A Thézac, la redynamisation par le pain

Le petit village du bassin fumélois redouble d’idées pour rendre son bourg attractif. Le bâtiment actuellement en cours de construction à côté de la mairie accueillera bientôt un paysan-boulanger.

De notre journaliste : Dimitri Laleuf

Le maire de la commune Jean-Luc Mucha attend beaucoup de cette nouvelle activité sur sa commune en pleine revitalisation.


En matière religieuse, la fraction du pain par Jésus est symbole de partage et de communion. A Thézac aussi, on prête ces vertus à la production boulangère. Dans ce village de 200 âmes à peine, niché en pleine campagne, une opération de revitalisation est à l’œuvre. Juste à côté de la modeste mairie, un chantier s’active pour livrer d’ici l’été un véritable fournil, avec un petit espace de vente. Le tout premier commerce de la commune n’a pas été choisi au hasard…

« Il y a environ quatre ans, nous avons entrepris avec une association de restaurer de vieux fours à pain privés, que même les plus anciens habitants n’ont pas connu en activité, raconte le maire Jean-Luc Mucha. Depuis qu’ils sont remis en état, quelques fournées sont lancées ponctuellement. Et nous constatons à chaque fois un très bel engouement. Comme nous réfléchissions dans le même temps à des solutions pour redynamiser le village, cette idée s’est imposée comme une évidence. » En plus de susciter l’adhésion auprès des principaux concernés, le projet a également été très bien accueilli par les instances publiques. Le Département, la Région, l’Etat, et l’Europe (via le programme Leader) apportent 75% de subventions, sur un budget total de 238 000 euros.


Au four, au moulin et dans les champs

Un beau bâtiment, c’est bien. Une personne pour lui donner vie, c’est mieux. Et là encore, les planètes étaient alignées pour la municipalité thézacaise. « Lors d’une réunion, un homologue maire me parle d’une candidature qu’il a reçue d’une jeune femme de Montaigu-de-Quercy très motivée », glisse Jean-Luc Mucha. La Tarn-et-Garonnaise de 28 ans a lâché ses études à HEC pour s’orienter vers un BTS agricole avant de devenir boulangère. Mais elle ne se contentera pas de pétrir et cuire. Elle sera aussi dans les champs à semer, cultiver et moudre sa propre farine. C’est pourquoi on parle ici de paysanne-boulangère. « Il est bien sûr question d’authenticité mais aussi de coût. Le seul moyen d’être rentable dans un petit village comme le nôtre, c’est de tout fabriquer soi-même », précise le premier édile. Une quarantaine d’hectares en cours de conversion bio lui seront ainsi mis à disposition, tout comme le nouveau local.


Un exemple

à suivre

La commune n’interviendra toutefois pas dans la gestion de l’affaire. Le fonds de commerce sera entièrement privé. Pour que cela fonctionne dans le temps, il faudra que la population joue le jeu et change ses habitudes. « Je ne suis pas inquiet, confie Jean-Luc Mucha. Si le pain est vraiment bon, ce dont je ne doute pas, les gens viendront même de loin pour venir l’acheter à Thézac ! Plus sérieusement, tout ce qui s’est passé ces derniers temps nous conforte dans cette voie. Pendant le premier confinement, la mairie faisait dépôt de pain ainsi que de fruits et légumes. Cela a tellement bien marché que les habitants nous ont demandé pourquoi on avait arrêté. Il y a une vraie demande. » Les élus ont donc créé un marché de producteurs hebdomadaire au printemps, toujours en place, et relancé un bistrot associatif pendant l’été. Avec l’arrivée de la boulangerie, qui n’exclut pas de vendre également quelques produits locaux à l’avenir, le bourg retrouve des couleurs. Le Thézac du XXIème siècle, porté par des élus et des associations dynamiques, s’avère être bien plus qu’un village-dortoir où il fait bon vivre. « On ne cesse de gagner des habitants. Même si cela ne représente pas grand monde au total, c’est significatif. Je pense que nos initiatives peuvent être intéressantes pour de petites communes rurales », estime Jean-Luc Mucha. A bon entendeur…

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