pervers et non des moindres : les propriétaires des immeubles ont répercuté le manque à gagner des logements vides sur les baux commerciaux, affichant ainsi des tarifs très au-dessus du marché...


Un patrimoine méconnu

La municipalité a donc décidé de reprendre la main sur le dossier. Et ce printemps 2021 voit enfin la concrétisation d'années d’acharnement des élus (de la nouvelle majorité mais aussi de la précédente) pour en faire la pleine et entière acquisition. Pour cela, il a fallu exproprier pas moins de 43 propriétaires, éparpillés aux six coins de l’Hexagone, avec parfois des dossiers d’indivision compliqués à mener. Maintenant que cette laborieuse étape appartient au passé, place à la finalité : « redonner un accès décent aux étages des immeubles des rues de Paris et Sainte-Catherine ».

Les travaux comportent plusieurs volets : réfection des sols, dissimulation des blocs de climatisation des commerces, éclairage, mise en valeur d'un patrimoine méconnu (des vespasiennes du XVIème siècle, des façades remarquables)… Une grille automatique calée sur le cycle des candélabres du centre-ville permettra à tout un chacun de l’arpenter de jour avant de la rendre à ses seuls occupants le soir venu. La récupération des eaux pluviales venant des toitures permettra d’arroser les futurs végétaux du parvis Sainte-Catherine.

Au total, cette opération aura coûté à la Ville pas moins de 600 000 € dont 140 000 € d’acquisitions foncières. Les travaux, eux, sont subventionnés à hauteur de 70%.


Une soixantaine de logements libérés

Le potentiel de logements libérés par ce projet est estimé à une soixantaine. Pour les voir tous occupés, il faudra patienter un peu. Mais cette ambition n'est pas si utopique, surtout avec les nombreuses aides à la rénovation en cœur de ville qui existent. « Pour redynamiser notre magnifique centre-ville, il faut y remettre des habitants et donc avoir des logements beaux et pratiques à proposer. Cela permettra de booster encore un peu plus le commerce de proximité », soutient Guillaume Lepers, qui était ravi de donner les premiers coups de pioche pour rouvrir la venelle.

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